CHAPITRE VII
pénètre ensuite les parties profondes, de sorte que les cellules se distendent, crèvent, etc.
On a expérimenté de bien des manières, dans l’étude des tissus, les propriétés dissolvantes et destructives des solutions alcalines. Leur mode d’action diffère beaucoup, selon la force qu’on leur donne, circonstance sur laquelle Donders a déjà, depuis longtemps, attiré l’attention des savants. Une solution saturée , ou au moins de très-fortes solutions alcalines, ramollissent un grand nombre d’éléments constitutifs sans les dissoudre et, en général, sans les endommager, tandis que cela a lieu, plus ou moins, et très-promptement, avec des solutions affaiblies; les solutions fortes dissolvent souvent les substances intermédiaires, espèce de mastic qui unit les cellules entre elles; elles constituent ainsi un moyen auxiliaire important, et, dans beaucoup de circonstances, leur action ne saurait être trop appréciée. Moleschott, entre autres, mérite d’être cité pour avoir signalé comme d’excellents réactifs des solutions de potasse de 30 jusqu’à 35 %• U prend, pour obtenir une solution de potasse de 32,5 # / 0 , 32,5 parties en poids de potassium causticum in baculis qu’il fait dissoudre dans 67,5 parties en poids d’eau distillée. Mais, attendu la quantité d’eau fort variable et la présence d’un peu d’acide carbonique existant dans la potasse , cette règle ne saurait être bien précise. Moleschott nous avertit que le potassium causticum in baculis dont il s’est servi renfermait 79 % de potasse hydratée et 1,06 % d’acide carbonique. Une immersion de à */, heure et plus constitue une méthode fort bonne pour isoler des éléments de muscles et de nerfs les petits canaux ou conduits qui se trouvent dans les glandes, et même pour mettre à nu les cellules olfactives, les plus grêles et les plus délicates de toutes les cellules. Schultze, ainsi que d’autres savants qui s’occupent d’histologie, fait également usage des solu-
lions de potasse; il s’est servi, pour l’étude de la formation si délicate dep cellules dont il vient d’être question, de solutions s’élevant à 28, 30, 32, 35 et 40 %• Dans d’autres circonstances, il est nécessaire d’employer des solutions plus faibles, comme nous le verrons pour certains tissus particuliers. Il est naturel, dans les recherches histologiques, d’employer la solution de potasse seule, et d’éviter avec grand soin tout usage de l’eau, car, sans ces précautions, on verrait promptement se manifester l’effet dissolvant propre aux solutions alcalines diluées.
Soude caustique.
On se sert, pour les solutions, de la masse blanche et fondue. On a fait beaucoup d’expériences sur l’effet des solutions de soude, et l’on a reconnu que, à l’état de concentration, elles n’avaient aucun avantage sur celles de potasse. Généralement, les solutions de soude caustique doivent être très-faibles et ne renfermer que les */ s à peu près de la quantité employée quand il s’agit de potasse caustique.
Ammoniaque liquide.
L’action de l’ammoniaque sur les tissus animaux est analogue à celle de la potasse et de la soude. L’ammoniaque est très-utile lorsqu’il s’agit de neutraliser un acide appliqué d’abord sur un tissu ; c’est également un excellent moyen pour dissoudre le carmin.
Eau de chaux.
Dans ces derniers temps, Rollet nous a fait connaître l’eau de chaux comme auxiliaire important pour l’étude des parties formées de tissu cellulaire, et, notamment,