‹ Le Microscope manuel a l'usage des etudiants par le docteur Heinrich FreyChapitre 62 sur 156 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

la circulation dans la membrane palmée du pied de la grenouille , ou dans la queue du têtard , on voit les corpuscules sanguins traverser rapidement les vaisseaux capillaires, tandis que ce courant à travers les capillaires est naturellement lent.

Il est un autre point encore qu’il ne faut pas perdre de vue en étudiant avec le microscope les phénomènes du mouvement. Lorsqu’une série de mouvements se succèdent avec une grande rapidité, nous reconnaissons le mouvement général, mais nous ne distinguons pas les mouvements isolés. Ces derniers ne deviendront sensibles à l’œil que quand les premiers phénomènes seront apaisés. Dans un chapitre ultérieur, nous rencontrerons un exemple de ce genre en traitant du mouvement des paillettes.

Il nous reste à nous occuper d’une série de mouvements qui, dans ces derniers temps, ont attiré, de plus en plus, l’attention des observateurs; nous voulons parler des transformations que subissent les cellules vivantes des animaux.

On connaissait depuis longtemps , et plus particulièrement par les corps d’animaux inférieurs, quelques exemples de ce curieux changement de forme. Maintenant on sait que la jeune cellule, tant que le corps cellulaire possède sa substance primitive, c’est-à-dire, comme on l’appelle, son protoplasma, est également douée d’une puissance contractile vitale chez les animaux supérieurs. De nombreuses cellules qui concourent à la formation normale d’un être, de même que celles des productions pathologiques récentes, offrent le changement ci-dessus mentionné aussi longtemps qu’elles conservent leur caractère originaire. Oui, on a vu de ces cellules s’éloigner et passer à travers les tissus vivants. On a également pu constater, dans le corps des cellules contractiles, de petits corpus-

cules, tels que les molécules d’indigo et de carmin, des globules de lait très - fins , et même des cellules de sang extravasées, de sorte que nous assistons ici au spectacle d’un monde nouveau des infiniment petits , et que nous obtenons, dès à présent, la clef de quelques observations déjà anciennes et fort obscures.

Si jamais recherches microscopiques exigent les précautions les plus minutieuses, c’est certainement ên pareil cas.

Afin de ne pas s’exposer à détruire trop tôt la vie de la cellule, il est important que le liquide qu’on introduit soit sans action nuisible.

Le micrographe qui, regardant comme liquides inoffensifs, ainsi qu’on le pensait autrefois, les solutions de sucre ou de sel, le blanc d’œuf mêlé à de l’eau, l’humeur vitrée , les emploierait dans ses recherches , serait bientôt convaincu du contraire. En effet, on ne peut, généralement, considérer comme liquides vraiment inoffensifs que ceux qui baignent les cellules dans le corps même. L’iodserum (voy. ci -après), ou toute autre composition analogue pourra, dans beaucoup de cas, remplir ce but. On aura soin de mettre la plus grande précaution à éviter toute pression et toute évaporation. Il est bon de soutenir le verre à couvrir très-mince en plaçant dessous de légers fragments suivant la manière que nous avons indiquée ci-dessus ; l’observateur est habituellement pourvu de ces verres à couvrir; mais dans bien des cas il peut se dispenser d’en faire usage, et cela sera préférable.

Pour éviter l’évaporation du liquide ajouté à l’objet qu’on veut examiner, Recklinghausen a inventa un petit appareil très - avantageux. Le lecteur se fera facilement une idée de cet appareil , appelé chambre humide , en examinant la figure 48. Une lame de verre un peu grande et polie (d) porte l’objet à la manière ordinaire. Un anneau

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