CHAPITRE X
objets conservés dans le baume de Canada ou dans la gomme-copal (Fabrique de laques de Beseler, à Berlin, Schützenstrasse, 66). Le vernis dont Schaeht s’est servi porte le chiffre 3.
Nous parlerons encore d’une dernière manière d’entourer les objets placés dans le baume, manière dont nous avons déjà fait mention. Nous la devons à une communication tout amicale de Thierseh.
Quand des objets ont été enfermés dans du baume de Canada pur ou chloroformé, pendant des jours, des semaines et même des mois, on les entoure (comme nous l’avons indiqué ci-dessus pour le bitume de Judée, fig. 61) d’une bordure de solution de baume dans le chloroforme. Plus tard, mais jamais avant deux ou trois jours, on applique une dernière couche. Cette couche consiste en un vernis coloré et épais de gomme-laque. On trouve ce vernis, préparé à l’esprit-de-vin, dans toutes les grandes maisons de drogueries. On le laisse soigneusement s’évaporer jusqu’à consistance d’un mucilage peu épais; puis on le colore dans l’alcool absolu avec une solution concentrée et filtrée de bleu d’aniline ou de gommegutte. On ajoute, enfin, environ 125 centigrammes d’huile de ricin par 30 grammes du mélange ci-dessus décrit; on laisse encore un peu s’évaporer, et on conserve le tout dans un vase parfaitement bien fermé. Si la concentration devient, par la suite, un peu trop forte, quelques gouttes d’alcool absolu suffiront pour y remédier.
On couche de ce vernis, avec un pinceau, sur les bordures de baume de Canada. Il durcit au bout de quelques heures, et clôt d’une façon aussi belle qu’hermétique les objets conservés au moyen de substances résineuses. Les préparations dans les liquides, entourées de gold-size anglais , peuvent très-bien subir cette dernière opération en employant le vernis de gomme-laque coloré en bleu.
La forme et la grandeur des porte-objets contribuent beaucoup à la beauté d’une collection de préparations. Une dimension bien entendue rend, tout d’abord, la conservation d’un objet commode et en facilite le transport en cas de besoin.
La lame de verre ne doit pas être trop petite, afin de ' laisser assez de place pour y coller, aux deux extrémités , une étiquette : la première porte l’indication de l’objet, et l’autre reçoit des observations particulières, telles que le numéro de la collection , etc. Il serait même bon de pouvoir y placer un indicateur*, si les circonstances l’exigeaient.
Une lame de verre d’une bonne dimension recevra, suivant les circonstances, des objets d’un assez gros volume, tels que des portions d’os d’une certaine dimension, des préparations injectées plus considérables, sans qu’il soit nécessaire de recourir à des lames d’une autre forme dans des cas particuliers. Nous avons adopté définitivement les dimensions des porte-objets anglais, qui ont 72 millimètres de longueur sur 24 de largeur (flg. 62).
l. On a propose différentes sortes d'indicateurs pour arriver à trouver promptement certaines parties extrêmement petites d’une préparation. On fait lithographier des divisions très-fines sur d’étroites bandelettes do papier. On en colle une dans le sens de la largeur, puis une autre dans celui de la hauteur de la lamelle (par exemple à droite et en dessous, fig. 62). Une petite plaque métallique à angles droits, ou, mieux encore, une petite équerre formée de deux bandelettes en cuivre, qui se réunissent sous un angle de 90 », sert à désigner le point qu’on se propose de trouver. On note préalablement toutes les parties importantes sur l’objet, et en y appliquant la plaque métallique ou l’équerre, on arrive facilement à les rencontrer. Le meilleur moyen, et en môme temps le plus simple pour obtenir ce résultat, est celui proposé par Hoffmann. On trace une croix de chaque côté de l’ouverture de la platine du microscope ; l’une est verticale (-t-), l’autre inclinée (x). Quand on aperçoit au centre du champ visuel une partie de l’objet digne de remarque, on trace à l’encre, sur la lame de verre, deux croix semblables A celles de la platine. Dans la suite, on i\’a plus qu’à mettre ces croix l’une sur l’autre pour retrouver aussitôt le point cherché.