‹ Le Milieu BuccalChapitre 16 sur 22 · SALIVE TOTALE OU SALIVE MIXTE · texte numérisé non relu

SALIVE TOTALE OU SALIVE MIXTE

C’est la réunion des salives parotidienne, sousmaxillaire, sublinguale et des glandules buccales intrapariétales. La quantité de salive émise par un adulte normal est d'environ 800 à 1.500 centimètres cubes par 24 heures. Cette quantité est nota-

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blement diminuée dans les pyréxies, notamment la fièvre typhoïde, certaines affections gastriques, etc.; mais <lle est augmentée dans certains cas tels que

mastication, nausées précédent le vomissement, suppression des règles, certaines affections des centres nerveux, les névroses, les douleurs dentaires, les mer-

curiaux, les iodiques, l’éther, le jaborandi, etc. La:

sécrétion salivaire est continue, mais elle augmente au moment des repas sous l'influence d’excitations directes (compressions musculaires) ou réflexes. Ce sont surtout les glandes extra-pariétales qui sécrètent pendant Iles repas. Dans l'intervalle, ce sont les glandes intrapariétales. La densité peut aller de 1002

à 1009. Comme nous l’avons déjà mentionné, l’exci-

tation de certains nerfs, la corde du tympan par exemple, augmente la sécrétion salivaire ; et on a montré que lorsque la salivation augmente, la salive s’appauvrit en principes fixes ; donc diminution de densité. Elle présente une réaction très légèrement alcaline qu’on attribue à la présence d’une petite quantité de carbonates alcalins. D’après les expériences d'Arloing, un milieu acide résiste sensiblement moins bien à l’'inoculation d’une culture charkonneuse, qu’un milieu alcalin. Il semble donc que l’alcalinite de la salive soit une défense naturelle de la cavité buccale contre l'infection permanente causée par tous les microbes et parasites qui l’habitent, soit normalement, soit accidentellement. Quelques cas pathologiques peuvent en amener l’acidité, notamment : muguet, diabète, phtysie, ulcère et cancer de

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l'estomac. C’est un liquide incolore, inodore, insipide, opalin, spumeux, un peu filant. Elle tient en suspension des cellules épithéliales et des corpuscules muqueux renfermant eux-mêmes de fines granulations douéés d’un rapide moùvement. Sa composition

serait celle-ci suivant : Jacubowitsch BRUT Le AO EL ARR SAEN 995 pour 1.000 Hétu see L 25 PER SENS 5 pour 1.000 Ptyaline et albumines (mucus)..... 2,09 Corps gras «et extractif alcoolique... traces Sulfocyanate de potassium......... 0,07 Chlorures de sodium et de potassium 0,84 Phosphate de soude................ 0,94 Sulfate de soude.................. traces Chaux et magnésie................ 0,04

et suivant : Hamerbacher Rail RO ME AUS EMA DNTNRE 994,20 Piyaline oise tente Re ere 1,30 Mucine : et .épithéliums........:...., 2,20 Sulfocyanate. ......... FRET RS 0,04 Chiorüres alcalins) or Se ù Phosphate sodique ................ | 2,20

Sels de calcium et de magnésium...

De plus, on lui a trouvé un pouvoir oxydant positif el quelques millièmes en volume d'oxygène et d'azote, et 15 à 20 centimètres cubes de gaz carbonique pour 100 centimètres cubes de salive. bia

La matière la plus importante de la salive est la

ptyaline, ainsi nommée par Berzelius, et étudiée em

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1845, sous le nom de diastase salivaire par Mialhe., On n'est pas certain qu'elle prenne naissance à même les glandes; peut-être même est-ce un produit de sécrétion de microbes buccaux (Duclaux). Elle peut sachariïfier l’amidon cuit. C’est une action diastasique suspendue à basse température, accélérée aux températures voisines de 40 degrés, et que l’ébullition détruit, sans que la réaction et la composition chi- mique du liquide soient modifiées d’une façon sensible. Le pouvoir amylolitique de la salive mixte humaine est très prononcé ; et toutes les sécrétions salivaires de l’homme, à tout âge, peuvent produire plus ou moins énergiquement la transformation de l'amidon.

La mucine, provenant surtout de la glande sousmaxillaire, peut, dans certains cas, se décomposer en une substance albumineuse et en divers corps, parmi lesquels on a trouvé un hydrocarbone monosubstitué, réduisant la liqueur de Fehling : la glycosamine.

Quant aux sulfocyanures alcalins, signalés la première fois par Treviranus, leur présence a été longtemps discutée. Berzelius, Claude Bernard lui attribuaïent une origine pathologique, les pensant dus à la carie dentaire. Cependant on a tendance à croire actuellement que leur quantité quelquefois est si faible, qu’il est difficile de mettre en évidence leur existence par une réaction colorée. On a pu en constater une plus grande quantité dans la salive des fumeurs (0,012 %) que dans celle des non-fumeurs (0,004 %). Y a-t-il un rapport entre ces excès de sulfo-

cyanures et les lésions buccales attribuées au tabac ? Est-ce une réaction de défense ? Ce serait remettre en cause le pouvoir bactéricide du sulfocyanure. Hugenschmidt, après une série d'expériences avec des solutions à divers titres de sulfocyanure, conclut : « Ces expériences répétées avec des solutions de 0,96 pour 1.000 et de 0,20 pour 1.000, ont donné le même résultat négatif. L'action du sulfocyanure de potassium dans la salive comme antiseptique salivaire est donc des plus contestables, pour ne pas dire absolument nulle,

et ne joue aucun rôle bactéricide, » Mais ce sont des :

expériences réalisées « in vitro ».

On peut rencontrer parfois des acides dans la salive, acides paraissant dûs, soit à des fermentations locales qui se font dans la cavité buccale même, soit pouvant être amenées par la salive qui les puise dans la circulation : ce qui indiquerait des troubles de la nutrition générale. Enfin normalement on peut en trouver des traces, dues à la transformation des amylacés en glycose (acide lactique, butyrique, acétique et exalique). D'ailleurs, la salive normalement neutralise l'acidité, « maïs dans certains états », dit Rappin « dans ces pyréxies intenses, toutes les sécrétions étant diminuées, on comprend que la neutralisation des acides produits sans cesse dans la bouche par les fermentations n’est plus opérée qu’imparfaitement par la petite quantité de salive qui coule encore ».

Nous avons déjà vu que l’alcalinité de la salive constitue pour elle un moyen de défense, Mais il doit y avoir d’autres modes de défense, si l’on en juge par

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la rareté de l'infection des solutions de continuité buccales, la rapide cicatrisation des plaies opératoires ou accidentelles. On a constaté ce pouvoir bienfaisant de la salive, sans en connaître le mécanisme. D'après de récents travaux, on a pu envisager le rôle de la salive dans la défense de la cavité bucco-pharyngée sous trois angles : mécanique, bactéricide «et chimiotaxique.

1° RÔLE MÉCANIQUE. --- La salive se déverse dans la cavité buccale et baigne tous les éléments qu’elle rencontre. Au moment de la déglutition elle entraîne vers l'estomac les micro-organismes +«t les débris alimentaires, qu’elle dilue, empêchant par là la stagnation et par conséquent la fermentation, Elle est aidée par l’action de, la langue, des lèvres et des joues; la première, en s’insinuant, chasse les débris accumulés dans les interstices dentaires; les dernières, par la succion, en faisant le vide, attirent les débris cachés dans les anfractuosités.

2° RÔLE BACTÉRICIDE. — Sanarelli qui, le premier, avait fait des expériences sur ce sujet, avait conclu que la salive présente un terrain défavorable à certains micro-organismes dont la virulence est détruite cu tout au moins diminuée. Mais Hugenschmidt, dans des expériences plus récentes, réfuta ce rôle, bactéricide. De ces expériences minutieuses il conclut : « L'action bactéricide de la salive nous paraît des plus problématiques. Nous n’avons jamais pu la constater d’une façon bien évidente sur aucun des microbes

en un

employés. Dans des cas nombreux, les microbes introduits dans la salive poussent rapidement, de sorte que leur nombre, au bout d’un temps très court, devient notablen:ent plus considérable. Parfois, il y a au début une certaine lenteur de croissance, ou même on constate la destruction de certains microbes ensemencés, mais il faut se rappeler que le simple passage des microbes d’un milieu à un autre peut amener la destruction partielle de ces microbes. »

3° ACTION CHIMIOTAXIQUE. — Poussant plus loïn ses recherches, Hugenschmidt arrive à nous expliquer l'immunité relative de la cavité buccale par une action chimiotaxique positive de la salive, et fait intervenir la fonction phagocytaire. La salive normale, grâce à

ses différents composants, exciterait l'appareil Iym-

phoïde et déterminerait une diapédèse intense. En effet, l'examen microscopique de la salive normale nous révèle la présence de cellules épithéliales et de corpuscules lymphatiques. Il existerait donc dans la cavité bucco-pharyngée une leucocytose physiologique. Or, il existe des substances qui activent la leucocytose, d’autres qui la diminuent ou même l’arrêtent : c'est la chimiotaxie (Pfeiffer) ou le tropho-

tropisme (Stahl). Les premières ont un pouvoir chimiotaxique positif, les autres un pouvoir chimio-.

taxique mégatif. Hugenschmidt a démontré que la salive non filtrée, c'est-à-dire en possession de tous les micro-organismes buccaux, de toutes leurs sécrétions, de tous ses composants, a un pouvoir chimio-

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taxique positif, tandis que la salive filtrée n’a que peu ou pas d'action. |

La salive a donc un rôle indiscutable dans la défense de la cavité bucco-pharyngée, et c'est elle surtout qui contribue au maintien de l'équilibre biologique du milieu buccal, en résistant et en annihilant l’attaque des nombreux microbes et parasites, ses hôtes habituels.

POLYMICROBISME BUCCAL

Le nombre des micro-organismes qu’on peut rencontrer dans la bouche, porte d’entrée du tube digestif, souvent nommé « le paradis des microbes », est considérable. David, au commencement de son travail sur les microbes buccaux, dit : « Leur présence ne doit pas nous étonner, si l’on songe que chaque bouffée d'air inspiré, chaque gorgée de liquide, chaque bouchée de solide déglutie laissent sur la muqueuse une partie des microbes qu'ils contiennent. Leur nombre ne doit pas nous surprendre, si l’on réfléchit que les microorganismes laissés dans la bouche trouvent dans cette cavité toutes les conditions favorables à leur multiplication : chaleur constante à 38 degrés environ, humidité, cantonnement et colonisation facile dans la sertissure des dents, le tartre, les cryptes amygdaliennes et un milieu nutritif. » Bouchard ajoute : « La desquamation incessante de l’épithélium buccal accumule autour des dents une masse de matière morte, proie prédestinée aux microbes. »

Mais tous ces microbes, lorsque le milieu buccal

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possède son équilibre biologique, ne Sont pas nocifs Pour leur hôte et n’ont aucune action sur les dents, d’abord à cause des Mouvements dé mastication et de déglutition qui les délogent et les entraînent (rôle mécanique), puis par réaction alcaline de la salive neutralisant les fermentations acides et son pouvoir chimiotaxique sur les phagocytes (rôle chimique), enfin par concurrence vitale (rôle biologique).

On a divisé les microbes trouvés dans la cavité bucco-pharyngée en microbes pathogènes et en microbes non pathogènes. On a montré dans ces dernières années l’inutilité de cette distinction et que nombre de microbes, sans conséquences pathologiques dans des conditions déterminées, peut être un agent causal de maladie en d’autres milieux. Dans le Cas qui nous intéresse, leur virulence, leur nocivité sera sous la dépendance de l'équilibre biologique du milieu buccal.

Voici les microbes rencontrés le plus : fréquemment dans la cavité buccale, avec leur description sommaire,

PNEUMOCOQUE. — Isolé par Pasteur en 1881, il a été considéré par Talamon comme le microbe de la pneumonie, et étudié par Fraenkel en 1884. Il existe d’une façon constante dans la cavité bucco-pharyngée, ainsi que l’ont démontré en 1898 une série de travaux (Besançon et Griffon). D’autres auteurs, par contre ! (Fraenkel, Biondi, Wolf, Netter) le trouvent dans la proportion de 15 à 20 % des sujets examinés n'ayant

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jamais eu de pneumonie. D’autres encore (Goldenberg) l'ont trouvé dans 50 % des salives normales. C'est un diplocoque lancéolé encapsulé, restant coloré par la méthode de Gram, qui est l’agent causal de la pheumonie, mais pouvant l'être aussi de pleurésies, endocardites, méningites, angines, etc.

PNEUMOBACILLE DE FRIEDLANDER. —— Décrit en 1882 par Friedlander, son importance a été bien mise en valeur par Etienne. Von Besser, et surtout Netter, l’ont trouvé dans 5 % des cas dans la salive de sujets sains; d’autres l’ont trouvé associé au pneumocoque dans plus de la moitié des cas (Besançon et Griffon). Il est essentiellement polymorphe et se trouve dans la bouche sous forme de coccobacilles, le plus souvent groupés par deux et présentant une capsule beaucoup plus volumineuse que celle du pneumocoque. Il ne prend pas le Gram. C’est un facteur important d’affections broncho-pulmonaires, ypleurésies, septicémies, stomatite aphteuse (Bernabei), angines à caractère spécial (Nicolle et Hébert), otites (Zanfall).

MÉNINGOCOQUE DE WEICHSELBAUM. -— Il se présente sous la forme d’un diplocoque en grain de café, se décolorant par la méthode de Gram. Il pousse difficilement sur les milieux usuels. Il se trouve quelquefois dans la bouche, mais surtout dans le rhinopharynx. C’est l’agent de la méningite cérébro-spinale épidémique.

MICROCOCCUS CATARRHALIS. — Il ressemble mor-

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pholôgiquement au méningocoque de Weichselbaum. Sa présence fréquente dans les exsudats rhinopharyngés est une cause d’erreur pour la seule appréciation du point de vue morphologique. La différenciation se fait par les cultures.

STREPTOCOQUES. — Découvert par Ogatrom en 1881 dans le pus des abcès, il a été étudié et décrit par Rosenbach, Krause et Passet : « C’est avant tout un commensal de notre surface cutanée et de nos cavités muqueuses » (Besançon.) C’est le parasite principal de la ‘bouche; on l'y trouve d’une façon constante ainsi que dans la salive (Besançon et Widal). Il apparaît en général sous forme de cocci en chaînettes, immobiles, non eéncapsulés et prenant le Gram. On en a décrit de nombreuses espèces, et la question se pose de savoir si ces espèces sont irréductibles, ou si ce sont divers échantillons d’une même espèce différenciée par une adaptation particulière à un milieu différent. On a essayé de baser des classifications sur les caractères morphologiques et sur l’aspect des cultures (Lingelshéim, Kurth, Marot et Veillon) sur les caractères biochimiques; sur l’action préventive du sérum et sur l'agglutination. Quoi qu’il en soit, le Professeur Besançon conclut : « Qu'il n’y a qu’une seule espèce de streptocoque chez l’homme, mais une infinité de races où de variétés, autant pour ainsi dire qu'il y a d'individus, chaque échantillon acquérant du fait de son séjour dans l’être qui l’héberge une sorte d’individualité, » C’est l’agent causal avant tout de l'érysi-

MS TN pèle, de la fièvre puerpérale, de nombreuses suppurations, des angines rouges, des angines pultacées, d’angines pseudo-membraneuses non diphtériques. Il est souvent associé au bacille de Lôffler dans certaines formes d’angines diphtériques. En outre, il peut donuer des infections secondaires dans les maladies infectieuses des phlegmons diffus, de l'ecthyma, de limpetigo, des infections broncho-pulmonaires, cardiaques, osseuses, etc.

STAPHYLOCOQUES. — Ogstrom les décrivit pour la première fois en 1881, les ayant observé dans le pus. d’abcès. Ils furent cultivés par Pasteur, mais surtout étudiés par Rosenbach, Passet, Rodet et J. Courmont. Il habite ordinairement les muqueuses, particulièrement la cavité bucco-pharyngée, ou la preuve de sa présence fut donnée par Fraenkel, Biondi et Vignal. On en décrit trois variétés : Le Staphylococcus pyogenes aureus, le staphylococcus pyogenes albus et le Slaphylococcus pyogenes citreus. C’est au staphylococcus pyogenes aureus (nommé encore Staphylocoque doré et micrococcus ostéomyelitis) qu'on a attribué la plus grande part dans la formation du pus. Cette classification se base sur la couleur des cultures sur gélose. Il semble que là encore, comme pour le streptocoque, ces diverses espèces ne soient que les différentes apparences revêtues par un même microbe. On a dit, en effet, que le pouvoir chromogène de ces cultures était fragile; Rodet et Courmont ont transformé le staphylocoque doré «en Staphylocoque blanc, et la

transformation inverse fut obtenue par Netter. Ce sont des cocci à Gram positif, groupés «en amas ou grappes, facilement colorables. On le rencontre dans les abcès buccaux et péri-buccaux, dans l’ostéomyélite des mâchoires et en général de tous les os, dans les furoncles, les anthrax, les parotidites, les amygdalites, comme cause fréquente d'infection secondaire, etc.

BACILLE DIPHTÉRIQUE. — Le bacille diphtérique a été découvert en 1883 par Klebs, et fut étudié en 1884 par Lôffler. La toxine fut isolée par Roux et Yersin, et c’est des travaux de Behring, Kitasato, Roux et Martin que naquit la sérothérapie antidiphtérique. On peut le rencontrer à l’état normal dans la cavité bucco-pharyngée; c'est ainsi. que Lôffler l’étudie dans la salive d’un enfant bien portant. Mais on le rencontre surtout après la diphtérie, longtemps après la guérison. Il agit par sa toxine et son association avec le streptocoque aggrave le pronostic de l'affection. C’est un bâtonnet immobile, rectiligne, se colorant par la méthode de Gram et renfermant les corpuscules métachromatiques de Babès. On le classe suivant ses dimensions en bacille court, moyen et long. Lôffler a rencontré dans la cavité buccale un bacille de mêmes caractères morphologiques que le bacille diphtérique.et qu’il a nommé pseudo-diphtérique. On « pu penser que ce n'était qu’une forme atténuée et dégénérée du bacille diphtérique.

BaciLLE DE KocH. — Du nom de Koch qui le décou-

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vrit en 1882. Il se trouve rarement dans la cavité bucco-pharyngée de sujets sains, maïs surtout dans

celle de personnes atteintes de tuberculose des voies

respiratoires et éliminant des bacilles par expectoration, bacilles qui alors peuvent donner des lésions ulcératives ou gommeuses buccales. Il se présente sous la

forme de fins bâtonnets, filiformes, acido-résistants,

d’une vitalité considérable, capables de résister à la dessication dans les poussières, et de réinfecter par inhalation un organisme sain. Nous la retrouverons dans le chapitre des parasites végétaux où le rangent un certain nombre d'auteurs.

MICROCOCCUS TETRAGENES SEPTICUS. — Signalé par

Koch en 1881, il fut étudié par Gaffky. Longtemps

considéré comme saprophyte banal, on le range maintenant dans le groupe des microbes pyogènes. Souvent associé au bacille de Koch dans les crachats tuberculeux et dans les parois des cavernes pulmonaires, on le trouve aussi dans l’air et surtout dans la cavité bucco-pharyngée, et il s’est rencontré dans le mucus nasal et même les matières fécales. Il se présente sous l'aspect de cocci groupés en général en tétrades ou en mérista, entourés d’une volumineuse capsule. Il se colore par la méthode de Gram. C’est l'agent de diverses suppurations péri-buccales, abcès de l'angle de la mâchoire, abcès d’origine dentaire, certaines angines, angines sableuses (Apert), abcès au cerveau (Besançon et Lepage), et septicémie.

BACILLE FUSIFORME, — Il fut trouvé et décrit par

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Vincent en 1896, dans la pourriture d'hôpital. C’est un hôte normal de la cavité bucco-pharyngée, mais ne sy rencontre qu'en petite quantité. Il se présente sous l’aspect d’un bacille en forme de fuseau avec une partie moyenne renflée et des extrémités nettement amincies. Son polymorphisme est assez marqué, on le trouve tantôt rectiligne, tantôt incurvé en faulx; on peut le rencontrer aussi sous forme de diplobacille (les bacilles se touchant par leur extrémité effilée ou disposés en accents circonflexes). Il re prend pas le Gram. C’est l'agent de certaines angines soit ressemblant à la diphtérie (forme pseudo-membraneuse d'iphtéroïde), soit ulcéreuse : mais il n’est pas spécifique de l’angine ulcéreuse. « Toutes les fois, dit le Professeur Letulle, qu'existe une ulcération tenace, grisâtre, pulpeuse, putrilagineuse ou membraniforme, qu’elle soit syphilitique, tuberculeuse. ou cancéreuse, on trouve en grande quantité bacilles fusiformes et spirilles. » C’est aussi l'agent de la pourriture d'hôpital et de certaines sto- matites ulcéro-membraneuses. :

En dehors de ces microbes qu’on rencontre dans la salive normale, on peut encore citer les suivants trouvés dans diverses affections : le bacillus coli communis, que certains auteurs pensent n'être qu'une forme atténuée du bacillus typhosus d'Eberth ; le bacille de Pfeiffer et le diplo-streptobacille dans la salive des sujets atteints de grippe. Dans une grippe grave, Roux a rencontré le bacille pyocyanique; enfin

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accidentellement le bacille de Nicolaïer, le bacillus seplicus où vibrion septique de Pasteur.

Maintenant, nous allons passer en revue les microbes dits non pathogènes. Leur nombre en est considérable, ou du moins paraît considérable si on s'en rapporte à leur simple énumération. En effet, on s’aperçoit que souvent le même microbe «est décrit sous des noms différents par divers auteurs. D’ailleurs, certains tendent à admettre actuellement que la plupart des micro-organismes ne sont que des variations d’une même race. « Quant à moi, dit le Docteur Lebedinsky, je crois que la plupart de ces micro-organismes ont une origine commune et que les différentes variétés qu'on décrit ne sont prohablement que des différenciations d'une même espèce... Si chacun de ces saprophytes a droit à son autonomie propre, il reste à croire que ces différentes autonomies appartiennent à une même famille dont la fonction biologique est partagée en proportions diverses parmi ses membres. » Ainsi Vincentini dit avoir découvert dans la bouche un micro-organisme, le leptothrix racemosa, dont la plupart des microorganism®s buccaux seraient dérivés. On avait déjà dit aussi que les espèces de bactéries n'étaient pas fixes, c’est l'opinion de Naegeli dans une phrase souvent citée : « Si mon opinion est vraie, la même espèce prend dans le cours des générations des formes morphologiques et physiologiques différentes, de façon à pouvoir avec le temps produire, tantôt l’acidité du lait, la fermentation acide de la “ai

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croute, la fermentation du vin, la putréfaction des substances amyloïdes ou la coloration rouge des aliments amylacés, tantôt la fièvre typhoiïde, le choléra, ou la fièvre intermittente. » Mais cette opinion exposée sous cette dernière forme a été vivement combattue, surtout par Gaffky et Winogradsky, qui prouva que la théorie de Naegeli ne reposait sur aucune expérience sérieuse, et que s’il observait si facilement le pléomorphisme des bactéries, c’est parce qu'il ne se servait pas de cultures pures. Néanmoins, il faut admettre pour un microbe donné une série de transformations déterminées dans des conditions précises, ainsi qu’en témoignent les expériences de Guignard et Charrin sur le bacille pyocyanique, les transformations du coccobacille du choléra des poules, des vibrions cholériques (Metchnikoff), de l'entérocoque (Thiercelin, Schazarin, Wetzel). Le plus souvent, d’ailleurs, ces transformations ne sont que passagères, et Guignard et Charrin ont montré qu’il suffit de transporter la bactérie modifiée dans sa forme dans le milieu nutritif primordial pour qu'elle revienne au type primitif; et Charrin conclut : « qu’il faut accorder aux bactéries un certain plasticité morphologique qui leur fait prendre des aspects divers suivant les milieux. Au point de vue pratique, le polymorphisme doit mettre en garde contre des déterminations* spécifiques basées sur une connaissance incomplète de la morphologie ».

Ces microbes dits non pathogènes ont un rôle physiologique «et biologique dans la digestion bucco-

AP ALES gastro-intestinale, soit dans la peptonisation des albumines, soit dans la transformation de la, cellulose. et des amylacés, Enfin ils produisent des fermentations

avec production d'acide lactique, butyrique, etc., qui:

attaquent l’émail des dents et. ouvrent des portes d'entrée aux microbes. De plus, comme nous l'avons vu, le rôle chimio-taxique de la salive est plus puissant lorsqu'on expérimente avec de la salive non filtrée; ces saprophytes ajoutent donc aussi leurs sécrétions. Ils peuvent aussi, lorsque l'équilibre biologique

est rompu, et que l’action phagocytaire des leuco-.

cytes est moindre, se pathogéniser et produire des lésions soit locales, soit à distance.

Voici quelques-uns des principaux :

LEPTOTHRIX BUCCALIS. C’est le plus anciennement connu. [I a été signalé pour la première fois par Lœuwenhock en 1683. Zopf et Miller le retrouvèrent sur dés dents de momies égyptiennes. Il se présente sous forme de longs filaments qu’on rencontre surtout dans lenduit blanchâtre qui recouvre la langue et le collet des dents, dans les débris qui remplissent les cavités des caries dentaires. On est arrivé à isoler de nouvelles espèces de Leptothrix, dont le leptothrix racemosa, qui se trouve dans les interstices dentaires, au collet des dents, sous l’aspect de touffes blanchâtres. |

BAGILLUS SUBTILIS OU bacille du foin. Il est très

répandu dans, l’eau, l'air, les poussières, la surface. .

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