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RÉACTIFS. SI

de côté et d’autre la lamelle sur la préparation. On obtient ainsi une couche liquide d’égale épaisseur, on multiplie les points d’adhérence entre les deux lames et on arrête les mouvements amiboïdes. Quand on observe des êtres vivants de faibles dimensions, (infusoires, algues), on place un morceau de papier ou un fil de soie entre les deux lames, pour ne pas exagérer la pression subie par l’objet; c’est aussi ce qu il faut éviter, quand on observe les mouvements des liquides dans les parties molles d’une plante. (Chevelu des racines de Ylîydvoclictvis movsus rance , poils de YUrticci urens, etc., etc.)

Les objets minces et transparents que la lumière ne traverse pas assez, seront rendus plus visibles par la coloration artificielle. Suivant leur structure, on emploie des solutions aqueuses étendues d’iode, d acide chromique, de chlorure ferrique. Pour préparer la solution d’iode, on mélange 1 à 2 gouttes de teinture d iode avec 150 gouttes d’eau environ, ou 150 gouttes du mélange indiqué plus haut et composé de : glycérine pure, 70; alcool, 15 ; eau, 15. Poui obtenir une coloration plus intense, on mélange de 2 à -4 gouttes de teinture d’iode avec 50 gouttes d eau et 50 gouttes d’alcool. Pour mieux étudier la structure des objets délicats et transparents, on fait macérer la préparation dans la solution de matière colorante d’après le procédé indiqué précédemment.

Conservation des Préparations. — fl est d an très haut intérêt pour le micrographe de conserver les préparations dans leur état naturel. Les précautions diffèrent, suivant la nature de l’objet à étudier, suivant l’expérience de l’opérateur. On ne peut donner que quelques éclaircissements généraux.

Bon nombre de préparations (précipités chimiques, carapaces siliceuses, cheveux, écailles de poisson ou d’insectes, fils de tissus, etc.) doivent être conservées sèches. On place sur l’objet une mince lame, que l’on fixe sur le porte-objet avec un morceau de papier coloré, troué au milieu pour montrer la préparation. On se sert aussi, pour recouvrir les deux lamelles, d’une solution concentrée de gomme arabique. Pour les faire adhérer plus complètement, on les presse l’une contre l’autre. Sur le papier, on écrit le nom de l’objet.

Quant aux détritus organiques assez humides pour donner lieu à la formation de moisissures, on les recouvre d’une goutte d un liquide contenant 1 paitie de térébenthine de Venise et 100 parties de térébenthine de Bordeaux. Quand la goutte s’est desséchée dans un endroit à l’abri de la poussière, on place le couvre-objet. et on colle. Beaucoup de préparations qui sont toujours saturées d humidité doivent être conservées dans un liquide qui, semblable aux liquides normaux, n’exerce aucune action

dissolvante et ne facilite pas la formation de moisissures. On emploie un liquide composé d’un peu d’acide phénique et d’une solution filtrée de chlorure de calcium dans de la glycérine, étendue de 5 ou 6 fois son poids d’eau. On peut encore se servir d’une solution de 1 partie de colle transparente dans 2 parties d’acide acétique étendu. Cette conservation au chlorure de calcium convient à la plupart des corps organisés (infusoires, mites, vers, substance cellulaire, cerveau, moelle, poils, écailles, etc.) et de plus à un grand nombre de substances végétales. Il ne faut cependant pas oublier que cette solution gonfle les grains de fécule et les rend plus transparents. Si l’on veut qu’ils gardent leur forme naturelle, on ne doit pas se servir de chlorure de calcium, mais de glycérine étendue (1er mélange).

Parmi les liquides destinés aux corps organisés qui subissent facilement la putréfaction, et qui demandent à être conservés humides, on peut citer les mélanges suivants :

Glycérine

Cri vfiftrîn p.

i nrt

Alcool

Alcool

Eau distillée

Eau distillée ....

Acide phénique . .

ni

Glycérine ....

Glycérin p

Eau distillée. . . .

Chlor. de calcium.

Sublimé corrosif . .

Eau distillée ....

Alcool . .

Glycérine

Chlor. de sodium . . .

Acétate d’alumine . . « Eau distillée

Glycérine

Eau distillée

Acide chlorhydrique .

Sublimé corrosif. . . .

Il faut ensuite clarifier ces divers mélanges en filtrant, laissant déposer en vase clos et décantant.

On laisse la préparation macérer plusieurs heures, plus longtemps même si c’est nécessaire, jusqu’à ce qu’elle soit imbibée. On la porte sur la platine, on y ajoute une goutte du mélange, additionné de la moitié de son poids d’alcool. On répète cette opéiation après l’évaporation du liquide, jusqu’à ce que la préparation paraisse suffisamment humectée. Les substances animales qui se putréfient facilement exigent le mélange II, par exemple ; les globules du sang, le mélange III ; les corps organisés colorés, le mélange Y ; les animaux microscopiques, les algues, le mélange IV ; la plupart des préparations végétales, les mélanges II et IV; les grains de fécule, le mélange I.

On ne doit pas employer la coloration par 1 acide chromique en même temps que les mélanges précédents 1 ; au contraire, l’acide chromique s accommode très bien de la solution aqueuse de chlorure de calcium. Pour colorer les grains de fécule, on se sert

1 En présence des composés organiques qui entrent dans les mélanges précités, l’acide chromique, oxydant très énergique, serait immédiatement îeduit.

de l’eau iodée ou d’une solution iodurée contenant 2 parties d’iode, 3 parties d’iodure de potassium, 70 parties de glycérine, 15 parties d’eau, 15 parties d’alcool.

Les liquides et les mélanges conservateurs pour les préparations microscopiques sont pour la plupart assez connus : Dane recommande un mélange de 4 parties de glycérine, 2 parties d’eau distillée, 1 partie de gélatine; Beale, un mélange de glycérine et de colle (chauffer le mélange avant de s’en servir). Farrants emploie parties égales de gomme arabique de glycérine et d’une solution aqueuse saturée d’acide arsénieux. On prépare le liquide de Goadby (corner* ving liquor ) avec : chlorure de sodium, 60 grammes ; alun, 30; sublimé corrosif, 0,13; eau distillée bouillie, 1300 ; on filtre : (excellente préparation). Pacini emploie deux liquides, le premier se compose de: sublimé corrosif, 1 partie; chlorure de sodium pur, 2 ; glycérine, 13 ; eau distillée 113 ; et le second de : sublimé corrosif, 1 ; acide acétique, 2 ; glycérine, 43 ; eau distillée, 215.

En outre, on conserve les préparations sèches (fragments d’insectes, spores, pollen) dans le baume de Canada, sorte de térébenthine que l’on peut remplacer par de la térébenthine de Venise limpide. Si cette matière est trop épaisse, on l’étend avec de l’essence de térébenthine jusqu’à consistance convenable.

La coloration des préparations est avantageuse à plusieurs points de vue; la matière colorante fait en effet ressortir les détails avec bien plus d’énergie. Les matières colorantes les plus employées sont : le carmin d’indigo en solution aqueuse, la rosaniline, la teinture de bois de Campêcbe. On dissout une partie de carmin d’indigo dans 100 parties d’eau distillée et 8 d’alcool, une partie de rosaniline dans un mélange de 100 parties d’alcool et de 100 parties d’eau. La teinture de bois de Campêche est préparée en faisant macérer 20 parties de bois de Campêcbe concassé dans 20 parties d’alcool et 30 d’eau. Chacune de ces solutions doit être liltrée au papier.

3 à 5 parties de ces solutions sont mélangées à 100 parties de l’un des 6 liquides conservateurs formulés plus haut. Avec le dernier mélange, on peut ramollir la préparation pour la porter sous la lamelle dans le liquide incolore. Pour colorer en noir le contour des objets, on humecte la préparation avec une solution de nitrate d’argent, (1 partie de nitrate d’argent pour 30 d’eau distillée). Après une demiheure à une heure de contact, on lave à 1 eau distillée et on porte la préparation sous le couvreobjet avec les liquides I ou IL Les liquides III et IV ne doivent pas être employés ici L

1 La présence de l’acide chlorhydrique ou des différents chlorures contenus dans les quatre derniers mélanges, interdit l’emploi simultané d’une solution argentique.

Voici comment on place le couvre-objet sur la préparation: avec une pince à ressort, on saisit la lamelle sèche et propre par un des coins, on l’enduit sur un espace de 2 à 3 millimètres à partir du bord et sur la (ace qui regarde l’objet avec un des vernis dont nous parlerons plus bas. On place ensuite le couvre-objet sur la préparation recouverte de la liqueur conservatrice, on saisit les deux lames entre le pouce et l’index de la main gauche sans les presser, on dessèche avec du papier buvard les bords du couvre-objet ainsi que les parties voisines; on étend ensuite au moyen d’un pinceau tout autour du bord externe des couvre- objets, une large couche du vernis J ou II, de façon à ce que le vernis soit moitié sur la lame et moitié sur la lamelle. Dès que la première couche est sèche, on en étend une seconde. Au bout de quelques heures, on en dispose une troisième. Enfin on en étend une dernière avec le vernis n° III. A chaque nouvelle couche, on dépasse de la largeur d’un fil la limite de la couche sèche. En maintes circonstances il est possible de placer l’objet dans un vernis agglutinatif, dont la transparence est particulièrement avantageuse. Il s’étend beaucoup plus loin dans l’intervalle des deux lamelles, et s’il déborde par pression, il se dessèche et se durcit bien vite. Le bord lui-même de la lamelle est recouvert d’un vernis analogue, auquel on a ajouté du noir, du

TECHNIQUE DÜ MICROSCOPE

vert ou du jaune de chrome, etc., etc. Cette composition se dessèche complètement ; on peut également

employer le vernis n° III, ou mieux encore le vernis universel (IV).

Pour disposer certaines préparations, il est très

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