CHAPITRE V
les besoins (fig. 17); un prisme en verre produit le même effet. L’appareil d’éclairage de Lieberkühn mérite d’être signalé comme très-bon; toutefois, on ne peut s’en servir que rarement dans des recherches médicales.
L’objet à examiner, s’il n’est pas constitué de manière à ne pouvoir souffrir aucune modification, devra subir une préparation préalable. Nous parlerons bientôt avec plus de détail de cette préparation, qui varie naturellement suivant les circonstances, mais dont le but est de faciliter les recherches en se servant de la lumière transmise. Nous ferons seulement remarquer ici qu’il est important de procéder à cette préparation avec beaucoup de soin, en observant la plus grande propreté, et que, d’un autre côté, il faut éviter de chercher à' trop bien faire, et de^ choisir, pour ses explorations, des objets de trop grande dimension. Les commençants commettent ordinairement cette faute: ils posent, sous le microscope, des masses qui, divisées convenablement, auraient suffi à faire une douzaine de préparations distinctes. Les objectifs puissants exigent toujours que les objets à examiner soient minces et petits. On se bornera rarement à des recherches avec la lumière directe, quand l’objet peut être placé sur la platine du microscope, à sec et à découvert. On saura que, généralement, il est nécessaire de mouiller l’objet avec de l’eau ou avec des liquides conservateurs, tels que la glycérine, etc. Dans ce cas encore, surtout avec l’emploi de faibles grossissements, on peut laisser l’objet à découvert, et souvent même on examine un grand nombre de choses , non pas en les mettant simplement sur la platine, mais en recourant à un verre de montre, à une cage de verre, à des cellules transparentes.
Lorsqu’on passe à des grossissements plus considérables, il est indispensable de couvrir l’objet avec une lamelle de verre mince, surtout bien propre. On s’opposera
à tout écoulement de liquide sur la surface extérieure de la lamelle quand on emploie des objectifs ordinaires, parce que l’image devient trouble et comme noyée; c’est tout le contraire, ainsi qu’on l’a déjà dit, lorsqu’on fait usage d’objectifs à immersion. On évitera de toucher la surface des verres à couvrir avec les doigts; c’est en saisissant les lamelles par les bords qu’on les pose sur l’objet. Lorsque celui-ci est très-délicat, il y a quelques précautions à prendre; l’ovule d’un mammifère, par exemple, serait détruit si l’on place maladroitement dessus le verre à couvrir; les éléments d’une rétine toute fraîche seraient également troublés dans leurs rapports en pareil cas.... Des moyens fort simples garantiront les préparations de tout dommage. Il suffit d’insérer entre la lame porte-objet et le verre à couvrir un petit fragment de cheveu, de crin, ou d’une lamelle de verre extrêmement mince.
C’est pendant que le regard plonge dans le microscope qu’on donne à celui-ci une position convenable, en abaissant son tube , soit simplement avec la main et en le faisant glisser de haut en bas dans son anneau, soit en tournant une vis qui produit le même effet. Dans cette opération, on évitera de pousser l’objectif jusqu’à ce qu’il touche l’objet, attendu que celui-ci pourrait être détruit, et que les lamelles de verre courraient risque d’être brisées. La dernière lentille de l’objectif elle-même serait exposée à être endommagée dans certaines circonstances. Les commençants agiront prudemment en adoptant une direction opposée, c’est-à-dire en faisant glisser le tube de bas en haut. Pour cela, on s’arrange de façon que l’objectif qui termine le tube ne soit séparé de la lamelle de verre que d’un minime intervalle, et l’on fait ensuite glisser le corps du microscope de bas en haut. Une certaine habitude est nécessaire pour bien mettre au point; - l’emploi d’objectifs très-puissants présente d’assez grandes