La puissance de pénétration ou celle d’analyse d’un
ESSAI DU MICROSCOPE
objectif consiste à faire voir à la surface , et même dans l’intérieur d’un objet, des détails très-fins. Les fabricants de microscopes, mus par un sentiment d’honneur, ont fait tous leurs efforts pour arriver à perfectionner ce genre de système, et on leur doit de nos jours d’excellents objectifs. La pénétration d’un objectif dépend de la grandeur de l’angle d’ouverture, et, par suite, de l’obliquité des rayons lumineux que les lentilles peuvent encore recevoir des différents points de la surface de l’objet. S’il s’agit de lignes très-rapprochées d’une surface transparente, qu’elles soient l’effet de stries ou de sillons, l’éclairage oblique, dans ce cas, acquiert une grande importance. Il est évident qu’en passant sur de semblables inégalités, les rayons qui traversent l’objet dans une direction centrale, donneront des résultats moindres que ceux qui tomberont obliquement sur sa surface. C’est ainsi qu’on voit, à l’aide d’un objectif de force moyenne, avec un angle d’ouverture plus prononcé et en recourant à l’éclairage oblique, des choses dont on n’apercevrait aucune trace avec un éclairage central. Au contraire, un objectif ayant un très-grand angle d’ouverture pourra recevoir, tout en se bornant à l’éclairage central, un si grand nombre de rayons très-obliques qu’on obtiendra un résultat pareil à celui de l’éclairage oblique avec une combinaison plus faible. Mais si , en se servant d’un puissant objectif, à très-grand angle d’ouverture, on emploie en même temps l’éclairage oblique, toute incertitude cessera, car il possédera une puissance de résolution que n’atteindra jamais un faible objectif à petit angle d'ouverture.
D’après ce qui vient d’être dit, on comprendra pourquoi les opticiens se sont si fortement appliqués , dans ces derniers temps, à agrandir l’angle d’ouverture.
Les objectifs les plus forts des vieux instruments n’ont pas plus de 50° à 70° d’angle d’ouverture. Cependant la