‹ Le Microscope manuel a l'usage des etudiants par le docteur Heinrich FreyChapitre 61 sur 156 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

les fois que les mouvements qu’on désire obtenir peuvent ôtre accomplis sûrement à l’aide de la main. Un vrai connaisseur trouvera qu’il y a, dans l’immense appareil d’accessoires accompagnant le grand microscope anglais , quelque chose de superflu et d’incommode.

Le renversement de l’image obtenue par le microscope composé crée, sans doute, pour le commençant, quelques difficultés. Toutefois on s’y habitue vite, et même, à la fin, on les oublie complètement. On ne se les rappelle qu’en faisant usage d’un microscope appelé microscope redresseur, qui, par l’effet d’une lentille introduite dans le tube, redresse l’image renversée. Comme ce redressement ne s’opère pas sans inconvénients optiques , ces instruments sont peu employés. Ils ne supportent que des objectifs faibles et ne sont commodes que comme microscopes de dissection.

Disons un mot des mouvements qu’on voit se manifester dans les images microscopiques. Tout ce qui se meut ne saurait être considéré comme vivant.

Il existe quelquefois dans l’eau des courants qu’il importe de connaître, si on désire se mettre à l’abri des erreurs. En mêlant, par exemple, de l’eau avec de l’alcool, les petits corpuscules qui s’y trouvent suspendus seront vivement agités , jusqu’à ce que le mélange des deux liquides soit devenu complet.

Ensuite, les toutes petites parcelles de substances qui ne sauraient être dissoutes dans l’eau, offrent le spectacle non interrompu d’un mouvement circulaire dont la cause est encore inconnue, mais qui certes n’est dû qu’à un phénomène physique. On a appelé ce tournoiement le mouvement moléculaire de Brown.

Une fine poussière de charbon , de petits cristaux , de petits grains d’une matière colorante produisent également cette agitation singulière, ainsi que les molécules de

graisse et de mélanine provenant du corps d’un animal. Nous pouvons observer, sous l’influence de certaines conditions, un mouvement semblable dans le contenu trèsaqueux de cellules, ainsi que dans le liquide environnant.

Sur la colonne vertébrale de la grenouille, aux points de sortie de nerfs spinaux, on trouve de petits amas blancs de cristaux, ayant la forme de petites colonnes et composés de carbonate de chaux. En les dissolvant dans une goutte d’eau, on obtient des effets magniliques et des plus favorables à l’étude du mouvement moléculaire.

Les cristaux assez grands, longs d’environ § f m m à y, 00 "', restent complètement immobiles tant qu’il ne s’établit pas de courant dans le liquide. Ceux qui n’ont que la moitié de cette dimension se livrent rarement au mouvement circulaire. Plus on approche de l’endroit où les colonnettes cristallines deviennent petites, plus on a de chances d’apercevoir cette agitation. Enfin, les plus petites, celles de Y,ooo w et moins encore, dont nous ne pouvons plus distinguer la forme, sont agitées d’un mouvement continuel.

L’observation du mouvement moléculaire est encore, à un autre point de vue, très - instructive pour le commen- . çant. On oublie facilement combien les mouvements d’un corps sont grossis par l’appareil optique du microscope. L’agitation de ces molécules paraîtra faible à l’œil avec un grossissement de 200 fois; mais, au contraire, elle semblera très-énergique, si l’on passe à un grossissement de 1,000 à 1,500 fois.

Le microscope nous permet d’observer les mêmes phénomènes dans les corps vivants. Un infusoire que nous cherchons à examiner avec de très-fortes lentilles se précipite littéralement à travers le champ visuel , tandis que ce même infusoire nage dans l’eau, sans manifester même une vitesse notable, quand on se sert des grossissements les plus faibles. Si, avec un objectif puissant, on examine

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