CHAPITRE IV
sur les lentilles, on emploiera utilement une lame de verre recouverte d’une couche épaisse d’encre de Chine sur laquelle on tracera, avec la pointe d’une aiguille, de très-petits cercles ou d’autres figures. En regardant à travers l’objectif, et avec la lumière transmise, un de ces cercles, on doit le voir isolé du fond noir et exempt de nuage. Le cercle est-il écarté du point visuel ? alors il paraît s’élargir; ses contours qui étaient vifs s’effacent presque entièrement sans répandre, soit au dedans, soit au dehors, une plus forte lumière nuageuse sur le champ visuel , qui est noir. On prendra ensuite en considération la correction suffisante de l’aberration chromatique. Elle ne saurait être complète, attendu qu’il n’existe aucun moyen, d’écarter ce qu’on appelle le spectre secondaire. Il ne s’agit donc ici que de l’amélioration la plus parfaite possible.
Les objectifs, de nos jours, sont, pour la plupart, eu égard à la dispersion des couleurs, corrigés par excès, et offrent un contour bleuâtre. Les objectifs corrigés par défaut donnent, dans les mêmes circonstances, un bord rouge, moins agréable à l’œil, quoique la vivacité de l’image reste la même. Une condition importante pour le bon usage d’un microscope, c’est que le champ visuel soit tout à fait plat.
Quand on place sur le porte-objet (fig. 35) un micromètre en verre, divisé en carrés, il faut que les lignes de ces carrés paraissent droites (a) , non-seulement au milieu, mais aussi sur les bords du champ visuel. Des lignes courbes dont les courbures augmenteraient en se prolongeant vers les extrémités, prouveraient une correction défectueuse (b, c ). Cet inconvénient se présente-t-il à un haut degré en se servant d’un objectif? alors l’image centrale du champ visuel et celle de la périphérie seront si différentes que l’on ne pourra voir
ESSAI DU MICROSCOPE. 67
que l’une des deux, l’autre s’évanouissant dans une espèce de nuage.
Si, en essayant un microscope , on se borne à des moyens pratiques, il faut, lorsqu’il s’agit d’apprécier le mérite d’un objectif, considérer à quelle fin l’opticien l’a construit; si c’est pour être employé avec la lumière directe ou bien avec la lumière réfléchie par le miroir; et, dans ce dernier cas, voir si l’éclairage doit être central ou oblique.
Un objectif peut, par exemple, 4 rendre de grands services avec l’éclairage oblique et devenir très-médiocre avec la lumière centrale ; et , au contraire , beaucoup d’opticiens construisent pour l’éclairage central de trèsbons objectifs qui cessent de fonctionner avec un éclairage oblique. Il est impossible de satisfaire en même temps à toutes ces exigences si différentes et reposant en partie sur des propriétés physiques en opposition risr- 35. Micromètre carré * , enverra. «
les unes avec les autres. G est
ainsi que, en examinant un objectif, on doit éviter de se borner à un seul genre d’essai.
On peut distinguer dans un objectif deux propriétés :
1° la force qui définit; 2° celle qui pénètre ou analyse.
C’est avec raison que Mohl a pu dire que de la première de ces propriétés dépend la possibilité de reconnaître exac-