‹ Le Microscope manuel a l'usage des etudiants par le docteur Heinrich FreyChapitre 58 sur 156 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

reprocher d’avoir trop mouillé une lentille. On comprendra facilement qu’il importe de s’en abstenir soigneusement toutes les fois qu’on emploie des réactifs, et que, dans ce dernier cas, il faut toujours procéder avec les plus grandes précautions. On se servira alors, autant que possible, d’objectifs faibles, possédant une grande distance focale; et, si on doit pousser plus loin ce genre de travail, il sera nécessaire de couvrir la platine d’une plaque de verre, qu’on fixera avec des valets, si la platine en est pourvue. Quand les lames de verre qui supportent l’objet sont assez larges, elles forment naturellement déjà un abri.

Malgré tous les soins donnés au microscope, il devient indispensable de nettoyer à fond, de temps en temps, sa partie optique, attendu qu’il se forme sur les lentilles et les oculaires une sorte de couche graisseuse qui assombrit considérablement l’image. Les instruments dont on ne s’est pas servi depuis plusieurs années portent, presque toujours, cette couche de matière grasse. On peut être sans inquiétude sur le résultat du nettoyage, car il est tout à fait inoffensif pour les verres , si l’on se sert d’un bon pinceau et d’une toile très-fine.

La table de travail sera grande et massive , afin qu’elle repose fermement et solidement sur le plancher. Nous recommanderons d’employer pour sa surface un bois dur dans lequel on incrustera d’un côté, ou même des deux côtés, des tablettes d’ardoise où se feront les préparations.

Il est très-utile que la table possède plusieurs tiroirs, afin de serrer et de mettre à l’abri de la poussière, ainsi que de toute malpropreté, le grand nombre de petits accessoires dont on a besoin.

On place dans ces mêmes tiroirs les lames porte-objets, les lamelles à couvrir, les vases en verre, les instruments de dessin, les appareils additionnels du microscope, les morceaux de toile destinés au nettoyage, etc.

Il y aura toujours sur la table des globes et des cloches en verre pour protéger de la poussière les objets dont on ne se sert pas momentanément.

Tout réactif inutile ne restera pas sur la table et sera mis soigneusement dans un endroit à part.

La question de savoir quelles sont les qualités morales et physiques que doit posséder le micrographe a été traitée fort au long dans un grand nombre d’ouvrages. Nous croyons pouvoir nous abstenir de nous en occuper ici. On peut dire, toutefois, que la finesse des sens, le calme, l’amour de la vérité et l’heureux don d’un jugement sain sont surtout nécessaires au médecin et à toute personne qui se livre à des recherches scientifiques. Celui qui ne possède point ces qualités, celui qui se trouble facilement et qui, entraîné à chaque instant par une imagination trop vive, perd le calme et l’impartialité indispensables pour bien observer , celui-là doit renoncer au microscope et à la médecine.

Les recherches microscopiques demandent une bonne vue qui ne se fatigue pas trop facilement. Un peu de myopie avec des yeux bien transparents constitue ordinairement les indices d’une grande aptitude aux travaux qui nous occupent. Quiconque est assez heureux pour posséder deux yeux également bons, doit s’habituer à s’en servir tour à tour. Les personnes qui regardent longtemps de suite avec le môme œil, tandis que l’autre, quoique ouvert, reste dans l’inaction, s’apercevront combien le premier gagne en force, pendant que l’autre devient plus irritable. Si l’on se sert ensuite de l’œil reposé pour remplacer l’autre, le champ visuel paraîtra beaucoup plus clair, et la fatigue se fera promptement sentir.

Dans le cas où un œil est sensiblement plus faible que l’autre , on doit naturellement consacrer aux travaux microscopiques l’œil bon. Il faut s’habituer, dès le principe,

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