‹ Le Microscope manuel a l'usage des etudiants par le docteur Heinrich FreyChapitre 143 sur 156 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

promptement à bien connaître la quantité nécessaire et à tracer une belle bordure.

Si, en vieillissant, le bitume devenait trop épais, on le délayerait dans de l’essence de térébenthine. Mais, abstraction faite du peu de propreté de la manipulation , cette solution a un inconvénient marqué , c’est sa tendance à se gercer, à éclater par la suite et à occasionner, en se resserrant, au bout de quelques semaines ou de plusieurs mois, la sortie d’une partie du liquide conservateur. Aussi conseille-t-on de donner, à peu près tous les six mois, une nouvelle couche de vernis. Il est vrai qu’on l’améliore en ajoutant un peu de solution de caoutchouc à la térébenthine.

Cet inconvénient, qui se reproduit fréquemment, nous a fait renoncer presque entièrement au bitume de Judée; et s’il nous arrive encore de l’employer, c’est uniquement dans le cas où l’on place des bandelettes de papier entre la lamelle et le porte-objet. Nous préférons alors le vernis un peu épais, pour enfermer et recouvrir l’objet; puis, au bout de quelques jours, nous appliquons un autre ciment autour des parties extérieures.

Quand les objets conservés dans la glycérine sont très- • minces, nous recommanderons, si on veut recourir au procédé de tracer la cellule directement sur le porte-objet, une mixtion excellente, très-propre, inventée en Angleterre et connue sous le nom de Gold-size. Elle est le produit de mélanges assez compliqués. Beale nous indique la manière de la préparer : on fait bouillir, pendant trois heures, 25 parties d’huile de lin, 1 partie de minium et autant de terre d’ombre. On décante la portion du liquide qui est claire, puis on y ajoute lentement et peu à peu, partie égale de céruse et d’ocre jaune parfaitement broyés, en remuant le mélange sans interruption. On fait bouillir de » nouveau , on décante et on enferme la mixtion dans une

bouteille. On s’en sert avec un pinceau, et, au bout de quelques heures, on peut donuer une nouvelle couche. Les préparations où entre cette mixtion, seront laissées au repos pendant quelque temps avant d’être définitivement cimentées. Cette dernière opération réussira du premier coup d’une manière certaine et très- satisfaisante à l’aide du ciment blanc de Ziegler. Ce ciment , perfectionné par M. Meyer, propriétaire de la pharmacie du Cerf, à Francfort, a l’aspect d’une matière un peu épaisse; mais il est facile de le rendre fluide à volonté, en y ajoutant de l’essence de térébenthine, à une chaleur modérée. Une couche très-mince, déposée au pinceau, suffît aux préparations conservées dans la glycérine. On applique ordinairement une couche plus épaisse, en forme de bordure, autour de la lamelle, bordure qui sert à protéger cette dernière sans nuire au bon aspect de l’objet.

Le ciment blanc sèche, en général, très-lentement, aussi est-il susceptible de s’affaisser sous une pression, même après des mois entiers. Ou se gardera donc bien de superposer les préparations où on l’emploie, et l’on évitera tout ce qui pourrait déterminer des adhérences. Mais cette mixtion, une fois solidifiée, n’est jamais sujette aux gerçures, aux éclats, ni à la formation de fentes ou de trous. Au bout de quelques jours, on peut déjà enlever, avec la lame d’un couteau, les bavures qui se trouvent en dehors des parties cimentées. Quant au ciment qui se serait trop étendu sur la face extérieure de la lamelle, on attendra plusieurs mois avant d’y toucher. On se sert de l’essence de térébenthine pour nettoyer les pinceaux et les lames de verre.

Schacht a recommandé le vernis noir ( Maskenlack des Allemands) qui a la propriété de sécher vite, pour cimenter les préparations baignant dans les liquides : il signale ce même vernis comme également propre à entourer les

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