CHAPITRE V
aucune difficulté à bien distinguer un globule de sang , mais on en éprouvera à déchiffrer la forme à angles multiples de beaucoup de diatomées, celle d’un espace creux dans une partie d’organe. La comparaison de plusieurs coupes opérées dans des directions horizontale, verticale et oblique, moyen dont se servent surtout les botanistes, est ici, quand il est possible de l’employer, du plus grand prix.
Ce n’est également qu’avec beaucoup de peine qu’on parvient à apprécier la forme d’un objet , lorsque celui-ci est extrêmement petit. Quand on a acquis quelque habitude , on évalue aisément l’importance des diverses saillies qui se trouvent dans les objets microscopiques; on distingue, par exemple, une surface convexe d’une surface concave, qui est un peu plus grande, en se contentant d’une seule image. Mais si ces surfaces sont infiniment petites, comme quand il s’agit des espaces si gracieux du pleurosigma angulatum, test-objet fréquemment employé, l’appréciation devient très-difficile, à ce point même que, comme nous l’avons dit plus haut, des observateurs trèshabiles prétendent, les uns, que les espaces dont il vient d’être question sont convexes , tandis que les autres soutiennent qu’ils sont concaves; et la chose est restée indécise jusqu’à ce jour.
Welcker nous a indiqué un excellent moyen pour discerner un corps convexe d’un corps concave. Les corps convexes agissent à la manière d’une lentille convergente; les corps concaves, au contraire, tendent à disperser les rayons. C’est pourquoi un corps convexe, en prenant pour point de départ une élévation moyenne du tube du microscope, paraîtra brillant si on allonge ce tube, tandis qu’il faut, au contraire, le baisser pour produire le même effet quand le corps est concave. On distinguera de cette façon un objet arrondi, une boule creuse, une bordure, un sillon.
On apprécie la forme des objets microscopiques beaucoup plus facilement et beaucoup plus sûrement avec des objectifs faibles qu’avec des objectifs forts, à angles d’ouverture considérables; de manière que, ici encore, nous trouvons un puissant argument en faveur de l’usage des premiers. Si l’observateur qui possède une grande habitude du microscope arrive à ses fins à l’aide de forts objectifs, il n’en sera pas moins désirable, et cela dans un grand nombre de cas, de lui voir ajuster à son instrument un objectif de force moyenne, parfaitement soigné, avec un angle faible d’ouverture , comme on en avait autrefois. Les opticiens anglais ont cherché à remédier aux inconvénients inhérents aux systèmes à grand angle d’ouverture, en y adaptant un diaphragme.
Les altérations de l’image microscopique occasionnées par la présence de corps étrangers sont faciles à reconnaître, et la meilleure manière de les éviter, c’est d’apporter beaucoup de soin et de propreté à l’exécution des préparations. Il importe de se familiariser le plus tôt possible avec la présence des bulles d’air, des gouttes de graisse, des grains d’amidon', des filaments de lin ou de coton, etc.
Il est intéressant de comparer aussi l’image que présente un objet sous l’influence de la lumière transmise à celle qu’on obtient à l’aide d’un éclairage direct. On fera également bien d’étudier l’aspect d’un seul et même objet dans des milieux de différentes forces de réfraction.
La connaissance de la partie mécanique du microscope, le maniement adroit des vis et du miroir, le mouvement à imprimer à l’objet en lui faisant traverser le champ visuel, mouvement qui doit être continu et sans aucune secousse : toutes ces choses sont plus faciles à acquérir que celles qui concernent la partie purement optique. On peut poser ici en principe qu’il est important de ne jamais recourir à une vis ou à un mécanisme quelconque, toutes