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La jeune fille mangea à peine et comme en se forçant.
C'était à cause de la fatigue, disait-elle.
Le repas terminé, elle dit bonsoir à son père, lui souhaita une bonne nuit et se
retira aussitôt dans sa chambre. La pauvre enfant avait hâte de se trouver seule.
Enfin, elle pouvait donner un libre cours à ses larmes, laisser éclater ses sanglots. C'était l'explosion d'une douleur sans pareille; la malheureuse se tordait convulsivement les bras.
Quel affreux désespoir!
Et rien, rien qu'elle puisse invoquer, personne qu'elle puisse appeler à son secours, ni sa mère, ni Dieu!
Elle sentait que tout s’effondrait autour
d'elle, qu'un sombre abîme était sous ses pieds; elle était écrasée!
Pour elle, l'avenir s'était brusquement fermé, toutes les clartés s'étaient éteintes.
Adieu, enchantementsdel’amour! Adieu, rêves de bonheur! Adieu, tout!
Le corps brisé de fatigue, l’âme saignante, Marthe se mit au lit; mais elle