CHAPITRE X
on peul se dispenser de faire chauffer la lame de verre , ce qui est toujours une économie de temps. En vue d’obtenir une dessiccation plus prompte, on devrait toujours placer les préparations, pendant quelque temps, sur des objets faiblement chauffés, comme, par exemple, sur un poêle de faïence.
Tandis que, le plus habituellement, il importe d’éviter les bulles d’air qui se produisent dans les préparations avec le baume , il est , au contraire , des obj ets où la présence de l’air dans les canaux les plus déliés devient d’une haute importance pour reconnaître certaines dispositions particulières de structure ; alors on cherche à conserver ces mêmes bulles d’air. Si nous plaçons, par exemple, la section mince d’un os soit directement, soit au sortir de l’es- -sence de térébenthine, dans du baume fluide de Canada, on verra le liquide conservateur remplir peu à peu les canalicules calcaires et les corpuscules osseux, puis expulser en même temps l’air qu’il rencontre sur son passage. Mais les ramifications des corpuscules osseux et les canalicules calcaires ne se montrent distinctement que quand l’air les pénètre partout; ce n’est qu’à cette condition que l’os entier développe la beauté particulière de son tissu.
Dans ce cas, l’objet doit être déposé dans du baume aussi épais que possible et porté à une température élevée. On atteindra ce but en mettant le baume dans un vase non fermé, mais couvert d’une cloche et placé ensuite sur un objet chauffé, afin de le rendre plus compacte et solide. Il est à peine nécessaire de faire observer que, en procédant ainsi à l’opération d’une manière directe, il convient de chauffer fortement le baume, le porte-objet et la lamelle; on se passera de l’immersion préalable dans l’essence de térébenthine.
Les recherches histologiques exigent souvent la prépa-
ration dans le baume d’objets minces et délicats qu’on voit avec regret se plisser et enfin se briser. Il est utile, en pareille circonstance, de recourir à une solution de baume de Canada dans l’éther ou le chloroforme qu’on a eu soin de faire passer à travers un papier à filtrer; il sera facile de rendre cette solution plus ou moins fluide, suivant les besoins. A l’aide d’un pinceau, ou d’une tige en verre, on dépose, goutte à goutte, un peu de cette solution froide sur la lame de verre; on y place l’objet en imbibant les surfaces libres et on le couvre. Il s’introduit ordinairement, par suite de l'évaporation de l’éther ou du chloroforme, un peu d’air entre la lame et la lamelle. En inclinant le porte-objet, on ajoute encore quelques gouttes de solution jusqu’à ce que tout l’objet soit enfin bien enveloppé. Ce procédé, qui peut également être mis en usage pour des substances plus compactes, est aussi commode que propre.
Mais comment fera-t-on pour conserver dans le baume de Canada des parties molles, gorgées de liquides et telles que les masses principales de notre corps les offrent à la vue? Et comment, en outre, traitera- t-on les préparations injectées?
Il est évident qu’on ne réussira que par des voies indirectes. On cherchera d’abord à débarrasser ces préparations de l’eau qu’elles contiennent, en y faisant pénétrer un fluide capable de former un mélange avec elle ; puis ce premier fluide sera remplacé par un autre, et ainsi de suite jusqu’au moment où le baume de Canada pourra pénétrer seul en dernier et y rester.
Supposons que nous ayons une coupe fort mince de la moelle épinière, du rein ou de la rate, préalablement injectée avec du carmin ou toute autre matière; une coupe d’intestin dont les vaisseaux sanguins ou les vaisseaux lymphatiques ont été également injectés; une coupe de