‹ Le Microscope manuel a l'usage des etudiants par le docteur Heinrich FreyChapitre 59 sur 156 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

à conserver ouvert l’œil inactif pendant qu’on regarde avec l’autre dans l’instrument. Bientôt l’attention se concentre si fortement dans l’œil occupé, que les impressions qui se produisent sur l’œil non employé passent inaperçues par l’dbservateur.

Afin de ménager la vue , il est à propos de ne pas travailler trop longtemps. On évitera également de se livrer à des recherches microscopiques pendant les premières heures du jour, et immédiatement après le dîner. Aussitôt qu’on éprouve de la fatigue, il faut cesser tout travail. Cette recommandation concerne plus particulièrement les commençants, dont les yeux se fatiguent d’autant plus vite qu’ils ne sont pas habitués à ce genre de vision. Dans la suite, les yeux, mieux exercés, supporteront facilement une application plus longue.

On travaillera debout ou assis, selon qu’on sera habitué à l’une ou à l’autre de ces positions. La manière la plus facile de se servir d’un microscope vertical, c’est de regarder à travers le tube en abaissant la tête. Les Anglais attachent généralement une grande importance à pouvoir faire prendre au microscope la position oblique ou la position horizontale, afin d’éviter ainsi la fatigue de la nuque et l’afflux du sang vers la tête. Leurs grands microscopes, de même que les plus simples, sont construits de façon à se renverser. L’incommodité qui résulte d’une platine placée obliquement ou verticalement est, au sentiment des observateurs du continent, beaucoup trop sensible (lorsqu’il s’agit de voir autre chose que des testobjets)', pour qu’on ait adopté les dispositions dont il vient d’être parlé.

Dans l’intérêt de la conservation de la vue , il est trèsimportant, comme on l’a déjà dit, de modérer convenablement l’éclairage du champ visuel, et de savoir faire adroitement usage des diaphragmes (fig. 18, p. 34).

La faculté de voir et d’observer avec le microscope n’est pas la môme pour tous; elle est naturellement plus grande chez l’un, plus petite chez l’autre; mais, à l’aide d’une certaine persévérance, presque tout le monde peut l’acquérir, du moins dans une certaine mesure.

Cependant la nature particulière des images microscopiques offrira toujours, au début, des difficultés. Le microscope composé ne nous montre momentanément de l’objet que la surface optique qui se place au foyer, et tout ce qui existe en deçà ou au delà de ce foyer reste inaperçu ou comme noyé. En outre, en se conformant à la méthode habituellement adoptée pour faire des recherches, l’image est transparente, parce que la lumière vient d’en bas et non d’en haut, comme cela a lieu dans la vision ordinaire. Des objets qui sont situés dans d’autres plans, supérieurs ou inférieurs, ne deviennent visibles que par des changements de foyer, et cet effet sera, avec des objectifs à grand angle d’ouverture et à fort grossissement, beaucoup plus sensible qu’avec des systèmes faibles et à angle d’ouverture médiocre. Il résulte de là qu’on peut, à la vérité, reconnaître immédiatement les contours, la longueur et la largeur d’un objet, mais qu’on n’apprécie jamais son épaisseur ni sa forme complète. Nous ne parvenons à bien voir l’épaisseur et la forme que par une succession des diverses images microscopiques obtenues en déplaçant le foyer. C’est ici que le commençant rencontre des difficultés sérieuses, car, en combinant inexactement la série d’images, il s’expose à des erreurs. Nous manquons, dans ce genre d’examen, des moyens auxiliaires qui nous mettent à même, dans les observations ordinaires, de bien apprécier les formes des objets. Aussi saisit-on bien plus facilementla structure d’un objet microscopique, lorsqu’on fait usage de la lumière directe. Lorsque l’on possède déjà quelque expérience, on n’éprouve

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