CHAPITRE II
toujours se servir, pour mesurer, de parties différentes du micromètre placé sur la platine, et prendre, comme moyenne, de dix à quinze divisions. A cause de l’aberration de sphéricité qui pourrait se rencontrer, il convient de ne faire jamais usage que de la partie centrale du champ visuel. D’après cette méthode, on calcule, pour son microscope, la valeur de l’oculaire micrométrique appliqué aux objectifs, puis on en dresse un tableau.
A côté de cet oculaire micrométrique si simple, et qui répond* à presque toutes les exigences, on en a construit d’autres diversement modifiés sur lesquels je ne m’étendrai pas davantage. Ceux que cette question intéresserait pourront lire, dans l’ouvrage de Harting, le chapitre qui la concerne.
Dans toutes les recherches de dimensions des objets microscopiques , il s’agit naturellement de connaître l’unité de mesure qu’on emploie. Généralement, les micrographes se conforment aux mesures de leur pays; les Anglais ont le pouce qu’ils divisent en 10 et en 12 lignes; les Français, la ligne de Paris et le millimètre. En Allemagne, on se sert ordinairement de l’une ou de l’autre de ces deux unités; cependant la ligne viennoise et la ligne rhénane sont également employées. Mais c’est certainement la mesure de Paris qui est la plus avantageuse , et le millimètre mérite la préférence.
Un millimètre = 0,4433 de ligne de Paris.
0,4724 de ligne anglaise.
0,4587 de ligne rhénane.
0,4555 de ligne de Vienne.
La ligne de Paris = 2,2558 millimètres.
La ligne anglaise = 2,1166 —
La ligne rhénane = 2,1802 —
La ligne de Vienne = 2,1952 —
Afin de faciliter la comparaison des mesures, nous
ajouterons ici un petit tableau de réduction concernant la ligne de Paris et le millimètre.
Millimètre*. Ligne de Paris.
Ligue de Paris.
Millimètres.
Savoir dessiner les objets soumis à l’examen et savoir les mesurer, sont deux choses d’égale importance. Il paraîtra sans doute superflu d’insister sur la valeur du dessin. On y a recours dans toutes les branches des sciences naturelles; car un dessin très-réussi fait souvent comprendre un objet mieux et plus vite que la description la plus minutieuse.
Celui qui s’occupe spécialement d’histoire naturelle ou de médecine devrait, par cela même, n’être pas tout à fait étranger à l’art du dessin. La manière particulière de percevoir à l’aide du microscope rend encore cet art plus nécessaire. En effet, un artiste, habitué à manier le crayon ou le pinceau, peut facilement saisir et exprimer les objets qu’il observe à l’œil nu; mais quand il s’agit d’objets considérés à travers le microscope, il faut d’abord apprendre à les voir justes avant de penser à pouvoir les dessiner d’une manière vraiment utile. Le savant qui con-