CHAPITRE PREMIER
Il n’est pas nécessaire de chercher à démontrer plus longtemps que le manque d’objectifs ne saurait être compensé par la possession d’un grand nombre d’oculaires. De même il est évident qu’un grossissement obtenu par un objectif puissant avec un oculaire plus faible, a bien plus de mérite que celui qui résulte d’un oculaire puissant et d’un objectif plus faible. D’anciens microscopes allemands ont souvent des lentilles faibles, et sont, par contre, munis d’oculaires extrêmement forts, ce que l’on doit regarder comme une imperfection. A ce dernier point de vue , les instruments de Schiek se trouvaient, au commencement de 1840, bien inférieurs à ceux d’Oberhæuser.
Le tube du microscope, recouvert à l’intérieur d’une couche légère de couleur noire, comme le porte-oculaire, se compose d’une seule pièce (fig. 16, R) et ne peut, pour cette raison, être allongé; ou possède, comme les télescopes, deux pièces qui glissent l’une dans l’autre. Cette dernière disposition est évidemment meilleure, à cause des propriétés d’optique dont nous avons déjà eu l’occasion de parler.
Les objectifs (L) sont fixés à la partie inférieure du tube à l’aide d’un pas de vis simple.
L’objet à examiner (P E) se pose sur une platine (T) formée de la plaque métallique horizontale, percée à son centre , comme nous l’avons fait observer à l’occasion du microscope simple. La platine ne doit être ni trop petite, ni surtout trop étroite.
On doit pouvoir, selon les circonstances, rapprocher ou éloigner l’un de l’autre, l’objectif etl’objet à examiner. Tout microscope composé possède à cet effet des dispositions particulières pour le placement de l’objet. Nous indiquerons comme une construction primitive celle où l’on fait glisser, à l’aide de la main, le tube dans un pied en métal, ce qui n’est usité que par nécessité dans les grossissements
faibles. Afin d’obtenir des changements de position plus convenables , on a recours à différents moyens. On peut, à l’aide d’un simple système de rappel , s’il est bien fait, atteindre une position assez exacte. D’anciens instruments ne possèdent souvent que ce seul procédé.
En général, le tube du microscope peut ' s’élever ou s’abaisser le long de la tige à l’aide d’une vis. Avec un tube fixe, on se servait plus rarement d’une platine mobile, disposition moins recommandable.
Les montures modernes, exécutées avec plus de soin, sont munies d’un double système de mouvement; l’un sert à opérer les changements d’une exactitude moins ri-