CHAPITRE V
difficultés. La vigueur et la finesse des contours indiquent qu’on a atteint le but. On arrive surtout à une bonne mise au point à l’aide de la vis de rappel.
On examine d’abord l’objet, avec un grossissement faible, un éclairage central et la lumière transmise; on passe ensuite, par degrés, à des objectifs un peu plus forts, mais on conserve toujours des oculaires faibles et même, selon les circonstances, on raccourcit convenablement la longueur du tube. Les commençants commettent souvent une erreur qu’il importe de signaler. Ne sachant pas apprécier à leur valeur les grossissements faibles , ils emploient de prime abord de puissants objectifs. Mais comme les objectifs faibles fournissent seuls, en quelque sorte, un champ visuel étendu , tandis que ce même champ visuel est extraordinairement rétréci lorsqu’on se sert d’objectifs puissants, il en résulte que l’usage des faibles grossissements est d’une haute importance, tant parce qu’il permet d’embrasser l’ensemble de la préparation d’un même coup d’œil, que parce qu’il facilite les recherches de l’observateur.
On a recours ensuite, successivement, à des objectifs plus puissants, en les combinant d’abord avec des oculaires faibles. Pendant ces essais, il sera quelquefois nécessaire de préférér le miroir concave au miroir plan; mais, dans tous les cas, il importe de mettre très- exactement au point, à l’aide de la vis micrométrique. On changera également, s’il en est besoin, les diaphragmes cylindriques à grandes ouvertures pour d’autres percés d’un trou plus petit.
Si, après avoir procédé de la sorte, l’observateur juge, enfin, nécessaire d’en venir aux puissants objectifs, il pourra se permettre aussi l’usage d’oculaires un peu plus forts, usage qui, néanmoins, sera toujours modéré. On acquerra bientôt la conviction qu’on obtient moins
avec des oculaires forts (comme cela résulte d’ailleurs de la nature optique même de l’oculaire) qu’on ne le croit d’abord. L’image devient plus grande, et, en conséquence, certaines choses peuvent sembler plus nettes. Mais on arrive bientôt à un grossissement qui ne montre absolument rien de plus; au contraire, il montre moins que l’oculaire plus faible dont on s’est précédemment servi, attendu que la clarté du champ visuel et la finesse de l’image ont singulièrement diminué. Les oculaires extrêmement forts, ajoutés aux grands instruments comme derniers accessoires , peuvent être considérés comme des articles de luxe dont l’usage est à peine possible.
Toutefois, les objectifs dont la partie optique a été parfaitement soignée, supportent mieux des oculaires plus forts que les objectifs moins habilement construits. Néanmoins, même dans ce cas, on ne recherchera le grossissement de l’image au moyen de l’oculaire qu’avec beaucoup de circonspection. Les oculaires peuvent certainement recevoir encore de grandes améliorations, et il est trèsfort à désirer que des opticiens capables entreprennent cette tâche. Les premiers oculaires dits orthoscopiques , qui, à ma connaissance, aient été construits et vendus, sont dus à Kellner, mort jeune, à Wetzlar; ils donnent, à la vérité, une image très-plané, mais leurs plus forts numéros ne m’ont pas montré dans l’objet un détail nouveau.
Il résulte des observations précédentes, que celui qui peut obtenir à l’aide de son microscope, et en suivant deux voies différentes, à peu près le même grossissement, l’un avec un objectif faible, associé à un puissant oculaire, l’autre au moyen d’un objectif fort, employé avec un oculaire faible, doit toujours préférer cette dernière combinaison. C’est pourquoi les efforts des anciens opticiens, pour combiner des objectifs faibles avec des oculaires re-