CHAPITRE VII
cieux dans un grand nombre de recherches. Comme nous le montrerons plus loin, beaucoup de détails peuvent être rendus plus sombres et plus tranchants par la coloration, par l’emploi de liquides coagulés et sans transparence. Quelquefois même une partie, le noyau d’une cellule, par exemple , devient plus foncée , grâce à l’addition d’un liquide, tandis que la substance qui l’enveloppe perd, au contraire, de sa puissance de réfraction. Certains réactifs, comme l’acide acétique , produisent des effets avantageux. Le mode d’action de cet acide sur le tissu cellulaire nous prouve qu’on est, en général, bien peu autorisé à rejeter, dans les recherches, une méthode, par ce fait qu’on n’aperçoit rien dans le champ visuel du microscope.
Pendant que la substance intermédiaire du tissu cellulaire, résultant de l’enlacement de fibres d’une extrême finesse, arrive à se gonfler sous l’action de l’acide acétique, la puissance de réfraction de ces parties et celle du liquide qui les entoure deviennent égales, de telle sorte qu’on serait tenté de croire à la dissolution de ces fibrilles par le réactif, si d’autres moyens ne nous permettaient d’apercevoir ces mêmes tissus devenus invisibles , grâce à l’acide.
D’un autre côté, on éprouve très-souvent le besoin de rendre aussi transparents que possible, par l’addition de liquides doués d’un fort pouvoir de réfraction , des objets trop sombres et, par cela même, méconnaissables. De fortes solutions de sucre, de gomme, de blanc d’œuf, peuvent servir, à cet effet, lorsqu’il s’agit de donner plus de transparence à des parties humides. Nous avons trouvé , de nos jours, dans la glycérine, un des meilleurs moyens pour obtenir ce résultat. Des tissus complètement secs prennent de la transparence d’une manière encore plus durable lorsqu’on les plonge dans l’essence de térébenthine , dans le baume de Canada et dans l’huile essentielle
d’anis. Tandis que l’indice de réfraction de l’eau est de 1,336, celui du vinaigre est de 1,38; la glycérine pure nous donne 1,475 (la glycérine avec partie égale d’eau, 1,40); l’huile de térébenthine, 1,476; le baume de Canada, 1,532, et l’huile essentielle d’anis, 1,811.
Il est facile de voir combien est importante la puissance réfractive d’un liquide pour mettre en évidence l’aspect d’un objet microscopique. Un fil très-fin de verre, placé dans l’eau , se distingue facilement à cause de la différence des indices de réfraction. Qu’on le mette dans du baume de Canada, possédant à peu près le même indice de réfraction que le fil de verre, celui-ci cessera de briller, et il faudra une très-grande attention pour qu’il ne semble pas être autre chose qu’une bande unie. Si l’on emploie de l’huile d’anis, on obtient une image représentant une sorte de tube creux dans l’intérieur de cette huile (Welcker).
On ne saurait trop recommander à tous ceux qui font des recherches microscopiques de s’appliquer à trouver surtout des liquides inoffensifs, ou, autrement dit, des liquides qui n’altèrent pas la nature de l’objet à examiner. C’est par routine qu’on attribue cette innocuité à l’eau pure : elle ne la possède pas. On concède tout au plus qu’un petit nombre de tissus animaux fasse exception, vu qu’il est impossible de nier l’effet énergique de l’eau sur les globules du sang et sur les éléments de la rétine. Que le nombre des tissus sur lesquels l’eau exerce une action très-profonde soit infiniment plus considérable qu’on ne le pense, qu’il n’y en ait, au contraire, que fort peu de rebelles à son influence, c’est là un fait clairement prouvé seulement pour un petit nombre de savants, mais cette opinion n’est pas généralement partagée. On s’est beaucoup occupé de nos jours des phénomènes d’endosmose dans l’étude de la physiologie, et cependant nous man-