CHAPITRE IX
qu’une injection double, d’abord à cause de l’ensemble de l’opération, ensuite, parce que, en partant d’un réseau, si l’on commence par une veine, on est obligé de ne pas trop injecter, afin de conserver à la seconde injection la possibilité de se réunir à la première dans les réseaux capillaires. Pour injecter des artères et des veines, il est avantageux de se servir, autant que possible, de substances qui, en se rencontrant, donnent lieu à un mélange agréable de teintes, par exemple, de bleu de Prusse et de carmin, de bleu de Prusse et de couleur blanche, tandis que le jaune et le vert flattent moins l’œil. En général, on doit employer de préférence les mélanges qui se liquéfient par la chaleur et se coagulent par le froid. On laisse aussi, lorsqu’il s’agit d’injections à la colle, un intervalle entre la première et la seconde opération, afin que la matière injectée la première puisse acquérir un peu de consistance. Dans le plus grand nombre de cas, on doit d’abord injecter la veine et la fermer ensuite par une ligature. Après cela, on injectera l’artère avec ses systèmes de ramifications, ce qui offre plus de résistance.
Si on se propose d’injecter, en outre, des vaisseaux sanguins, les réseaux des vaisseaux lymphatiques, ou canaux d’un organe glandulaire, on commence par le système sanguin et on passe ensuite au système lymphatique ; mais on peut également débuter par le système lymphatique et terminer par le système sanguin. En cherchant à injecter des réseaux lymphatiques à l’aide de la ponction, on doit éviter, le plus possible, de léser les vaisseaux sanguins qui sont remplis du liquide à injection.
Pour pratiquer des injections dans des trajets glandulaires ou dans des réseaux lymphatiques, on préfère, comme nous avons déjà eu l’occasion de le faire observer, les mélanges transparents et froids. Ils pénètrent, avec une trèsgrande facilité, dans tous les trajets et ménagent les tissus.
Quoique les règles que nous venons de tracer soient loin de suffire et que chaque organe exige parfois des modifications particulières qu’on n’apprend que par l’expérience, nous avons cependant lieu de croire qu’elles seront très-utiles au commençant.
Quand l’injection d’une partie a bien réussi, on se demande ensuite : Que reste- t-il à faire maintenant, pour qu’elle soit propre aux recherches ?
Les injections chaudes ne se coagulent qu’au bout d’un certain temps. Il faut au moins une heure pour figer les injections à la colle ; celles qui sont résineuses sont plus longues à se refroidir. Les mélanges froids de Beale fournissent des objets très-favorables à l’examen; l’injection éthérée de Hyrtl permet d’utiliser un organe au bout d’un quart d’heure.
Après avoir introduit le mélange dans une partie isolée, on placera l’organe injecté dans de l’esprit-de-vin ordinaire; mais il faut préalablement laver la surface extérieure avec de l’eau. S’il s’agit d’injections de groupes d’organes et de parties entières provenant du corps de petits animaux, on les plongera également pendant plusieurs heures dans de l’alcool, puis on pourra les diviser. Lorsqu’on injecte les vaisseaux d’un canal intestinal avec un mélange qui se fige, par exemple, avec une solution de colle, on laisse l’intestin intact aussi longtemps que la matière injectée resfe liquide (ce qu’on reconnaît facilement en y posant le doigt); la coagulation une fois obtenue, on ouvre l’intestin et on le nettoie. Lorsque nous injections les trajets lymphatiques d’une portion du canal intestinal, nous y faisions passer, sans l’inciser, un cours d’eau pour le nettoyer; puis nous placions cette préparation, pendant un ou plusieurs jours, dans de l’esprit-de-vin. De gros organes déposés dans l’alcool, tels que le rein ou la rate d’un de nos ruminants, doivent être divisés au plus tard