CHAMPIGNON I) E LA VIGNE
du tubercule de la plante) et reproduisent un nouveau mycélium1.
Champignon de la Vigne. — V Oïdium Tuckeri s’attaque à la vigne. Il se présente pendant le premier stade de son développement sous forme d’une
c Filaments du Mycélium; c' Organes d’implantation ; a Cicinobolus (ou plutôt Conidie de l’Oïdium); b Cicinobolus formant un Mycélium et en Voie de Développement (gross. 400); d un Cicinobolus à un plus fort grossissement; e Spores.
fine poussière qui recouvre le sarment, les feuilles et les fruits de la vigne. Aux mêmes endroits il pro-
1 S’il nous était permis de sortir de notre rôle de traducteurs, ce serait le cas ici, à propos des parasites de la vigne de parler du Mildew ( Peronospora viticola, de Bary) et des diverses formes de l’Anthracnose [Phoma uvicola, Phoma vitis, etc.). Mais nous devons nous borner à renvoyer pour ces maladies aux études publiées par Dunal, J. E. Planchon, Millardet, Cornu, Prillieux, Farlow, Pirotta et autres.
Eig. 144. — Oïdium,
doit plus tard des taches brunâtres. Les raisins se rident et se dessèchent ; par un temps humide, ils se décomposent en une masse putride. On observe au microscope un mycélium qui perfore l’épiderme de la plante et, s’y fixant au moyen de suçoirs, en arrête le développement et en amène la rupture. A travers les crevasses du tissu, le mycélium envahit l’intérieur des grains et en provoque la putréfaction. Dans nos climats on voit ordinairement se dévelop-
mations globuleuses qui por- Fig. 145. — Fii de Lin. tent le nom de Cicinoboius
Grossi 30 fois. . . .
vertes d’une cuticule réticulée. Ces oogones tombent sur les branches et sur les fruits de la vigne, et donnent lieu à la formation d’un nouveau mycélium qui hiverne sur l’écorce du bois nouveau de la plante nourricière l.
1 L’auteur ne cite ni les spores ou conidies de l’oï dium qui sont le mode de reproduction le plus ordinaire du parasite , ni sa fructification la plus complète qui le constitue à l’e'tat d 'Erisyphe. Quant au Cicinoboius, d’après quelques auteurs, ce serait un champignon autonome, parasite de l’ oïdium. Dansla figure 144 (a) les conidies sont représentées sous forme de cellules en chapelet et nommées mal à propos-fruits de Cicinoboius.
per aux extrémités des filaments du mycélium, et à la place des sporanges, des for-
( oogone ), et qui sont recou-
tissus. 133
Tissus. — Poils. — Pour reconnaître et distinguer à l’aide du microscope les éléments d’un tissu, on le débarrasse par le lavage de toute espèce d’apprêt, on sépare les fils longitudinaux des fils transversaux et on les examine à part. On étend le fil avec une aiguille , on le mouille et on le porte sous le microscope.
Les fils de lin 1 sont cylindriques, peu ou pas ondulés , renflés çà et là et percés suivant leur axe d’un canal étroit, qui à un grossissement de 120 apparaît comme une simple ligne ténue. De loin en loin on observe des lignes obliques courant le long des fils et des canalicules formés par les parois amincies des cellules libériennes.
Suivant la préparation et le traitement qu’il a suivi, le fil de lin est glabre ou hérissé de poils.
Dans les tissus à la main, les fils sont ordinairement plus glabres que dans les
Fig. 147.
Fil de Lin (Tissu irlandais). p Canal.
Grossi 200 fois.
Fig. 146.
Fil de Lin. p Canal Grossi 200 fois.
1 Linum usitatissimicm L.
tissas faits à la machine. La solution d'iode et l’acide sulfurique gonflent les fils, les raccourcissent
et les colorent en bleu.
A un plus fort grossissement, on apercevrait des tours de spire bleuâtres.
Le fil de coton 1 appa-
Fig. 148. — Fils de Lin. tissés ra^ SOllS DlicrOSCOpe
à la Main et coupés à la Sur- sous forrne de ruban aplati
face. Gross. 200. t . ,
ou déprimé et enroule , la façon d’une vis ou d’un tire-bouchon, parfois
Fig. 149. — Fil de Coton.
Gross. 200.
ondulé ou froissé; on n’y trouve pas les canalicules du fil de lin, mais la surface est souvent sillonnée profondément; elle présente l’aspect d’un réseau tel qu’on
le voit seulement sur les parties les plus élargies du fil de lin. Le canal intracellulaire est plus ou moins étendu que dans le fil de lin ; suivant aussi que le fil de coton a été bien ou mal apprêté, il est plus ou moins glabre.
La coloration obtenue par la solution d’iode et
Fig. 150. — Fil de Coton.
Gross. 30.
1 Gossypium lierbaceum et autres .
tissus. 135
l’acide sulfurique ressemble à celle que l’on obtient pour le fil de lin.
La Ramie 1 (Jute) a un fil roide et rubanné comme celui du coton ; mais il n’est pas contourné comme lui en spirale. Les vacuoles intracellulaires sont obliques comme celles du fil de coton, mais moins étendues. La consistance générale est plus dure et plus roide. Ses extrémités sont plus coniques. La réaction produite parla solution d’iode et l’acide sulfurique est semblable à la réaction correspondante pour
les fils de lin , Fig< — Fil de c0t0rt réticulé. Gross. 200.
elle est seulement plus lente à cause des fibres ligneuses.
Le fil de chanvre2 est très long (0mm,01 à0mm,027). Les contours en sont irréguliers, les extrémités mousses arrondies, quelquefois bifurquées. A un
1 La Ramie, Bœlimeria utilis, est une plante sur laquelle on avait fondé de grandes espérances qui ne se sont guère réalisées. Les tissus qu’on obtient avec les fils de cette plante sont très beaux, mais offrent le grave inconvénient de devenir cassants par une exposition prolongée à la lumière.
2 Cannabis sativa L .
plus fort grossissement, le fil de chanvre laisse voir à sa surface des stries parallèles.
La soie est constituée par un double fil brillant épais, cylindrique, amorphe, sans cavité intérieure. La coupe transversale d’un fil de cocon offre des contours mousses. La soie teinte semble comprimée par places : elle présente quelques inégalités. D’ailleurs l’absence d’une vacuole intérieure différencie les fils de soie de ceux des autres tissus. Une dissolution de sucre additionnée d’acide sulfurique dissout la soie plus tôt que la laine en la colorant en rouge. La portion terminale qui plonge dans le liquide offre un contour arrondi et dentelé. Quand la dissolution est incomplète, on remarque quelquefois un fil longitudinal encore conservé qu’il ne faut pas confondre avec une vacuole centrale. C’est de la soie n’ayant pas encore subi de transformation. L’espèce de soie appelée Jama-may (produite par un bombyx chinois) offre une striation longitudinale très prononcée, et a sur une coupe transversale l’aspect d’une substance poreuse.
Le 'poil de laine est comme tous les autres poils