‹ Le minimum de salairesChapitre 5 sur 36 · A. — LES PÈRES DE L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

A. — LES PÈRES DE L'ÉGLISE

Au moment de l'apparition du christianisme, l'esclavage état un fait général et considéré comme légitime.

Ceux qui sont pénétrés de la théorie d'apres laquelle le chrislianisme est une doctrine égalitaire, n'hésitent pas à affirmer que les Pères de l'Eglise l'ont condamné.

Cependant il ne disparut pas. Il persiste au Moyen âge Jusqu'au xu° siècle, et puis il y eut des serfs dont la situation ne différait pas beaucoup de celle des esclaves.

Pour saint Augustin, l'esclavage apparaît seulement comme une épreuve un peu plus pénible que les autres. Avant la vie matérielle, l'Eglise a envisagé la vie morale. Ce qu'elle devait réclamer pour l’esclave, c'était d’abord la personnalité Juridique ; il devait pouvoir participer à la vie religieuse. Il fallait assurer l'égalité devant Dieu et, nécessairement, la situation de l’esclave devait, par là, être très sérieusement adoucie. Nécessairement, le maître devait traiter avec plus d'humanité celui que l'Eglise lui enseignait à considérer comme un frère, C’est cette action sur la psychologie du maïtre qui amena l’affranchissement des esclaves.

Mais on ne trouve pas chez les Pères de l'Eglise de système dogmatique et réfléchi sur la question du juste salaire.

La doctrine canonique ne se présente comme un ensemble véritablement logique qu'à partir du xv° et surtout du xvi‘ siècle ;

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jusqu'à ce moment les phénomènes économiques très simples n’attirent pas beaucoup l'attention. Si les Pères de l'Eglise, notamment saint Jérôme, saint Chrysostome, saint Clément, saint Augustin, ont fulminé contre les riches, ce ne fut pas à la façon des apôtres modernes de la rénovation sociale !.

S'ils se sont réclamés du juste prix pour lancer de violentes diatribes contre les marchands, ce ne fut pas en raison d'une conception de justice économique. Ils ont pensé seulement que le royaume des cieux est plus accessible aux misérables.

S'ils ont condamné indistinctement tous les commerçants de profession, c’est qu'ils ont vu dans la poursuite des richesses, dans l'amour du gain pour lui-même, un obstacle au salut. Et ce sentiment, un peu fruste, persistera au fond de la thèse canonique du juste prix.

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