CHAPITRE IV
suite abandonnés par le fait des progrès croissants de l’optique pratique. C’est ainsi qu’on peut considérer comme dépassé tout ce qui a été recommandé jusqu’en 1840, tels que les différents cheveux et les petites écailles ou la poussière des ailes de papillons. Vouloir essayer avec de pareils moyens un microscope de premier rang serait certainement offenser l’opticien qui l’aurait construit.
Dans l’année 1846, un des micrographes les plus habiles attira l’attention sur les écailles transparentes de la partie antérieure des ailes du papillon Janira Ç>, écailles qu'il avait appris à connaître de l’Italien Amici, le plus célèbre constructeur de microscopes de cette époque. Outre les lignes droites bien connues, il faut voir, dans ce test, nettement et sans granules, des lignes transversales, fines, très -serrées et éloignées les unes des autres de ’/, t00 de millimètre (fig. 37). Mohl fit alors observer que lorsque le grossissement ne dépassait pas 200 fois, on ne voyait pas les lignes transversales; et que, en général, il fallait un instrument pourvu de bons et puissants objectifs, grossissant de 220 à. 300 fois, pour les apercevoir clairement, nettement. Il reconnut alors que les microscopes d’ Amici, de Plœssl et un seul d’Oberhâuser parvenaient, exclusivement à tous les autres, à résoudre ce test. Moi-même je me souviens très-bien d’avoir eu, pendant ma vie d’étudiant, mille peines à apercevoir, et encore d’une manière très-incomplète, ces lignes transversales avec un microscope de Schiek, très-bon pour ce temps-là, et dont je me suis servi pendant de longues années.
De nos jours, on considérerait comme mauvais un instrument qui, avec un grossissement de 200 fois, laisserait à désirer quelque chose dans la résolution des écailles transparentes du Papilio Janira. Avec un grand instru-
ESSAI DU MICROSCOPE
ment confectionné par Hartnack, en 1861, je les vois déjà sur un test, préparé par Kellner, à l’aide d’un éclairage central et avec un grossissement de 120 fois (objectif 5, oculaire 2). Ce n’est que pour des objectifs de puissance moyenne que les écailles fines du Papilio Janira peuvent, encore de nos jours, être considérées comme un moyen d’essai.
Au lieu des écailles de papillons, on se sert des enveloppes siliceuses des diatomées , en employant celles qui offrent les stries les plus fines et les plus
Fig. 37. Ecailles ou
SGITcGS. poussière du Papilio
Harting a donné un tableau emprunté Jamra aux auteurs anglais de la finesse de ces stries.
Nombre de stries contenues dans */, 00 de millimètre :
Navicula strigilis 13
Pleurosigma formosum 14.2
— hippocampus 1.6.5
Navicula (pleurosigma) Spenceri .... 19.7
Pleurosigma angulatum (grande) .... 23.6
— — (petite) .... 27.6
Navicula strigosa (petite) 31.5
— (nitzschia) sigmoidea 41.3
— (eunotia) areus 51.2
Parmi les nombreuses enveloppes de diatomées, plusieurs méritent d’être signalées comme étant d’une importance toute particulière. Ce sont surtout celles du pleurosigma angulatum et du nitzschia sigmoidea, déjà mentionnées dans la table ; ensuite celle du navicula Amicii, du surireUa gemma et du grammatophora sublilissima que le défunt professeur Bailey, de l’Amérique du Nord, nous a fait connaître. Ces deux derniers tests (qu’on peut obtenir de