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I.A HÉORGAMSATION DES ARMÉES DALI.EMAONE

le long' du Rliin, les gens des villages tirent sur les bateaux de ravitaillement et sur les détachements de troupes (i).

Malgré le petit nombre d'espions, les avertissements ne font pas défaut. Le 3 avril, Clermont sait que le quartier général du prince Ferdinand est à Munster et que ooo hussards prussiens sont à Dorsten (2); le 8 avril, .3o.ooo hommes se concentrent à Sassenberg, près de Warendorf. Tous les bourgs et villages ont reçu l'ordre de préparer du pain et de fournir un millier rie voitures (3). L'armée ennemie serait par moitié à Mun'^ter et à flaltern (^). Dès le 12 avril, on est au contact : les généraux des troupes alliées fout une reconnaissance jusqu'à cinq kilomètres de Wesel (o). On lève i5.ooo liommes de milice en H esse (6\ et des hussards paraissent aux abords d'Emmerich 17). M. de Lesseps, ministre de France à Bruxelles, tient de source certaine que le prince Ferdinand a reçu de liOndres l'ordre de faire avancer son armée le plus tôt possible (9), et qu'il a lintentio-n d'entamer les opérations, le i5 mai par Dûsseldorf (9). La garnison de Kaisers>verth ne cesse d'escarmoucher avec de petits détachements ennemis (10).

En somme, Clermont devait s'attendre à voir les troupes adverses paraître en quatre colonnes dirigées sur Emmerich, Wesel, Kaisers werth et Diisseldorf. 11 était à peu près certain que le prince Ferdinand emploierait sa tactiaue habituelle : aborder l'ennemi sur un grand front, le fixer et le déborder. Or, Diisseldorf, point d'appui de notre aile droite restait abandonné à la défense des seuls contingents palatins, notre aile gauche ne pouvait compter sur la neutralité hol-

(11 riermont au Prince dn Brunswick, Ucsol. G mai 1758 (Fonds de Siièdo, 37-103).

(2) Rapporls du .S' Berghen, Wesol. 2. 3, G avril 1758 (Fonds d.- Suède. 40-149, 150, 151, 162)

(3) Renseignements fournis à M. do Pevre, 8 avril 17.58 (Fnnd.s de; Suède, 40-164).

(4) Rapport du S' Berghen, \\e?el, 10 .nvril 1758 (Fond? de Suède, 40-16G). (.5) Ibid., Wesel. 12 avril 1758 (Fonds de Suède, 40-173).

(6) Comte de Lorqcs à Clermont, Hanau, 13 avril 1758 (Fonds de Suède, iU-lSG).

(7) Villemur à Clermont, Clève, 19 avril 1758 (Fonds de Suèd.-, 40-19i).

(8) De Lesseps à Cleimont, Bruxelles, 23 avril 1758 (Fonds de Suède, 40-199).

(9) F:>e Lesseps à Clermont, Bruxelles, 10 mai 17.58 (Fonds de Suède, 40-224). (10) Beausobre à Clermont, Kaiserswertli, U mai 1758 (Correspondance générale, .3475-75) ; 7 mai 1758 (Fonds de Suèfle, 40-215) ; Beausobre à Belie-lsle,

Kaiserswerlh, 24 mai 1758 (Correpi)ondance générale, 3475-229).

landaise. Le Ministre de France à la Haye jetait un cri d'alarme : « Il est certain qu'en général on désire ici plus notre affaiblissement qu'à Berlin même (i) ». On savait au quartier général que l'armée hanovrienne tirait de la Hollande une grande partie de ses vivres et de ses fourrages (2). Bientôt la situation se précise et ne permet plus de douter que le gros de l'armée hanovrienne se concentre autour d'Emmerich. Le plan est d'ailleurs logique et facile à deviner : en débordant l'aile gauche, le prince Ferdinand coupe l'armée française des Pays-Bas autrichiens, la prive de sa ligne de communication par la Meuse, la rejette sur Cologne et sur les pays difficiles de la rive gauche du Rhin. Tout vient corroborer cette hypothèse : les populations du pays de Berg sont frappées d'une contribution de 600,000 écus et doiveni préparer '1 00. 000 ration? de fourrap-e (3) ; un poste détaché par le régiment d'Eu, en face d'Emmerich. a pu voir entrer dans la ville un grand nombre de chariots chargés de pontons (A)-

Clermont nv s'en émeut guère ; à son avis la nouvelle est fausse, car on ne passe pas avec un pont de bateaux un fleuve aussi large que le Rhin l'est à Emmerich (5). Pourtant ce renseignement est confirmé par un commis de la poste impériale (6) et l'espion Munken apprend d'un officier hanovrien que le quartier général du prince Ferdinand est à Kœsfeld soit à deux journées d'Emmerich ; c'est vers Emmerich que le gros de l'armée se dirigera vraiseml)lablement (7), tandis que les troupes du prince de Holstein Gottorp marcheront sur Kaisers werth (8). Clermont se contente de pré^enir ses généraux d'avoir à se mettre en route à la première réquisition, mais il ne leur donne aucune instruction particulière et ne trace aucun plan de campagne avant le 3t mai (9). Ber-

(1) D'Affry à Belle-Isle, La Haye, 8 mai 1758 (Fonds de Suède, 37-107).

(2^ Renseienements du S' Passin, Wesel, 7 mai 1758 ("Fonds de Suède, 40-214).

(3) Ibid.

(4) Le Duc de Randan à Clermont. Moiland, 13 mai 1758 (Fonds de Suède. 40-228).

(5) Clermont à Randan. Wosel. 14 mai 17.58 (Fonds de Suède. 40-229).

(6) Renseignements du 19 mai 1758 (Fonds ào Suède, 40-235).

(7) Nouvollcs du 21 mai 175S (Fonds de Suède, 40-240).

(8) Renseignements du S' Mérison, Wesel, 26 mai 1758 (Fonds de Suède. 40-246).'

(9) Clermont à Bello-Isle, Wesel, 26 mai 1758 (Correspondance générale, 3510-153).

LA REORGANISAFION DES ARMÉES DALl.EMAGNE 221

nis l'a prié d'adresser un mémoire à la Cour pour indiquer les opérations qu il veut poursuivre ; son but doit être de reprendre les possessions du Roi de Prusse en Westphalie et en Ostfrise : « Pour faire la paix honorablement, il faut tâcher de plaider le plus qu'il se pourra les mains garnies. C'est la seule façon de pouvoir imposer des lois ou du moins de faire des compensations » (i). Clermont, au moment même où les alliés forcent le passage du Rhin, forme alors le projet de marcher sur le Aléser par le pays fertile qui s'étend entre la Lippe et la Rhur en utilisant la Lippe, navigable jusqu'à Lippstadt : « Il faut compter que le prince Ferdinand sera embarrassé dans ses opérations quoiqu 'élevé par le Roi de Prusse et par conséquent dans le système de combattre souvent. Il y a lieu de croire que les généraux hanovriens s'opposeront à son ardeur et le forceront à se plier aux véritables intérêts de leur maître qui sont la conservation de son pays et celle de son armée » (3).

Sur les bords du Mein, autour de Francfort et de Hanau, le corps de Soubise se préparait à partir pour la Bohême. La Cour de Vienne demandait d'une manière pressante l'exécution des deux traités de 1756 et 1757 ; ces conventions stipulaient expressément que la France enverrait à l'Autriche un secours de 24.000 hommes et Choiseul, au nom de l'Impératrice, réclamait 3o.ooo hommes dont au moins 25>ooo fantassins, l'Autriche manquant surtout d'infanterie (8). Le Ministère décida la formation de ce corps au moyen de la garnison laissée dans Hanau et de vingt-cinq bataillons et douze escadrons pris parmi les unités que le duc de Broglie avaient ramenées de Cassel à Coblentz (4). On comptait réunir dans la dernière quinzaine d'avril, 3/j bataillons et 2.3 escadrons le long du Mein ^5). Mais là encore le travail allait être considérable pour remettre en état les batail-

(1) Bernis à Clermont, 12 mai 1758 (Fonds de Suède, 37-113).

(2) Clermont à Bello-Isle, Wcscl. 31 mai 1758 ("Correspondance générale, 3475-319).

(3) Choiseul à Bellc-lsle. Vienne, 27 mars 1758 ("Correspondance générale. 3473-210).

(4) Clermont à Bioglie. Wcscl, 5 avril 1758 (Correspondance générale. 3474-4.5)

(5) Belle-Isle à Choiseul, 7 avril 1758 (Correspondance générale, 3474-59).

Ions et les escadrons amoindris par un an de campagne ; dans la garnison de Ilanau, les bataillons les plus forts n'avaient au plus que Aoo hommes, un régiment de cavalerie ne pouvait mettre en ligne qu'un escadron de lAo maîtres ^^i).

L'artillerie de campagne était à Mayeiice, pour se réparer (2) mais, le 10 avril, les 20 bataillons et les 12 escadrons annoncés arrivaient à Bingen (3). On comptait faire partir le corps de Soubise pour la Bohême à partir du 28 juin en ne laissant dans Hanau que 000 chevaux et ^ bataillons (^) et, malgré l'insuccès de l'entreprise de Fischer, les régiments allemands arrivaient à se recruter sur place ; le 10 mai, la plupart des corps étaient prêts à se mettre en marche. Le régiment le plus faible, Saint-Gerniain^ n'avait que 000 hommes ; quant aux autres, ils étaient à peu près complets (5) et les régiments de cavalerie pouvaient mettre en ligne i3o sabres par escadron (6). La place de Hanau. sous le commandement de La Sône. maréclial de camp, devait comprendre 2 bataillons, 2 escadrons et le corps de Fischer (7), Un corps de 5 ou 6.000 hommes resterait entre Mayence et Oppenheim pour observer la Hesse. Le gros du corps de Soubise pourrait partir le 20 juin par échelons de division (8\ à raison de trois divisions par jour ; en attendant, les troupes, en cas d'attaque devraient s'efforcer de repousser l'ennemi sans perdre de vue leur destination véritable .()). Elles fuient, pour l'ordre de bataille réparties en huit brigades d'infanterie de d à 6 bataillons et quatre brigades de cavalerie à quatre escadrons et leur effectif

(1) Comte de Lorgo? à Clcrinonl. Hanau. 2 avril UnS (Correspondance générale, 3474-13).

(2) Comte de Lorges à Belle-Isle. Hanau. 0 avril 1758 (Correspondance générale. 3474-80).

(3) Duc de Broglii^ .i Belle-Isle. Cobleniz. 10 avril 1758 (Correspondance générale, 3474-33).

(4) Belle-Isle à Clernuml. 29 mai 1758 (Correspondance générale, 3475-28C bis).

(5) Diesbach, 1435 hommes ; Castella, 1409 ; Xassaii, 1206 ; Bcnlheim, 1186. etc.

(6) .Situation deffectif, 15 mai 1758 (Correspondance générale. 3175-150").

(7) Instruction du Roi pour M. de la Sône. 8 juin 1758 (Correspondance génér.'le. 3476-113).

(8) Chaque division coinposée de 4 bataillons ou 4 escadrons ou 2 bataillons et 2 escadrons.

(6) Belle-Isle à Dumesnil, 30 mai 17.58 (Correspondance générale. 3475-300), el 1" juin 1758 (Correspondance générale. .■!476-14) ; Belle-Isle i\ Clermont, 2 juin 1758 fCorrespondance générale. 3476-29) ; Instruction du Roi pour Soubise, 3 juio 1758 (Correspondance ger.érale, 3476-39).

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total comprenait 3}) bataillons d'infanterie, i l)ataillon d'artillerie et lO escadrons (i).

En quittant la région du iMein, le corps de Soubise allait être bientôt remplacé par l'armée Avurtembergeoise. Le duc de Wurtemberg, notre allié, se préparait à partir avec (î.ooo hommes le i" juin : on devait l'arrêter à Hanau (2). Quant à 1 "armée du Rhin, elle allait se renforcer des troupes palatines comprenant qiiatre régiments à deux l)ataillons de 760 hommes, soit (3. 000 hommes (3) et du corps saxon {II). Les troupes que le roi de Pologne, Auguste III, avait pu reconstituer (5), formaient au i"" juin douze forts l)ataillons avec un effectif total de 10.000 hommes (6) qui furent placés sous le commandement du prince Xavier de Saxe plus connu sous le nom de comte de Lusace {-). Primitivement destinées aux places d'Alsace. Strasbourg, Landau, ^^issembourg. Haguenau (8); les troupes saxonnes devaient arriver à tienne le 17 avril et à Strasbourg dans les premiers jours de juin (9). Elles prêtèrent serment de fidélité au Roi de France entre les mains de son ambassadeur à Menue (10), mais certains retards d'organisation ne permirent pas de les utiliser avant les premiers jours du mois d'août ;

(1) Situation d'eflecuf, mai 1758 (Cori'espondance générale, 3475-32).

(2) Bello-Isle à Clermont, 16 mai 1758 (Correspondance générale, 3475-151) ; Ihid., 9 juin 1758 (Corrf^spondaiice générale, 3.503-99) ; Bellc-Isle à .Monteil, minisire de Franco a Slullgart, 1" juin 1758 (Correspondance générale, 3476-17).

(3) BelIc-Isle à Clermont, 13 mai 1758 (Correspondance générale. 3475-13.5).

(4) A citer, pour mén~ cire, les contingents fournis par l'Electeur de Bavièr<> ;'; l'jirmée autricliienne, mais payés par la France. L elïectif au 1" juillet était de 5.528 hommes [Rapport de Sainte-Marthe, commissaire des guerres (Archives supplémentaires, -carton 27j].

(5) On sait que les opérations continentales de la guerre de Sej)! .\ns avaient débuté par l'invasion de la Saxe, domaine du Roi de Pologne. Frédéric II réussit à cei-ner l'armée saxonne dans- la place de Pirna. La capitulation du 15 octobre 1757 la livra tout entière. Le Roi de Prusse incorpora de force tous les soldats dans son armée. Les désertions furent nombreuses ; au printemps de 1757, trois bataillons passèrent en Pologne, avec armes et bagages. Cf. Waddington. f.a Guerre de Sepl Ans, t. I. p. 39 sqq.

(6) Ces bataillons portaient le nom de régiments ; 9 de ces bataillons étaient à 5 compagnies et 770 hommes ; 3 bataillons à 9 compagnies et 1.208 hommes [Situation d effecli». 1" Juin 1758 (Correspondance générale, 3510-162)].

(7) Le Prince Xavier était fils du Roi de l'olocuc et par conséquent frère de la Dauphinc.

(8) \otc du 21 juin 1758 (Aichives supplcn-cnlaires. carton "J.'^l.

(9) Choiseul à Belle-Isle, Vienne. 8 avili 1758 (Correspondance générale. 3501-207).

(8j Belle-I?l<' à rjcMinonl. 6 mai 1758 (Corn;>pondance générale. 3i7."-7'i).

c'est à ce moment que chacun de leurs bataillons reçut deux pièces à la suédoise (i).

A la fin de mai, l'armée du comte de Clermont et le corps de Soubise étaient reconstitués. Les régiments par trop affaiblis avaient repris les routes de France ; il ne restait plus sur les bords du Rhin et du Mein que des bataillons et des escadrons en état de combattre. .V l'armée du Bas-Rhin, l'infanterie comprenait 63 bataillons d'infanterie française répartie en 26 réiiiments (2), \ bataillons de grenadiers de France et .4 bataillons de grenadiers royaux, 8 bataillons d'infanterie allemande et suisse, 10 bataillons de milice. Le service de l'artillerie était assuré par 4 bataillons, ^ compagnies de mineurs et 3 compagnies d'ouvriers. Les troupes à cheval comptaient de même les corps les plus réputés du royaume, les Carabiniers, la Gendarmerie, CoJonel-(/énéral, etc., dans son effectif de laô escadrons, dont 98 escadrons de cavalerie, 20 escadrons de dragons, 12 escadrons de hussards. Les troupes légères se montaient à 5. 000 hommes environ (3).

Le corps de la Bohême réunissait ^o bataillons (8 bataillons d'infanterie française (4), 21 bataillons allemands, 10 bataillons suisses, i bataillon d'artillerie, i compagnie d'ouvriers, I compagnie de mineurs") et 2 4 escadrons (8 escadronde cavalerie française, 12 escadrons allemands, ^ escadrons de dragons) (5).

Ces résultats témoignaient d'un effort considérable. M n'est pas inutile d'observer que. dans la situation politique du moment, on ne pouvait pas faire davantage. Depuis deux ans on était en guerre avec l'Angleterre et il fallait prévoir le débarquement d'un corps expéditionnaire sur les côtes de Flandres

(1) Belle-Isle ii Conl.idcs. 7 août 1758 (Correspondance erénérale, 3480-107).

(2) 11 y avait 8 réginionls à 4 bataillons (Picardie. Champagne, Navarre, la Marine, la Tour du Pin. Auvergne, Belzunce. le Roi), 13 régiments à 2 bataillon*, j régiments à 1 bataillon.

(3) Légion royale, 1 52.') hommes : \'olonlaire.s de Clermont. 1.800 ; Volontaires di" l"landre.s, GOO ; Chasseurs de Fischer. 1.200 ; Guides de Plainchamps, 2.">.

(A) Dont le régiment de Piémont à 4 balaillonp.

(o) Ces chiffres sont extraits de la situation générale et de remplacement de toute l'armée française : u 15 mai 1758 (Fond"" de Suède, 37-143).

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et de Picardie. Les escadres anglaises restaient maîtresses de la mer en présence de la flotte française qui se réorganisait encore ; les populations des côtes s'attendaient constamment à voir apparaître à l'horizon les voiles qui présagent les coup:r de main, le bombardement des ports, la destruction des navires de commerce. Il fallait se garder partout. La défense des côtes et des colonies absorbait presque toutes les forces du royaume qui n'étaient pas aux deux armées d'Allemagne. La surveillance des provinces calvinistes retenait 6 bataillons d'infanterie, i5 bataillons de milice, 3 escadrons et la frontière de Savoie immobilisait 9 bataillons de milice. Les garnisons des places du Hainault, des Ardennes, du pays Messin, de la Lorraine, de l'Alsace et de la Franche-Comté se composaient au total de 17 bataillons d'infanterie, 29 bataillons de milice, i4 escadrons. Douze bataillons servaient au Canada quatre dans l'Inde. Le reste de troupes réglées et de la milice était réparti tout le long des côtes de l'Océan et de la Méditerranée, depuis Dunkerque, où l'on dirigeait une partie de la Maison du Roi, jusqu'à Monaco. C'était pour la Flandre 26 bataillons dont 9 de milice et 16 escadrons, pour l'Artois et la Picardie 22 bataillons dont 6 de milice et 12 escadrons, pour la Normandie 22 bataillons dont 5 de milice et 12 escadrons, pour la Bretagne 26 !)ataillons dont 5 de milice et /i escadrons. Le littoral du Poitou, de l'Aunis et de la Guyenne avait i3 bataillons d'infanterie, 12 bataillons de milice, la Provence i3 bataillons dont 8 de milice, la Corse 6 bataillons et i escadron, Minorque 9 bataillons dont 2 bataillons de milice. Il ne restait plus un seul corps disponible dans l'intérieur du royaume, à l'exception des escadrons lai'^sés à Versailles.

On peut objecter à cette répartition des troupes que les effectifs laissés dans les provinces maritimes étaient trop con sidérables. En ne tenant pas compte des garnisons de Minorque et de la Corse, il est certain que 89 bataillons d'infanterie, Ao bataillons de milice, 56 escadrons rcprésensentaient une véritable armée qui certes eut pu faiie sur le Rhin ou sur la Meuse de bien meilleure besogne. Mais l'organisation des milices gardes-côtes était encore imparfaite et les ports de commerce réclamaient la protection des troupes.

Il ne faut pas oublier non plus le rôle de la France en Allemagne. Elle voulait simplement garantir le traité de Westphalie en opérant sur un théâtre éloigné de la grande lutte qui se livrait au centre de l'Europe. Les forces qu'on venait de réorganiser sur le Rhin et sur le Mein étaient assez nombreuses pour remplir cette mission. Il suffisait au commandement d'être à la hauteur de sa tâche et de savoir utiliser l'instrument qu'on lui confiait. Guerre strictement défensive contre l'Angleterre, guerre secondaire contre la Prusse, voilà ce qui n'était pas fait pour contenter les aspirations du pays, et tout allait se ressentir de la médiocrité du but. La France ne tire volontiers son épée que pour les grandes causes ; il ne faut pas chercher plus loin la raison de l'impopularité de la guerre de Sept Ans. Pour réveiller l'enthousiasme, il eiit fallu de belles victoires, mais ni Clermont ni Soubise n'étaient capables d'en remporter.

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