PASSAGES À L'APPUI
Exposons maintenant, avec autant d’impartialité que nous le pourrons, la théorie darbyste du ministère. Notre but est de chercher à nous rendre compte des idées de M. Darby sur ce point de sa doctrine, et de les comparer avec ce que nous pensons être enseigné par la Parole de Dieu.
Dans la 1 Épitre de St-Pierre, 4, 10, nous trouvons les paroles qui servent de base au principe darbyste: «Que chacun mette au service des autres le don qu'il a reçu, comme le doivent de bons administrateurs des diverses grâces de Dieu.»
D’après ce texte, le ministère de la nouvelle alliance, selon M. Darby, n’est pas une charge octroyée par un pouvoir humain, (église, pasteur), confirmant certains dons reçus du Saint-Esprit, mais
DA R simplement l'exercice fidèle d’un don conféré par le Saint-Esprit '.
Pour faire mieux comprendre son idée, M. Darby prend le corps humain comme exemple. Tout l'organisme est animé d’une vie commune, mais ce même -organisme est composé d’une quantité de parties qui toutes ont une fonction particulière et une vie propre. Il en est de même de l’Église, qui est un corps parfaitement organisé, Tous les membres jouissent de la vie qu’ils puisent à une source commune, le Saint-Esprit; mais, outre cette vie, cha-: cun des membres qui composent le corps a une fonction spéciale, un don particulier qu'il doit employer à l'édification de ses frères. (Rom. 12, 4-8: 1ACOF LÉ
Ce ministère n’est donc pas conféré par les hommes ni par n'importe quelle société d'hommes, ni par quelle faculté que ce soit, mais uniquement par le Saint-Esprit qui appelle qui il: veut ?.
Tous les chrétiens, même lés plus humbles, peuvent exercer un ministère. Si vous avez celui d'annoncer l'Évangile, faites-le sans crainte, c’est votre devoir. Si vous avez celui de consoler, allez chez les affligés et les malades, ne vous inquiétez d'aucun homme, vous relevez de Dieu seul. Mais si vous vous trompez vous-même, c'est-à-dire si,
1 duazovia yapiouaros.
? Ministère p.40 ss. De la puissance et de l'action du St-Esprit dans l'Église, p. 57.
croyant avoir reçu un don, vous voulez l'exercer
quoique ne l'ayant pas en réalité, votre ministère restera stérile.
Le darbysme admet-il un ministère régulier?
« Si, par un ministère régulier, nous répond-il, vous entendez un ministère constaté (c’est-à-dire que, dans chaque assemblée, ceux qui ont recu des dons de Dieu pour l'édification soient en nombre limité et connus des autres), je l’admets; mais si, par un ministère régulier, vous entendez un ministère exclusif, je n'en veux rien. Par un ministère exclusif, j'entends la reconnaissance de certaines personnes
comme occupant si exclusivement la place de doc-
teur, que l'exercice de dons réels par quelqu'un d'autre deviendrait irrégulier, comme, par exemple, dans l’Église nationale et dans la plupart des chapelles dissidentes où l’on regarderait comme irrégulier un service accompli par deux ou trois personnes réellement douées par le Saint-Esprit !. »
Ainsi M. Darbv ne nie pas le ministère comme on l’a dit quelquefois, il l’accepte, mais le comprend autrement qu'on né le fait en général. Pour lui, le ministère est l'exercice libre d’uh don particulier conféré par le Saint-Esprit selon ce que dit S. Paul, IPE0de T2. "1; déjà cité,
Le but du ministère, c’est la manifestation, dans l'Église et par l'Église, de la gloire de Christ pour
1 Darby, Aenistère, p. 6.
1e oete de TÉglise. Le no en. est ce dit Paul dans Éphés. 4, 11-13. « C'est lui aussi a donné aux uns d'être apôtres, à d'autres l'êtr prophètes 28 et leur ministère doit servir a x ; grès des fidèles, à l'édification du. corps de nas Christ, jusqu'à ce que nous soyons tous arrivés à. l'unité de la foi... à une virile maturité, à a hau-
teur de la parfaite stature du Christ. » me
Le sacerdoce est donc universel: « da la :
nécessité d’une classe de sacrificateurs, c’est nier Ki l'efficace de Christ qui nous a acquis le privilège de nous présenter nous-mêmes devant Dieu» |
Mais M. Darby ne se contente pas de ces difté- ve Lee rents dons qui peuvent être employés par les en- SE
fants de Dieu. A côté d'eux, il établit les charges distinctes des dons, en ce sens que ces derniers ont RTE surtout pour but la communication d'une grâce spi rituelle, tandis que les premières sont créées plu-
tôt en vue des soins matériels, soit pour le service
des tables, soit pour le maintien de l’ordre dans es les affaires. En un mot, les dons étaient conférés % par Dieu, les charges par les hommes.
Le don et la charge pouvaient-ils se rencontrer dans une même personne ? Oui, répond M: Darby, mais très rarement. Exemple: Étienne qui, à la charge de diacre, joignait le don de prophétie. Pour pouvoir exercer une charge, il fallait une élec-
1 Darby, Ministère, p. 8.
ï den re done voici. ne unes :
Ë que le conducteur d'une église soit irré— rochable, qu'il ne soit le mari que d’une seule none qu de soit sobre, modéré, modeste, hospita-
qu : n'aime ni le vin, ni.
ue: qu ‘à ne tienne Fos à pa ».1 Tim.
ei et RS ETS DER
Dans ces vertus qui doivent élre le partage des | évêques, pas plus que dans celles qui sont énumé-
rées dans lépitre à Tite, nous ne voyons rien qui
D cie à une classe d'hommes ; bien au con- traire, tout chrétien, s’il veut être digne dur nom qu'il doit les. posséder.
M. Darby conclut de ce qui Dréecde que, dans tous ces passages, il n’est, en aucune façon, question des dons à employer pour l'édification ou lévangélisation, mais simplement de quelque chose d’un ordre purement extérieur et matériel.
- Ministères et charges, voilà donc les deux modes d'activité des chrétiens dans la primitive Église. Pour exercer une charge, il suffisait tout simple-
ment d'être chrétien, d’avoir reçu le Saint-Esprit, et. d’avoir été consacré par les apôtres; pour exercer un ministère il fallait être appelé de Dieu, parce que Lui seul a le droit et le pouvoir d'accorder des dons aux hommes, selon son bon plaisir.
Comme M. Darby ne voulait rien accepter qu'il
ne pût appuyer sur la Parole de Dieu, il en vint à se demander si le ministère, tel qu’il existe dans nos Églises, était conforme aux enseignements qu'il pensait avoir trouvés dans l’Écriture.
Au berceau de l’Église, croit M. Darby, le Saint- Esprit seul appelait et préparait les ministres; de nos jours on ne se contente plus de cette élection et de cette préparation : des jeunes gens, quelquefois sans aucune conviction religieuse, étudient la théologie, puis une Éelise les consacre, des hommes leur imposent les mains! Et qui donc leur a donné ce droit ? Les apôtres ou leurs disciples avaient reçu de Jésus-Christ le pouvoir de le faire, mais maintenant quelle Église, quelle communauté sur la terre peut prétendre avoir conservé ce droit?
Tout ce qui se fait actuellement dans les Églises est donc en opposition flagrante avec les déclarations de la Parole de Dieu. L'institution du ministère ecclésiastique ne sera jamais bénie; elle attirera sur ceux qui lPacceptent des châtiments qui ne tarderont pas à être manifestés. « Souvenons-nous, dit M. Darby, que ce que l’on pratique aujourd’hui, a introduit dans le ministère, basé sur ce principe, des sociniens, des rationalistes, des ariens en
ue ne de présidence officielle; vit seul tiendra la première place; use à qui se sentiront poussés par lui, pour- | ès us la parole pour exhorter, pour prier
= préparation qui témoignerait de préoccupation ter
| restre, mais un élan spontané du cœur, produit
Dm 0e)
| par le Saint-Esprit *. nee DER CM Darby prévoit bien que, dans une pareille : assemblée, Jorgueil pourra se faire jour chez tel.
tel. frère, mais il écarte ce danger en disant
ne l'humilité, co ne cherche que le bien de
k Darby | UE et Action du Saint-Esprit. dans Fine
p. 6%. LE é
As On nous à même Affiruné qu'un « Frère » avait dit, Iors
d une conférence darbyste tenue il y a quelque temps à St- Jean- . du-Gard, qu'on n'aurait pas dû annoncer r les réunions! |
4 Darby, le Ministère, he 3.
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CHAPIFRE III