‹ Le Microscope manuel a l'usage des etudiants par le docteur Heinrich FreyChapitre 57 sur 156 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

lativement puissants, ne sauraient être approuvés, et on a renoncé, de plus en plus, à cette méthode dans ces derniers temps.

Les objets dont on entreprend l’examen au point de vue de l’histologie et de la médecine exigent rarement l’emploi de l’éclairage oblique. Si l’on veut étudier les effets de ce genre d’éclairage, on devra suivre les préceptes donnés plus haut.

Pour faire usage des réactifs, on met une goutte en contact avec l’objet préparé, au moyen d’une petite baguette de verre effilée, soit en soulevant le verre à couvrir, soit en déposant cette goutte au bord de la lamelle sous laquelle elle passera pour s’unir au liquide où baigne déjà l’objet. On peut obtenir une infiltration lente en se servant d’un fil de toile placé, moitié sous la lamelle, moitié sur la lame en verre portant l’objet, fil qu’on imbibe avec la goutte du réactif.

L’observateur qui désire ménager son instrument prendra les précautions que nécessite l’emploi des réactifs, notamment des acides violents, des alcalis, et, plus particulièrement, des agents qui attaquent le plomb du flint. On évitera, autant que possible, de recourir aux acides chlorhydrique et azotique concentrés; on sera très-circonspect dans le maniement des acides volatils et de l’ammoniaque. Enfin, on ne se servira jamais d’eau sulfureuse. Toute addition de réactif exige l’usage de grandes lamelles à couvrir. Quand malheureusement une lentille a été mouillée par un réactif, on la plonge immédiatement dans l’eau distillée. Éloignez de votre chambre de travail toute préparation chimique dégageant des vapeurs. Le triste état des microscopes employés dans les laboratoires de chimie est la meilleure preuve de l’action délétère des gaz.

Lorsqu’on se sert journellement du microscope, il est

pénible d’avoir sans cesse à le monter et à le démonter, opération qui, répétée fréquemment, peut nuire au mécanisme de la monture. Aussi est-il bon d’avoir son microscope établi sur une table, et placé sous un globe ou sous une cage en verre. Le tout reposera sur un morceau de drap qui empêche l’introduction de la poussière. Une autre cloche de verre protégera les oculaires , les objectifs enfermés dans un étui, et tous les ustensiles d’un usage fréquent. Pour éviter que les instruments ne soient incessamment couverts de vapeurs, il est bon de travailler dans une chambre chauffée.

Chaque fois qu’on se sera servi du microscope, on fera bien (le commençant surtout) de l’examiner attentivement avant de le replacer sous le globe. S’il existe des taches sur les parties en cuivre, on les enlèvera avec un morceau de drap ; un pinceau de poil fin servira à ôter la poussière des lentilles, des oculaires, etc. Ces soins peuvent bien occasionner une perte de temps, mais on ménage ainsi l’instrument tout en lui conservant sa valeur primitive, surtout si on ne néglige pas de constater, chaque fois , l’état des objectifs qu’on vient d’employer.

Voici la meilleure manière de nettoyer les objectifs : on ôte d’abord la poussière avec un pinceau, et on frotte ensuite la lentille avec un morceau de linge très-fin, et fortement adouci par de fréquents lavages. On peut également employer au même usage une peau très-line, trèsdouce, ou de la moelle de sureau. Il est des taches qu’on enlève avec de l’eau distillée ; d’autres , telles que celles provenant de la glycérine, exigent qu’on ait recours à un morceau de drap imprégné d’alcool. Il faut éviter l’emploi d’une trop grande quantité de ce liquide, parce qu’il pourrait s’en glisser une partie entre le joint des lentilles et atteindre le mastic qui unit le Crown et le flint.

Un micrographe expérimenté n’aura pas souvent à se

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