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Est-il besoin de dire que depuis six ans l'ancien garçon de ferme avait eu grand soin de ne pas négliger la tante Marie, la tante à héritage ?
Très insinuant, sachant admirablement dissimuler sa fausseté sous des airs de simplicité et de bonhomie, le paysan madré avait réussi à capter entièrement la confance de la riche boutiquière.
En ayant l'air de ne s'occuper que des intérêts et de la tranquillité de la veuve, c'était surtout à ses propres intérêts que songeait Mathurin. Depuis son mariage et mème avant il avait son plan dans la tête,
Par testament, les époux Martin s'étaient tout donné au dernier survivant et sans aucune réserve.
Or, pendant qu’à Paris la veuve vendait son fonds de commerce et convertissait toute sa fortune en rentes sur l’État et en bonnes valeurs mobilières, Mathurin, à Aubécourt, achetait, au nom de sa tante, une maison qui eut, après une res-
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tauration rapidement faite, toute l’apparence d’une habitation bourgeoise.
La veuve avait son neveu Raclot en très haute estime.
Lui seul était intelligent, lui seul avait le sens vrai des affaires; tout ce qu’il disait était bien dit; dans n'importe quel cas on pouvait s’en rapporter à lui absolument; enfin, pour elle, Mathurin était un oracle.
M'e Martin était prête à quitter Paris lorsque Mathurin lui écrivit :
« Vous pouvez venir. »
Elle s’en alla vivre à Aubécourt, oubliant ou voulant oublier qu’elle laissait à Paris un frère qui, bientôt, ne pourrait plus tra:
vailler, et des neveux et des nièces qui étaient souvent aux prises avec la misère.
Dans le fond, cependant, la parvenue n’était ni une mauvaise femme, ni une femme sans cœur. Maintes fois, elle était.
venue en aide à son frère; peut-être celui-ci avait-il un peu abusé; toutefois, la sœur ne pouvait dire que trop de
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