TISSUS
des mammifères (voir plus loin le paragraphe consacré aux poils). C’est un tube cylindrique recouvert de petites écailles imbriquées et offrant à un faible grossissement l’aspect de lignes tracées les unes à côté des autres. La solution de sucre avec l’acide sulfurique colore la laine en rouge. L’acide sulfurique et la solution d’iode ne la colorent jamais en bleu. Les fils de laine sont d’épaisseur diverse.
U Alpaga provient de la toison du lama qui porte ce nom en Amérique {Audi enia Paco). Cette laine est souvent teinte en noir ; sa structure est la même que celle de la laine de brebis. Dans la vacuole centrale, on trouve cependant quelques granulations foncées, isolées , comme on peut le voir sur les figures ci -jointes.
La laine de Mohair est fournie par la chèvre d’Angora originaire d’Asie Mineure. Le poil a la même structure que celui de la laine de brebis. 11 est facile de le distinguer de l’Alpaga.
La laine de Lama est un duvet très’doux, cou-
Fig. 153. — Fil de Chanvre tendu et bifurqué à l’Extrémité. — v Coupe transversale.
Gross. 200 fois.
leur cannelle, offrant à peu près la structure de la laine ordinaire. Généralement ce duvet est mélangé à des poils trois fois plus gros, noirs sous le microscope.
La Vigogne du commerce est un mélange de coton et de laine.
Les poils du lièvre se distinguent par leurs écailles obliques.
Pour les essais chimiques sur la composition des tissus, on se sert des trois solutions suivantes :
1° Une dissolution concentrée de chlorure de zinc saturée d’oxyde de zinc;
2° Une lessive de potasse ou de soude à 1J10 ;
3° Une dissolution d’oxyde de cuivre ammoniacal.
La soie est dissoute à froid, plus vite à chaud par l’oxychlorure de zinc, la laine par les alcalis, les fibres végétales par l’oxyde de cuivre ammoniacal.
Fig. 154.
Soio s et Laine w.
Gross. 400.
On reconnaît un mélange de
Fig. 155.
Laine w et Coton 6.
Gross. 30.
coton et de lin en plongeant les fils longitudinaux ou transversaux associés ou un fragment du tissu, d’abord dans une solution alcoolique de coralline
POILS
Fig. 156.
Soie s et Laine w.
Gross. 30.
jaune de commerce, puis dans une lessive concende carbonate de soude; on lave ensuite à grande eau. Le fil de lin se colore en rose, le coton ne se colore pas. Si l’on enflamme un fil dissocié et si on éteint la flamme, le fil de lin offre une extrémité lisse, le fil de coton au contraire se charbonne. Quand on tient le fil ou le tissu pendant deux minutes dans l’acide sulfurique et qu’on lave ensuite à grande eau, on trouve les fils de laine
intacts , les fils de soie se sont dissous.
Les Poils sont des organes allongés, minces, ^ élastiques, pri-
* vés de sensibilité, offrant une surface de section ronde, elliptique ou polygonale. Le substratum qui les constitue a beaucoup d’analogie au point de vue physique et chimique avec la corne. Le poil sort de la peau dans laquelle il est primitivement renfermé, en traversant
Fig. 157 à 161. — Alpaga, a et 6 gross. 100; c gross. 200; a et e Laine blanche ; b Laine noire.
un bourgeon charnu mou qui porte le nom d a bulbe pileux. On distingue dans un cheveu Ja substance corticale et la substance médullaire. La première apparaît d’abord pendant le développement de l’organe; l’autre ne naît que plus tard.
Les cheveux de la tète d’un fœtus avant terme n’ont ordinairement pas de substance médullaire. Si on fait la coupe longitudinale d’un cheveu, on distingue la racine implantée dans le derme très vasculaire en cet endroit et le corps du cheveu situé au-dessus de la peau.
La substance corticale montre à un fort grossissement trois couches: 1° une couche superficielle; 2° la substance corticale elle-même; 3° enfin une membrane limitante qui entoure la substance médullaire. La première couche est constituée par un épithélium écailleux à cellules imbriquées. La couche corticale externe est formée de lamelles cornées parallèles et couchées les unes sur les autres avec de longues vacuoles disséminées et anastomosées. La
Gross. 200
POILS
couche corticale interne, désignée sous le nom île membrane limitante, est aussi formée de fibres cornées, pressées les unes contre les autres, presque sans vacuoles, mais offrant çà et là des cellules pigmentaires.
Le cordon central se trouve au milieu d’un étui médullaire ; il renferme du pigment dans des espaces arrondis ou aplatis, analogues à des cellules. Il ne parcourt pas nécessairement tout le cheveu d’une extrémité à l’autre; il est souvent interrompu par des disques de substance corticale.
La couche superficielle laisse tomber par plaques son épithélium et le régénère ensuite. On observe alors au microscope des plaques rugueuses dues à la chute de cet épithélium.
Le développement a pour siège principal la partie située enlre la racine et le corps du cheveu, tandis que la pulpe de l’organe exsude la substance cornée, qui se transforme en substance pileuse; celle-ci pousse devant elle les parties supérieures. Aussi, sous l’influence d’une nutrition défectueuse, la partie inférieure du cheveu est-elle plus mince que l’autre mieux développée.
Dans certaines parties du corps de l’homme les
Fig. 164.
Poils de Lièvre.
Gross. 500.
Fig. 165, B Lin.
Fig. 166.
H Chanvre.
Fig. 167.
J Ramie.
Fig. 168.
B Coton.
Fig. 169.
S Soie.
Fig. 170.
A Alpaga.
Fig. 171.
E Laine électorale.
Fig. 172.
IF Laine de Brebis-
POILS
poils ne font que naître. Ailleurs ils atteignent une certaine longueur et ne croissent plus ; ainsi le duvet de la jeune fille, les poils de la face dorsale de la main chez l’homme.
Les coupes transversales des poils sont fort différentes et ne sont pas caractéristiques du genre. Chez un même individu un cheveu peut présenter une surface de section ronde, ovale, ou triangulaire. Ces formes dépendent de la disposition de l’ouverture cutanée à travers laquelle le cheveu s’est frayé sa voie.
Le pigment du cordon central et des espaces interfibrillaires de la moelle et de la substance corticale n’est qu’en partie l’origine de la couleur des cheveux. La coloration de la couche corticale influe bien davantage. La couche cornee est noire sur un cheveu noir, rouge sur un cheveu roux, brunâtre sui un brun, etc. La coloration foncée dépend de la couche graisseuse qui enveloppe le cheveu. Les coips gi as donnent en effet à toutes les couleurs une teinte plus sombre. La couleur à l’huile en est un exemple. Quand les cheveux commencent à blanchir, ce n’est donc pas le pigment qui disparaît tout d abord, c est la couche graisseuse qui diminue, c est aussi la couche corticale qui meurt, perd sa transparence et par suite ne laisse plus passer la lumière que comme au travers d’une trame très
line. Un cheveu blanc peut donc encore renfermer le pigment noir primitif dans l’intérieur du cordon central et des cellules de la moelle.
Le Dr Pfaff donne le tableau suivant de l’épaisseur moyenne des poils dans les différentes régions du corps humain :
Duvet du nourrisson 0mm,008 à 0mra,01
Duvet du bras d’une jeune tille .... 0 » 015 »
Duvet de la lèvre supérieure d’une
femme 0 » 018
Poils du bras chez l’homme 0 * 03 à 0mm,04
Cils chez l’homme 0 » 04
Poils du conduit auditif 0 » 045 »
Cheveux de femme 0 » 06
Poils de la main d’un homme 0 » 07 >■
Cheveux de l’homme 0 » 08 >»
Poils du nez de l’homme 0 » 08 »
Poils du pubis d’un homme 0 » 11
Poils des sourcils d’un homme 0 » 12
Poils de la barbe 0 » 13 à 0mm,14
Poils du pubis chez la femme 0 » 15
Poils des favoris 0 » 15
(Soies de cochon) 0 » 27
Ces données ne sont qu’approximatives; on observe bien des anomalies. Un cheveu d’homme peut très bien être plus fin qu’un cheveu de femme, etc.
Les cheveux de l’homme se distinguent de ceux de la femme par un bulbe plus épais. L’extrémité va s’amincissant d’autant plus, que le moment où les cheveux ont été coupés est plus éloigné. Un cheveu de
poils. 145
femme n’est ordinairement pas plus mince à son extrémité qu’à
■ sa racine ; souvent même il se bifurque plusieurs fois. Chez une vieille femme, quand les cheveux cessent de pousser, les extrémités de-
■ viennent de plus en plus minces. Les cheveux de la femme sont plutôt détruits que ceux de l’homme par la potasse caustique. Les
cheveux dont la coupe est elliptique frisent naturellement.
Les poils des sourcils sont lisses; la coupe en est ovale ou anguleuse ; ils sont effilés à leur extrémité.
Les cils ont des
bords plus tran-
Fig. 174. — Cheveux.
b Cheveu blond; c Cheveu blanc; d Cheveu en voie de dissociation. Gross. 500.
Fig. 173. — Cheveux.
a Coupé depuis 3 mois. Gross. 500.
chants. Leurs extrémités sont, pourvues de saillies
épineuses, dont la direction est celle du poil lui- même.
La racine est effilée, en forme de navet.
Les poils do la moustache offrent la même structure.
La racine en est seulement plus lisse et plus épaisse.
Les poils des favoris sont assez gros. On y observe un épiderme rugueux. La racine est plus épaisse que le corps du cheveu lui-même.
Chez les hommes dont la transpiration est fréquente et abondante, la couche superficielle offre des saillies sombres, punctiformes.
Fig. 17G. — Poils de Earbe. — br bruns; gr grisonnants. Gross. 500.
Fig. 175. — Cheveux de Femme brun foncé. Fragment de Moelle terminé en Pointe.
— a Pointe. Gross. 500.
porcs. 1 47
Les poils du nez (vibrisses) présentent ordinairement une surface rugueuse parsemée de papilles. La pointe en est effilée. La coupe longitudinale du bulbe offre la forme d’une guitare. Les poils fins de l'oreille sont analogues à ceux du nez. Ils sont un peu moins rugueux, et leur terminaison conique est plus accentuée.
Dans le creux de Vaisselle , les poils ne sortent pas peu à peu du bulbe : ils apparaissent brusquement et se dressent tout aussitôt. La partie inférieure, située immédiatement au-dessus de la racine, est d abord lisse; mais plus loin on la voit se couvrir de rugosités constituées par des plaques ou des papilles à la suite du ramollissement que la sueur et. le frottement font subir à la couche superficielle. L’extrémité en est conique, sans être effilée. Us sont ordinairement blonds.
Sur la poitrine, les poils ressemblent beaucoup aux précédents. Ils sont plus courts et ne sont pas toujours blonds. Le bulbe en est charnu et épais. Us se terminent en massue.
Les poils de la main chez l’homme offrent la même terminaison. L’extrémité est aussi épaisse, plus épaisse même que le reste du poil. La racine en est longue et grêle. Les poils du bras et de 1 avant-bras chez l’homme offrent la. même structure. Pourtant, à la suite du frottement des vêtements, ils se dissocient, à la pointe.
Aux extrémités des membres chez la femme, les
poils ne forment plus qu’un léger duvet.
Au pubis , la tendance à la frisure est caractéristique; sur une coupe on obtient une figure ovale ou elliptique. Le cordon central est émoussé; la couche superficielle offre des nodosités et des lamelles de substance cornée.
Chez l’homme, ces poils sont plus minces que chez la femme; chez celle-ci, la racine est plus épaisse ; chez l’homme, au contraire, elle est de la grosseur du poil. (Les poils du pubis de la femme sont, à cause du
Fig. 178. — Poils du Pubis imprégnés de
Sperme desséché.
Poil. Gross. 500.
aa Extrémité du
POILS
peu de profondeur de la racine, plus faciles à arracher.) Sur le Mont de Vénus, les poils se terminent en massue, en cône chez les jeunes filles. Les poils du scrotum ressemblent beaucoup à ceux du creux de l’aisselle ; ils ne sont cependant pas d’épaisseur égale dans toute leur longueur.
L’examen de la pointe d’un cheveu peut indiquer si ce cheveu a été coupé récemment ou depuis longtemps. Un» poil tombé naturellement a une racine lisse et arrondie ; s’il a été arraché, la racine est rugueuse, dentelée, hérissée de pointes.
Un poil arraché — Plique polonaise avec le
Parasite. Gross. 500.
offre sur la surface de rupture des débris de fibre cornés de différentes dimensions. Une surface de section est au contraire lisse, plane ou convexe.
Pendant la jeunesse, la racine des poils se dis- • sout plus facilement que dans un âge avancé, quand on la traite par la potasse caustique (Pfaff). La moelle du poil, chez l’adulte et le vieillard, est sou-
vent interrompue par des lamelles de substance
cornée.
Fig. 180. — Castor. — le Poils; a Extrémité d'un Poil de Duret. Gross. 300.
Dans les cas de viol, on peut retrouver sur les poils
Fig. 181. — Castor. Gros Poils. Gross. 300.
du pubis de la victime du sperme desséché, des spermatozoïdes, le tout souvent entremêlé de cristaux.
POILS. '151
La Plique polonaise (Plica poîonica), qui est en-
Fig. 1S2. — Duvet de Cliien de-; Prairies.
démique en Pologne, sur les bords de la Vistule, est l'analogue de la teigne. Ce phénomène morbide
Fig. 183. — Zibeline. Duvet à gauche.
est dù à l’agglutination des cheveux qui se feutrent.
Le cuir chevelu laisse alors suinter un mucus vis-
Fig. 184. — Loutre de Virginie. Duvet à gauche.
queux, secrété par les spores et les follicules d’un champignon spécial, le Triclioaphyton , ou Myco
Fig. 185. — Martre. Duvet à gauche.
derma plicœ polonicce.
poils. 153
Les poils des animaux offrent une structure essen-
Fig. 186. — Hamster. Duvet au milieu.
tiellement différente de ceux de l’homme. Les variations que présentent les poils d’un même animal,
Fig. 187. — Lapin. Duvet à gauche.
suivant la partie du corps à laquelle on les emprunte,
154 APPLICATIONS OU MICROSCOPE, oe sont pas moins importantes. Chez les animaux,
Fig. 18S. — Chat. Duvet à gauche.
on observe la coexistence en un même point des poils proprement dits, des cheveux et du duvet. Ce
Fig. 18!L — Bison. Duvet à gauche.
dernier est cent fois plus fin que le poil. Les figures