‹ Le minimum de salairesChapitre 9 sur 36 · ÉD RE · texte numérisé non relu

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règlementèrent étroitement tout ce qui touchait à l'alimentation, faisant effort pour conserver aux prix la plus grande fixité possible. Les intendants, au xviu‘ siècle, recevaient l'ordre de fixer, dans les provinces, le maximum des salaires et des denrées. Les deux choses étaient considérées comme liées ensemble,

C'est pendant la première période du Moyen âge, au moment de la pleine vigueur du système corporatif, qui manifeste sa caducité dès la fin du xv° siècle, que les règles morales et les doctrines que l'Eglise opposait à la renaissance du droit romain ont pénétré, le plus, dans les esprits et dans la vie réelle.

Les statuts publiés par les guildes de métier, fixant les prix des objets manufacturés, en même temps que leur forme et leur condition de fabrication, statuts soumis plus ou moins au contrôle des autorités municipales, étaient établis en s'inspirant manifestement de la croyance en un prix équitable, et usaient des procédés mêmes de la doctrine canonique pour déterminer ce prix*,

Mais bientôt le développement de l'échange, du commerce, ne permet plus d'étreindre toute l’activité nationale dans le système corporatif, le plus propice à l'application des règles morales de l'Eglise.

Pour la Monarchie, la stabilité des prix restera l'idéal. Les mesures qu'elle prendra seront encore en faveur du public, de l'acheteur et, par suite, en faveur du patron, qui doit pouvoir satisfaire ce public. Elle se préoccupera de moins en moins du juste salaire.

Ce qu'il faut retenir, contrairement à l'affirmation de certains économistes, c'est l'action certaine de l'institution d’un prix légal sur les prix réels. On ne peut nier que le pouvoir a pu fixer la valeur de certaines choses. Son action s'est exercée souvent au détriment des ouvriers, cela est vrai. Mais la question n’est pas là. L'intérêt est de constater l'efficacité de son intervention dans le sens où elle s’est exercée. Le pouvoir a pu, dans une certaine mesure, s'opposer au libre jeu des lois naturelles. Les salaires légaux, les prix légaux ont, à n'en pas douter, influencé les con-

l Tarde, op. cit.

Le

ventions librement consenties, ont servi d'étalon légal, de modèle.

Retenons ceci, et peut-être peut-on l’opposer à ceux qui nient la possibilité pour l'Etat d'intervenir dans le domaine économique, d'agir sur le prix de la main-d'œuvre, de redresser les méfaits de la libre concurrence.

De nos jours, c'est le consommateur qui est considéré de préférence comme devant faire les frais des réformes sociales. Nous verrons si l'Etat ne pourrait pas agir sur lui, en faveur de l’ouvrier, de même qu'autrefois il a agi sur l’ouvrier en faveur du consommateur.

Si ce consommateur est en même temps producteur, il n'aura pas à craindre beaucoup l'intervention de la puissance publique.

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