CHAPITRE VII
quons, en ce qui concerne les recherches microscopiques» (les premières notions sur la production de ces phénomènes.
En théorie, on doit exiger que toute partie d’un corps soumise à l’étude soit imprégnée d’un liquide égal en qualité et en quantité à celui dont le tissu vivant est pénétré. Sans doute il est difficile, dans la pratique, de remplir toutes ces conditions; il faut donc se borner à faire des efforts pour s’en écarter le moins possible.
On recommande habituellefnent, comme liquides additionnels d’un emploi avantageux avec des tissus délicats et très-susceptibles de changement, la salive, l’humeur vitrée, les parties aqueuses provenant de fruits, la sérosité du sang, le blanc d’œuf très-étendu ; tous ces moyens produisent, dans des circonstances données et d’une manière satisfaisante, les effets qu’on en attend. Néanmoins, il ne faut pas croire qu’on puisse toujours réussir ainsi. Un seul et même tissu, provenant d’animaux d’espèces différentes , se comportera fréquemment d’une tout autre façon avec les mêmes liquides, comme nous le voyons pour les globules de sang. Schultze nous indique une expérience à la fois facile à répéter et importante, due à Landolt; elle consiste à ajouter un petit morceau de camphre à des liquides provenant d’animaux : on les préserve ainsi pour longtemps de toute décomposition.
Quant aux liquides sans action, les recherches physiques de Graham nous donnent la raison de cette propriété.
Dans un travail très-intéressant ( Annales de chimie et de pharmacie, vol. 121, p. 1), ce savant a signalé, il y a quelque temps, deux groupes de substances qu’on peut distinguer d’après leur pouvoir de diffusion , et il les a désignées sous les noms de substances cristalloïdes et de substances colloïdes. Les premières, appartenant aux corps susceptibles de cristalliser, se répandent rapidement et
rappellent , sous ce rapport , les matières diffusibles ; les dernières , caractérisées par leur incapacité de cristalliser, sont douées d’une puissance de diffusion très-faible. On peut citer parmi les corps organiques appartenant à cette dernière catégorie, la gomme, l’amidon, ladextrine, les mucilages , le blanc d’œuf et différentes matières gluantes.
Si on étale une couche d’eau au-dessus d’une solution contenant les deux sortes de substances, par exemple du chlorure de sodium et du blanc d’œuf, on verra le sel marin monter jusqu’à la couche supérieure du liquide, tandis que le blanc d’œuf, à cause de son faible pouvoir de diffusion, arrive bien moins haut, de manière que les couches supérieures en sont complètement dépourvues. Des masses gélatineuses tirées du groupe des substances colloïdes, comme le mucus, permettent un passage facile aux matières très - diffusibles ; elles s’opposent, au contraire , fortement à celles qui le sont moins, et ne laissent point passer les substances dites colloïdes. A l’aide de membranes convenables de ce genre , on peut séparer les matières cristalloïdes des substances colloïdes, et purifier ainsi complètement ces dernières. D’après les observations de Graham, une gelée même très-ferme est pénétrée avec une facilité presque aussi grande que l’eau, par des substances très-diffusibles, comme le sel de cuisine, par exemple.
Il est aisé de comprendre la haute importance de ces recherches sur les phénomènes qui accompagnent la diffusion dans les tissus composés de substances colloïdes.
Les liquides inoffensifs ou sans action dont il a été question ci-dessus, nous apparaissent maintenant sous un nouveau jour. Ils contiennent constamment des substances colloïdes et des substances cristalloïdes. Dans le corps vitré, il y a 987 parties d’eau sur à peu près 4,6 parties de matière colloïde et 7,8 de substance cristalloïde, c’est-à-dire