‹ Le Microscope manuel a l'usage des etudiants par le docteur Heinrich FreyChapitre 26 sur 156 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

naît bien sa préparation peut, même sans être un grand maître dans l’art du dessin, en retracer une image convenable et suffisante; un artiste infiniment plus habile, mais qui essayera pour la première fois de reproduire l’image d’un objet microscopique , n’obtiendra pas le même résultat. On remarquera dans son travail des erreurs et des choses mal interprétées. Ce qui lui manque, c’est de bien comprendre, tandis que l’observateur se trouve souvent dans la fatale position d’avoir très-bien compris sa préparatipn, mais de n’avoir pu la rendre avec exactitude ou avec art, sa main n’étant pas habituée au dessin. Pour le micrographe, les moyens ordinaires de représentation, c’est-à-dire le crayon, l’estompe et les couleurs à l’eau, suffisent généralement. Bon nombre de dessins que l’on trace pendant le cours d’une observation, afin d’aider la mémoire, ne seront, en effet, que de simples esquisses; il en est de même de certains objets que l’on voit par hasard, et qui ne méritent d’être reproduits que dans un cahier de notes. On ne saurait donner le conseil de beaucoup dessiner, ne fût-ce que pour éviter de perdre trop de temps. Depuis qu’on a appris à conserver à l’état humide des préparations qui ont l’apparence de pièces fraîches, on en tirera plus d’avantages, pour des observations de longue durée, que d’un cahier contenant de simples croquis. Il importe de mettre le plus grand soin dans le choix des dessins destinés à être publiés. Il est superflu de dessiner chaque préparation et chaque aspect. Une image bien choisie est plus profitable que toute une série de figures moins caractéristiques.

Il est, sans doute, inutile d’entrer dans beaucoup de détails. On peut se servir d’un papier assez rude pour faire les esquisses grossières; mais quand il s’agit de reproduire minutieusement des structures délicates , on doit employer du papier anglais très-fin. On aura des crayons

de différentes espèces et provenant des meilleures fabriques. Il faut s’habituer à tracer les premiers contours avec toute la délicatesse possible; on passe ensuite aux tons plus foncés, et l’on n’accentue les ombres vigoureuses qu’à la fin. On apportera le plus grand soin à la taille du crayon (la lime est l’instrument qui donne la meilleure pointe), car comment parviendrait -on autrement à reproduire la finesse d’une foule d’objets microscopiques? Qu’un bon maître de dessin vous enseigne à manier l’estompe ; cette façon d’ombrer est la plus expéditive de toutes. On n’oubliera pas non plus de placer invariablement l’ombre à droite; c’est l’unique moyen de produire dans l’image l’aspect des élévations et des creux du modèle. On doit exprimer l’intensité de l’ombre avec soin et fidèlement, car cette intensité caractérise beaucoup d’objets microscopiques.

Avec les couleurs à l’eau, on se sert généralement des procédés de l’aquarelle, rarement de ceux de la gouache. On apprend rapidement leur emploi. Il ne faut pas chercher à obtenir des tons trop crus ; il est bon de s’habituer aussi à tracer des lignes très-fines avec la pointe du pinceau chargé de couleur; ces lignes, dans bien des cas, sont préférables à celles que donne le crayon.

On a inventé un grand nombre d’appareils destinés à faire des dessins microscopiques; et, en effet, il est trèsavantageux pour le micrographe de posséder un instrument de ce genre bien conditionné, surtout lorsqu’il s’agit d’obtenir une image un peu compliquée et la représentation fidèle, quant à la forme et à la dimension, de ses parties intégrantes:

Tous ces appareils ont pour but de reproduire, moyennant des dispositions particulières , l’image microscopique sur une feuille de papier placée à côté du microscope où une pointe de crayon en suit les contours.

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