CHAPITRE II
côté môme du dessin, de la manière suivante bien connue : ^ (grossissement de vingt fois), 525, 5jp, etc. C’est seulement dans des cas très-rares qu’on peut tout dessiner avec le môme grossissement, comme beaucoup de micrographes l’ont proposé. Quelles images on obtiendrait en suivant ce conseil! les unes seraient toutes petites , les autres gigantesques.
Nous Comprenons facilement que les micrographes se soient occupés de photographie, précieuse découverte de ces derniers temps; la propriété qu’elle a de fournir une image fidèle d’un objet microscopique devait naturellement se présenter à l’esprit. En attendant, le nombre des observateurs qui se sont livrés à cette science, soit isolément, soit plus habituellement en compagnie d’un photographe de profession, n’est pas considérable. L’ignorance des procédés de la photographie et des difficultés qu’on s’exagère volontiers ont empôché beaucoup de personnes d’entreprendre des travaux micro-photographiques. Néanmoins , les résultats obtenus nouvellement nous montrent ce qu’on peut espérer de la photographie, et notamment quels services elle est appelée à rendre dans les recherches microscopiques.
En 1844, un savant français, M. Donné, publia un atlas d’anatomie microscopique dont les images étaient reçues sur la plaque métallique de Daguerre, à l’aide du microscope solaire, et copiées ensuite. Plus récemment, en fixant ce qu’on appelle l’image négative sur une plaque en verre recouverte de collodium ioduré, on a fait faire un progrès immense à l’art photographique; nous avons reçu de Paris un grand nombre de dessins micro-photographiques qui ont été en partie obtenus avec des grossissements très-forts. Depuis quelques années, MM. Hessling et Kollmann se sont associés avec M. Albert, célèbre photographe de Munich, et publient un atlas composé de
feuilles photographiées qui, sous tous les rapports, mérite les plus grands éloges. Plus tard, M. le professeur Gerlach, d’Erlangen, à qui nous sommes redevables de secours précieux sur la théorie du microscope, a imprimé un petit ouvrage plein de charme en vue de répandre la micro-photographie (De la Photographie comme auxiliaire dans les recherches microscopiques. Leipzig, 1862). M. Beale vient de traiter le même sujet avec une grande extension; d’autres observateurs ont publié au moins des remarques isolées.
On peut changer facilement, et à peu de frais, comme nous l’apprend M. Gerlach, un microscope composé en appareil micro-photographique, fonctionnant avec la lumière solaire. (Fig. 29.)
On emploie, pour l’éclairage, une lumière concentrée, parallèle, fournie par le miroir concave ( q ) mis en rapport avec une lentille convergente piano-convexe. Il est bon de recourir à des diaphragmes cylindriques ayant de petites ouvertures, quand on veut obtenir des grossissements considérables. On se sert des systèmes d’objectifs ordinaires, mais avant d’en faire usage, il faut les nettoyer avec la plus minutieuse attention, car chaque parcelle de poussière produit une tache dans l’image négative. On enlève l’oculaire, et on fixe, sur le tube du microscope qui est maintenu par un anneau (»), l’appareil photographique consistant en une caisse en bois (d), supportée par un tube (g). C’est à l’extrémité supérieure de cette caisse (c) qu’on glissera la plaque de verre (en b) destinée à recevoir l’impression de la lumière. L’écran (b) ou cadre en bois peut porter un papier huilé et transparent, au lieu de la feuille de verre dépoli d’un appareil ordinaire. Pour le priver de lumière pendant l’opération , on se sert du drap noir habituel enveloppant la tête; l’entonnoir (a), qui se trouve sur la caisse, est