‹ Le million du père Raclot [microforme]Chapitre 7 sur 102 · NS A SAP SPRL PP PR · texte numérisé non relu

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En épousant Céline Noirot, il terait une excellente affaire.

Comme nous l’avons dit, on ne savait pas à Ligoux ni à Aubécourt que Marie Bertrand eût fait fortune à Paris; Matrand thurin garda pour lui seul ce que le boucher des Halles lui avait appris.

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Il eut l’air d’en avoir assez de la vie de garçon, de s'être épris de Céline, et, quand elle eut consenti à devenir sa femme, il mena rondement l'affaire du mariage.

Une petite maison étant à vendre à Aubécourt, il l'acheta et y fit mettre les meubles indispensables.

Huit jours avant le mariage, les publications étant faites à la mairie et à l’église, et n'ayant plus à redouter que sa proie lui échappât, il parla à Céline de sa tante Marie, et en se gardant bien de lui apprendre que les époux Martin s'étaient enrichis, il lui donna leur adresse et en même temps le conseil d’écrire à M"° Martin une gentille lettre pour linviter à sa noce.

La jeune fille écrivit et reçut une réponse par le retour du courrier.

La tante Marie remerciait sa nièce de ne point l'avoir oubliée; elle acceptait avec grand plaisir l'invitation qui lui était faite : c'était pour elle une belle occasion

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de revoir Ligoux ; elle allait acheter tout de suite son cadeau de noce dont, elle

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l’espérait, sa chère nièce serait contente.

L’avant-veille du grand jour, Mathurin

prit définitivement congé du fermier chez lequel il avait été huit ans domestique, et, le soir, il prit possession de sa demeure.

Alors, promenant son regard autour de lui, il s’écria avec une satisfaction mêlée d’orgueil :

— Enfin, je ne suis plus chez les autres, je suis chez moi! Je ne suis plus domestique, je suis propriétaire !

Le lendemain, la tante de Paris arriva.

Elle était venue pour trois jours ; mais elle fut l’objet, de la partdeson neveu Mathurin surtout, de tant d’attentions, de tant de prévenances, on lui témoigna une affection si vive et si sincère, qu’elle resta une semaine tout entière.

La brave femme ne manqua pas d’inviter son neveu et sa nièce à venir passer quelques jours à Paris, aussitôt qu'ils le pourraient.

Mathurin se confondit en excuses et en remerciements; il craignait d’être indiscret, se montrait d’une réserve et d’une

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retenue qui touchèrent M Martin, aussi insista-t-elle pour avoir de son neveu une réponse formelle.

— Nous irons, ma tante, je vous le promets, répondit Mathurin.

Le cadeau fait par la tante à la mariée était fort beau ; cependant Me Martinétait tellement enchantée de son neveu, qu’au moment de partir elle glissa dans la main de Céline un beau billet de mille francs.

Ce nouveau cadeau fut fort apprécié des jeunes époux; aussi Mathurin ne laissait-il passer aucune occasion de faire entendre aux bonnes gens du pays que M Martin était la meilleure des femmes.

On comprit cet enthousiasme.

Maintenant, à Aubécourt et à Ligoux, la fortune de la tante de Céline n’était plus un secret pour personne.

€ Oui, disait-on, les Martin sont riches à deux cent mille francs ; peut-être même ont-ils davantage.

€ Etüils n’ont pas d'enfant!

€ Un héritage à venir pour la Céline,

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