‹ Le Microscope manuel a l'usage des etudiants par le docteur Heinrich FreyChapitre 24 sur 156 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

premier aspect cette méthode, elle présente néanmoins de grands inconvénients, de sorte qu’on ne s’en sert plus aujourd'hui. D’abord, la petitesse d’une foule d’objets exige l’emploi de micromètres à divisions très-fines, et, par conséquent, très-chers. Ensuite, le nettoiement les altère et les use vite. En outre, et c’est là un fait bien plus important, les objets que l’on veut mesurer, même quand on les a transportés adroitement sur le micromètre, se trouvent souvent dirigés obliquement et non perpendiculairement par rapport aux divisions. Enfin, on a souvent à calculer des fractions d’intervalle, telles que l’œil peut facilement commettre des erreurs.

En conséquence, on a abandonné, excepté dans quelques cas particuliers, le micromètre en verre servant de porte-objet.

Actuellement, c’est dans l’oculaire que l’on introduit ces micromètres tracés sur une lame de verre ronde. On

les nomme oculaires micrométriques. Ils sont placés sur le diaphragme, c’est-à-dire entre la lentille collective et l’oculaire (fig. 16, B).

L’action de ces oculaires micrométriques (fig. 27) est naturellement tout autre. Quand la lame de verre est

posée sur la platine, la division et l’objet sont grossis également par l’ensemble de l’appareil dioptrique ; tandis que le micromètre, dans ce dernier cas, c’est-à-dire, quand il est placé dans l’oculaire , n’est grossi que parla faible lentille de l’oculaire, et

Fig. î7. oculaire micromé- apparaît à l’œil en même temps que l’image de l'objet qu’on veut mesurer,

image grossie par l’objectif et ensuite un peu diminuée par

l’action de la lentille collective. Ici nous pouvons nous servir

de micromètres en verre à divisions plus espacées, et con

séquemment plus exacts et moins chers. Leur détérioration n’est pas à craindre par l’usage , et l’on parvient immédiatement à mesurer sur toutes les platines un corps quelconque dans toutes ses positions. Il suffit de remplacer l’oculaire ordinaire par celui qui renferme un micromètre et de l’introduire dans le tube en lui imprimant un mouvement de rotation. Il faut néanmoins signaler comme inconvénient inhérent à cette méthode la difficulté d’apercevoir les divisions du micromètre au-dessus de l’objet qu’on veut mesurer quand celui-ci est trop opaque. Tout microscope devrait être pourvu d’un pareil oculaire micrométrique qui ne coûte que 15 ou 20 fr. La distance à laquelle chaque observateur distingue nettement un objet, étant très-différente, il est nécessaire de pouvoir donnera l’oculaire micrométrique des positions variées à l’aide d’une combinaison de vis, afin que les divisions micrométriques et les détails de l’objet se présentent en même temps à toutes les espèces de vue d’une façon précise.

Mais il importe de ne pas oublier, dans l’emploi de l’oculaire micrométrique, que sa valeur toute relative dépend de la force des objectifs employés (ce qui la rend très-variable dans le système à immersion), et aussi de la longueur du tube qui modifie également la dimension de l’objet. Le tube doit être complètement tiré quand on mesure.

Nous possédons un moyen bien simple pour déterminer la valeur du micromètre de l’oculaire; nous nous servons, à cet effet , d’un micromètre en verre placé sur la platine. Supposons-le formé d’une ligne de Paris divisée en 100 parties; si, avec l’objectif A, l’oculaire micrométrique nous fait voir cinq de ses divisions couvrant exactement une division du micromètre inférieur, la valeur de l’une de ses divisions est donc pour l’objectif A de 7, 00 .

Afin d’atteindre une plus grande exactitude, il faudrait

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