CHAPITRE IX
rentes reprises, bon nombre de mélanges possédant cet avantage.
Nous mentionnerons tout d’abord le procédé mis en usage par Bowman, célèbre histologiste anglais; ce moyen peut, à la vérité, être employé immédiatement, mais sert moins à procurer une bonne injection qu’à rendre visibles, dans les recherches microscopiques, les trajets sanguins d’un organe. Cette méthode consiste à faire passer, l’une après l’autre, à travers le cercle des vaisseaux sanguins, deux solutions de sel, qui déterminent un précipité vivement coloré. Bowman faisait usage, à cet effet, d’acétate de plomb et de ehromate de potasse. Nous expérimentâmes autrefois ce procédé, et .nous pûmes apercevoir d’une manière satisfaisante la direction des vaisseaux. Mais jamais on ne réussit à obtenir de cette façon une préparation entièrement réussie.
Hyrtl, comme il nous l’enseigne dans son livre sur l’art de faire des préparations anatomiques, se sert également, pour les injections liquides froides, de matières résineuses dont il a déjà été question; il y ajoute un peu de cire et d’oxyde rouge de plomb, afin de leur donner ainsi la consistance d’une pâte ordinaire et grossière à injections. Il en broie un morceau dans un mortier, en y ajoutant de l’éther jusqu’à consistance siropeuse. Il y mêle environ */, de matière colorante, et broie de nouveau le tout, en l’humectant d’éther jusqu’à ce que le mélange devienne complètement fluide. Hyrtl loue la facilité et la commodité de cette méthode. Par le fait de la prompte volatilisation de l’éther, l’organe injecté devient déjà propre à l’étude, au bout d’un quart d’heure.
D’après les recommandations de Beale ( The Microscope in its application topractical medicine. London, 1858, p. 67), nous avons fait, dans ces dernières années, un très-grand usage d’un mélange de glycérine, d’eau et d’alcool. Ce
mélange, par la facilité avec laquelle il pénètre dans les vaisseaux, surpasse tout ce que je connais en ce genre; on peut dire de même, à son avantage, qu’il endommage beaucoup moins les tissus que toute autre préparation habituelle. Ce mélange se conserve fort longtemps, attendu qu’il n’est susceptible d’aucune décomposition ni d’aucun changement. Il peut être considéré, avec raison, comme la matière à injections des histologistes, sans compter que les objets ainsi préparés et encore tout humides donnent des images de la plus grande beauté. Des objets secs, renfermés dans du baume de Canada, procurent aussi des résultats passables. Toutefois, les compositions à base de colle sont préférables dans ce dernier cas. Après avoir fait connaître, dans les indications précédentes, les éléments qui constituaient autrefois les matières à injections, nous passerons aux substances colorantes qui en sont parties intégrantes. Celles qui sont propres aux recherches histologiques ordinaires peuvent se diviser en trois classes : les substances granuleuses, les substances qui ne supportent l’examen qu’en employant la lumière directe, les substances transparentes. La série des premières est très-grande; elles servaient seules autrefois à préparer les injections. Le nombre des substances colorantes et transparentes en même temps, ou de la dernière classe, est, au contraire, fort restreint, et, de nos jours, on n’en connaît que quelques-unes seulement jouissant de cette propriété.
Si on fait usage de matières résineuses, on peut se servir très-facilement de couleurs très-fines du commerce, préparées pour la peinture à l’huile, et renfermées dans des tubes de plomb à parois extrêmement minces ; ce sont celles que Hyrtl emploie. Parmi ces couleurs renfermées dans des tubes, le savant histologiste viennois recommande le vermillon de Chine pour le rouge ; le chrorn yel-