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— Nous les connaîtrons un jour, mon père, dit Mathilde.
— Oui, ajouta M!" Lormeau, nous les connaitrons, et je me charge de recueillir à ce sujet de sérieux renseignements.
— Vous, ma tante?
— Oui, ma nièce, moi, Il y a peu de temps, chez des amis communs, j'ai fait la connaissa: ‘ce de M. et M" Monnier, qui ont marié leur fille unique, il ya un an environ, à M. Rousselet, qui est justement notaire à Aubécourt. Or, je suis invitée par M. et M Monnier à une petite fête de famille qu'ils donnent à l'occasion de leur vingt-cinquième année de mariage ; on appelle cela des noces d'argent.
A cette fête, je verrai M. Rousselet, que je ne connais pas encore, et c’est sur lui que je compte pour avoir mes renseignements. Quand on veut savoir quelque chose sur telle ou telle personne d’un pays, on ne saurait mieux s'adresser
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qu'au notaire de l'endroit; n'est-ce pas votre avis, mon frère ? :
— Parfaitement, répondit le général.
— Moi, cher père, dit Mathilde, je t’'accompagnerai cette semaine à la ville, et je saurai si, comme j'en ai la conviction, Marthe est rentrée à la communauté.
E jeudi suivant, M. de Santenay ayant à faire à la ville, sa fille l’ac- W |compagna comme elle se l’était promis, et, pendant que le général N s'occupait de ses affaires, Mathilde * alla rendre visite aux dames do- N minicaines.
Comme toujours, elle fut d'abord reçue par la sœur Louise, au parloir, où plusieurs autres sœurs vinrent l’une après l’autre pour l’embrasser.
Mathilde ayant demandé à voir la supérieure, on lui répondit que la mère était souffrante et ne pouvait la recevoir. Mais on ne manquerait pas delui dire que M'de Santenay était venue à la communauté.
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La jeune fille, sans laisser voir sa contrariété, manifesta le désir de causer un instant avec la sœur Angèle, dont elle connaissait la grande amitié pour Marthe.
Appelée, la sœur Angèle ne tarda pas à paraître, et montra à M'! de Santenaw, par son accueil, combien elle était heureuse de la revoir.
— Ma chère Mathilde, dit-elle, on m'a prévenue que vous désiriez me parler ; venez donc au jardin; c’est aujourd’hui jeudi, nos jeunes demoiselles sont en récréation et toutes nos sœurs sont avec elles.
Mathilde suivit la sœur, et, tout en se promenant à travers les nombreux groupes de jeunes filles, elle cherchait Marthe du regard ; mais ce fut en vain:
la jeune novice, avertie de la visite de son amie, était vite montée dans sa chambre.
— Ma sœur, dit Mathilde, je n’ai pas à vous l@ cacher, je croyais voir ici Marthe Raclot.
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— Marthe Raclot! fit la religieuse jouant l’étonnement, est-ce qu’elle vous a donné rendez-vous à la communauté ?
— Non, ma sœur.
— Alors, je ne comprends pas.
— Eh bien, ma sœur, je croyais que,
depuis plus de deux mois, Marthe était revenue à la communauté.
— Et pourquoi croyiez-vous cela, ma chère Mathilde ?
— Parce que Marthe n'étant plus chez son père...
— Comment, fit la religieuse, qui obéissait évidemment à un ordre, Marthe n'est plus chez son père »?
— Depuis plus de deux mois, comme je viens de vous le dire, ma sœur, et je ne voyais pas qu’elle pût être ailleurs que dans cette maison où, vous, ma sœur Angèle, la mère supérieure et toutes les sœurs êtes devenues ses amies.
— Assurément, ma chère Mathilde, nous avons toutes pour Marthe une grande affection et notre maison lui sera toujours
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212 Le Million du père Raclot PP EST RS TRE PR EST VAR NENENERE PIE
ouverte. Mais vous n'ignorez pas que M'° Marthe Raclot a obtenu son brevet de capacité, un brevet supérieur.
Vous pouvez donc croire, ma chère Ma-
thilde, que Marthe n’a quitté son père que pour se placer comme institutrice dans un pensionnat de jeunes demoiselles.
Après cette réponse de la religieuse, M'e de Santenay n'avait plus à faire aucune question. Elle se retira n'ayant plus la conviction que Marthe était rentrée à la communauté.
Le surlendemain, c’est-à-dire le samedi,
age.