‹ Le minimum de salaire dans les adjudications publiques [microform]Chapitre 7 sur 8 · VII. — Effets de la mesure proposée · texte numérisé non relu

VII. — Effets de la mesure proposée

La mesure proposée donnera satisfaction, dans la limite où la chose est possible, aux vœux des ouvriers.

C’est là un point capital, à l’époque- troublée

que nous traversons. Rien ne doit être négligé par les classes supérieures pour amener la réconciliation entre les patrons et les ouvriers.

La mesure mettra en outre l’Etat, agissant en qualité de personne civile, à même de remplir son devoir de justice envers les travailleurs qu’il emploie.

Elle réduira vraisemblablement la concurrence dans ce que ses effets ont de plus désastreux pour l’ouvrier. La concurrence vise en effet :

A) la fourniture des matériaux.

B) le prix de la main-d’œuvre ou des salaires.

C) l’organisation du travail, l’importance du capital dont l’entrepreneur dispose, scs connaissances, le bénéfice qu’il entend percevoir.

L’application d’un minimum de salaire restreindra la concurrence exercée sur la main-d’œuvre et frappant directement le salaire de l’ouvrier.

La mesure proposée est avantageuse pour les patrons autant que pour les ouvriers. C’est ce qui explique qu’à Anvers, à Louvain, à Bruxelles, à à Roulers, à Bruges, à Gand, l’application du minimum de salaire a été demandée par les patrons eux-mèmes. En effet, les patrons honnêtes paient précisément le salaire journalier moyen tel que le Conseil de l’industrie et du travail le déterminera. Par esprit de justice, ils ne voudraient pas payer moins. Ils ont donc tout intérêt à voir diminuer la concurrence souvent désastreuse que leur font, au moyen de salaires réduits, des patrons moins scrupuleux et moins soucieux du bien-être

de leurs ouvriers. — Ce point mérite une attention

toute spéciale de la part des patrons.

Mais l’avantage principal de la mesure proposée sera de pousser directement les ouvriers vers la création d’unions professionnelles. Il est à remarquer que la solution préconisée ne pourra entrer sérieusement dans le domaine pratique qu’à la condition d’ètre préparée par des groupements d’ouvriers du même métier, débattant entr’eux d’abord et avec les patrons groupés de leur côté, ensuite, les questions de salaire.

Adopter le minimum de salaire, dans les limites proposées, c’est ofilrir aux ouvriers comme aux patrons un moyen efficace et relativement aisé d’établir entr’eux l’entente (jiie tous les bons esprits souhaitent; c’est aider les travailleurs à secouer l’individualisme qui est la cause de leur faiblesse et partant celle de bien des divisions sociales; c’est montrer à tous, d’un façon palpable, les avantages de l’union entre le capital et le travail.

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