PRE
ET à
ag re
sg
Sous prétexte de leur faire visiter ses fermes, de leur montrer ses grands clos où il y avait deux cents bœufs dans l'herbe, il voulait les faire voir aux habitants de dla commune ; aussi les fit-il passer et repasser dans la grande rue d’Aubécourt où la rosette rouge que M. de Santenay avait à sa boutonnière devait pro-
duire son effet.
Ah! c'eût été . mieux encore si Île * général était venu avec son brillant
uniforme !
Le lendemain, après le déjeuner, pendant que Georges et les deux jeunes filles faisaient dans le parc
DARARRR ADR RDS De R DD D ee Sr 2 SE
un tour de promenade, M. de Santenay, resté seul avec M. Raclot, jugea que le moment était venu de tenir la promesse qu’il avait faite à son fils, c’est-à-dire de parler à M. Raclot de l’amour réciproque de Marthe et de Georges.
— Cher monsieur Raclot, dit-il, vous savez que mon fils est ingénieur des ponts et chaussées ; ce n'est pas à moi, son père, de vanter les mérites de Georges ; mais je puis vousdire que, dans quelques années, il sera ingénieur en chef.
— Une belle position, monsieur le général, fit Raclot.
— Eh bien, Monsieur Raclot, je vais vous apprendre une chose qui, je l'espère, ne vous çcausera aucun déplaisir.
Le paysan eut un mouvement brusque et tendit ses deux oreilles.
— Mon fils, poursuivit M. de Santenay, aime mademoiselle votre fille, et il s’estimerait le plus heureux des hommes si vous vouliez l’agréer comme votre futur genire. |
eee
DC TT STE Rp ET
me me CT
Mathurin Raclot resta un moment abasourdi et muet de surprise. Il ne lui était pas encore venu à la pensée qu'il aurait un jour à marier sa fille et, parconséquent, à lui donner près de la moitié de sa fortune en lui rendant ses comptes de tutelle.
— Pardon, monsieur le général, balbutia-t-il, ce que vous venez de me dire... je suis sous le coup d’une surprise... je m'attendais si peu... Ainsi, M. Georges de Santenay aime ma fille ?
Je n’en reviens pas. Un si grand honneur pour elle... et pour moi, qui ne suis qu'un pauvre paysan !... Mais voilà, je crois bien que ma fille ne songe pas le moins du monde à se marier.
Vous devez comprendre, monsieur le général, que je ne suis point pressé de me séparer de Marthe: je n'ai qu'elle d'enfant. Et puis, et puis... Eh bien, oui, je ne comprends le mariage, moi, que si l’on s'aime des deux côtés.
— Votre manière de voir est absolu-
PS
RS
ment semblable à la mienne, monsieur Raclot.
— À la bonne heure.
— Nous allons donc facilement tomber d'accord.
— Comment cela ?
— C'est tout simple : — Georges de Santenay aime Mie Marthe Raclot, et M'e Marthe aime Georges de Santenay.
Mathurin Raclot ouvrit de grands veux effarés. Son front s'était subitement assombri.
— Eh bien, cher monsieur, ajouta le général, nous n'avons plus qu'à nous unir pour faire vite deux heureux.
Un double éclair sillonna le regard du paysan.
— Ah ça! dit-il avec raideur et un accent singulier, vous me croyez donc bien riche ?
Cette question était une injure grossière.
M. de Santenay fronça les sourcils et le rouge monta à son front. Toutefois il
AN
se contint, il savait à quel homme il avait affaire.
— Monsieur Raclot, répondit-il avec beaucoup de calme, mon fils pas plus que moi ne s'est préoccupé de savoir si vous aviez plus ou moins de fortune et si, en la mariant, vous donneriez une dot quelconque à votre fille.
Nous estimons tous deux que la question d'argent ne doit être que très secondaire dans le mariage ; il n'y a donc, chez nous, aucun calcul d'intérêts matériels, et je n'ai en vue, dans la démarche que je fais pres de vous, quele bonheur d’une jeune fille et d’un jeune homme qui s’aiment.
— Hum! hum! fit le père Raclot.
— Mon fils, poursuivit le vieux soldat, ne voit et ne veut voir dans M'e Marthe que ses précieuses qualités et, n'eût-elle pas un sou vaillant, qu'elle n’en aurait pas moins de mérite à ses yeux et aux miens.
— Alors, monsieur le général, inter-
rogea le paysan, qui commençait à se dérider, nous laissons absolument de côté la question de la dot.
Raclot ébaucha un sourire.
— Je n'ai pas à vous cacher, continua M. de Santenay, que je suis à peu près sans tortune; mon fils n'a donc pas le droit de se montrer exigeant; je dois vous dire, cependant, que Georges a unetante, du côté de sa mère, qui lui donnera, au moment de son mariage, deux cent mille francs.
— Ah!ah!fitle père Raclot.
— Avec la rente de ce capital, augmentée de ses honoraires, mon fils a le
droit de se marier selon son cœur sans avoir la crainte de voir la gêne entrer dans son ménage. Si vous ajoutez à cela que Georges aime, adore M'e Marthe, vous trouverez suffisante, je l’espèré, la
DRRR ARS RDA DDR ARR ADD RAR D ne.
garantie que je vous offre du bonheur de mademoiselle votre fille.
Raclot avait repris peu à peu sa physionomie de bon et honnête paysan. Du moment qu'on ne lui parlait pas de rendre des comptes à sa fille, que même on ne demandait pas une dot, ça lui était parfaitement égal de la marier. D’ailieurs, un peu plus tôt, un peu plus tard, il fallait en venir là. Il n'avait pas à attendre, attendu que plus tard il pourrait se trouver en face de gens moins désintéressés que M. de Santenay et son fils.
— Ah! général, général, répondit:il, feignant d’être ému, quel diable d'homme vous êtes! Vrai, vous m'avez mis tout sens dessus dessous. Voyez-vous, je ne m'attendais pas du tout, mais pas du tout à cette chose-là.
Ainsi, ma fille aime M. Georges de Santenay ! C’est qu’elle ne m'en a pas soufflé mot, la petite friponne!.. Je n’aurais pas voulu la marier sitôt, ça, c’est vrai ; mais voilà, l'amour s’en est mêlé, je
n'ai plus rien à dire. Et puis, monsieur le général, vous m'avez dit des choses.
Qu'est-ce que vous voulez? ne pouvant pas lutter, je me rends.
— Merci, monsieur Raclot.
— Toutefois, il y a un point qu'il est bon de bien préciser.
— Dites, je vous écoute.
— Je veux parler de la dot.
— Je vous ai dit que, n’eût-elle pas un sou, mon fils n’en épouserait pas moins mademoiselle votre fille.
— Oui, oui, vous m'avez dit cela; cependant... assurément, monsieur le général, je ne peux guère donner à Marthe; l'argent est rare, très rare chez nous autres paysans. Sans doute, j'ai du bien au soleil ; vous avez vu mes fermes, mes enclos; mais, s’il fallait vendre, tout cela serait acheté pour rien, ce serait la ruine. D'ailleurs, après moi, Marthe aura tout mon bien, puisqu'elle est fille unique.
« Voyons, monsieur le général, votre grande franchise appelle la mienne, et je