‹ Le Microscope manuel a l'usage des etudiants par le docteur Heinrich FreyChapitre 120 sur 156 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

consistent dans l’injection spontanée de l’animal vivant et dans celle des vaisseaux par pression continue.

C’est une pensée toute rationnelle de soustraire à un animal vivant une certaine quantité de sang en lui ouvrant une veine et de remplacer cette quantité par un égal volume d’un liquide inoffensif et fortement coloré , atin que le cœur, en se contractant, remplisse certains réseaux de vaisseaux avec beaucoup plus de ménagement que ne saurait le faire la main de l’homme.

Chrzonczczewsky nous a fait connaître récemment ce genre d’opération et la manière d’introduire des solutions aqueuses d’acétate d’ammoniaque carminé.

On peut retirer à un lapin, de taille moyenne, 10 centimètres cubes de sang en ouvrant la jugulaire, et leur substituer, en injectant avec précaution et à l’aide de la seringue dont il va être question tout à l’heure, une quantité égale de solution de carmin tout à fait inoffensive dans son mélange avec le sang. Un lapin qui a atteint l’âge adulte peut supporter une perte de sang de 15 centimètres cubes; un chien de taille moyenne en perdra facilement 25 centimètres. Pendant l’introduction du liquide, on reconnaît déjà la coloration en rouge dans certains endroits de la surface extérieure. Si on pratique alors promptement une ligature aux gros vaisseaux, d’abord aux veines, ensuite aux artères, il se produit une injection physiologique du cours du sang; les reins, la rate, etc., peuvent être traités avec avantage par celte méthode. .Toutefois ce n’est pas seulement dans le système des vaisseaux, mais également dans les diverses parties de l’estomac, du canal intestinal et de la cavité abdominale, que la solution de carmin montre ses effets.

L’inventeur de ce procédé recommande de dissoudre (J grammes de carmin dans 3 grammes d’acétate d’ammoniaque liquide et d’étendre cette solution avec 30 grammes

d’eau. Il est tout naturel de penser qu’il importe de filtrer cette solution avant de l’employer. Pour fixer les molécules du carmin, on place l’organe ainsi injecté dans de l’alcool absolu acidulé.

Ce genre d’injections acquiert aussi, sous un autre rapport, une grande importance. Non-seulement la solution de carmin dont il vient d’être question, mais encore une solution froide de sulfate de soude, colorée par l’indigo, passe rapidement dans les reins, tandis que la couleur bleue employée à des doses élevées pénètre dans les vaisseaux biliaires. Si, après avoir injecté le lapin, comme il vient d’être dit, on place des ligatures autour des artères, et qu’on tue l’animal, au bout de trois quarts d’heure à une heure, tout le système des tubes urinipares sera rempli de carmin. Quand on injecte les conduits biliaires avec la préparation liquide bleue, on ne fait point de ligature. Mais, dans les deux cas, l’opération étant terminée, Usera nécessaire d’injecter de l’eau dans les vaisseaux sanguins pour les laver, pour entraîner toute matière colorante primitive qui y serait restée, et la remplacer par un nouveau mélange. Les organes injectés avec une couleur bleue seront ensuite déposés dans une solution concentrée de chlorure de potassium, puis dans de l’alcool absolu, où la matière colorante se fixe à l’état de molécules très-fines.

L’injection faite par le moyen d’une pression continue offre, dans certaines circonstances, de grands avantages. D’abord elle nous apprend à connaître le degré de pression nécessaire pour remplir les réseaux particuliers des vaisseaux sanguins et des vaisseaux lymphatiques, ainsi que les petits canaux des glandes ; ensuite il est possible d’employer, à côté d’une pression très-forte, une pression très-faible. Enfin cette pression continue permet de procéder à une injection avec une extrême lenteur, ce que la main de l’homme ne saurait exécuter à cause dè la fa-

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