‹ Le ministre de Wakefield (volume 2)Chapitre 11 sur 18 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Le boabeur et la misère sont, dans cette Tie, plutôt Teffet de la prudence que de la vertu , les biens et les maux temporels étant regardés en eux-mêmes par le Ciel comme de pures bagatelles qui ne méritent pas qu'il se mêle de leur distribution.

Il y avait déjà plus de quinze jours que j'étais dans m» prison, sans quema chère Olivia vint me rendre visite , et j'avais une grande envie de la voir. Ayant fait part à ma femme de mon désir, le lendemain matin, la pauvre fille entra dans ma chambre, appuyée sur le bras de sa sœur. Le changement que je remarquai en elle me frappa : les grâces qui brillaient auparavant dans sa personne étaient effacées ; la main de la mort semblait avoir défiguré ses traits pour m'alarroer : ses tempes étaient creu- //. 8*

iu6 LE MIHISTRX

ses, son froot tendu , et une fatale pâleur était répandue sur ses joues.

« Je suis charmé de te voir , ma chère, m'écriai-je ; mais pourquoi cet abattement ? Inespéré que tu as trop d'amitié pour moi pour laisser miner par le chagrin une vie que je prise à Tégal de la mienne. Prends courage, ma fille , et nous pourrons encore voir des jours heureux. »

«e Vous ave^ toujours été bon envers moi , reprit-elle, mon cher père, et ce qui augmente ma peine, c'est de voir que je ne pourrai jamais partager ce bonheur que vous me promettez. Je crains que le bonheur ne soit plus fait pour moi ici-bas, et j'aspire à me voir sortie d'un lieu ou je n'ai trouvé que des malheurs. Je désirerais, mon cher papa, que vous voulussiez faire une soumission à M. TornfaiU; vous pourriez par ^ là l'apaiser, et ce serait une consolation pour moi en mourant de vous voir libre. »

« Jamais , repris - je , ma fille , jamais rien ne pourra m'amener à reconnaître ma fille pour une prostituée; car , quoique le monde puisse

I^E WAKBriKLD. IO7

regarder ta Saute avec mépris, moi je oe la regarde que comme une marque de ta crédulité, et non de la corruption de ton cœur. Ma chère, je ne suis point du tout malheureux dans cet endroit , quelque affreux qu'il puisse paraître , et sois sûre que tant que j'aurai le bonheur de te posséder, il n'aura jamais mon consentement pour te rendre plus malheureuse : je ne permettrai pas qu'il en épouse une autre. »

Après que ma fille fut sortie , mon compagnon de prison , qui avait été présent à notre conversation, me fit des représentations assez sensées, sur mon opiuiâtreté à refuser une soumission qui pouvait me procurer ma liberté; il m'observa que le reste de ma famille ne devait point être sacrifié à * r^ seul enfant , à celle surtout qui était la seule qui m'eût donné des sujets de mécontentement. « En outre , ajouta-t-il , je ne sais s'il est juste de s'opposer ainsi à l'union de l'homme et de la femme , comme vous faites à présent , en refusant votre consentement à une union que vous ne pouvez empêcher , mais que vous pouvez rendre malheureuse. »

io8 LB HurisTac

« Monsieur, lui répondis-je, vous ne connaissez pas rhomme qui nous opprime. Je suis très-convaincu que toutes les soumissions que je pourrais lui faire ne me procureraient pas seulement une heure de liberté. On m'a dit que, dans cette même chambre où je suis , un de ses débiteurs qu'il détenait, est mort de besoin Tannée dernière ; mais , quand ma soumission et mon consentement à son mariage pourraient me faire sortir d^ci, et me loger dans le plus beau de ses appartements , il n'aurait ni Tun ni Taiitre , parce que quelque chose semble me dire que ce serait approuver un adultère. Tant que ma fille vivra , il ne pourra contracter aucun mariage valable à mes yeux. Si elle n'était plus au monde, je serais à la vérité le plus vil des hommes, si par ressentiment je tâchais de séparer ceux qui désirent s'unir. Quelque malhonnête homme qu'il soit, je désirerais alors qu'il se mariât, pour prévenir les suites de sa débauche future ; mais aujourd'hui, ne serais-je pas le plus cruel des pères de signer un contrat qui mettrait ma fille au tombeau , uniquement pour sortir moi-même

DE W1.S.EVIKLD. IO9

de prison, et pour m*éviter ainsi une angoisse, d'en causer à mon enfant mille plus cruelles? »

Il convint de la justesse de ma réponse; mais il ne put s*empécher de m'observer que la vie de ma fille paraissait trop près de sa fin, pour que j'eusse encore long-temps à rester dans la prison. « Cependant, conùnua-t-il, quoique vous refusiez de faire des soumissions au neveu , j'espère que vous n'aurez point de repuguance à exposer votre cas à l'oncle , qui passe pour le plus honnête homme et le plus juste du royaume. Je voudrais que vous lui envoyassiez par la poste une lettre qui lui donnât avis 4es mauvais traitements que son neveu vous fait essuyer , et je gagerais ma vie que v\>us aurez de lui une réponse dans trois jours. » Je le remerciai de l'idée qu'il me donnait , et je me mis à l'instant en devoir d*écrire ; mais malheureusement, je n'avais pas de papier, parce que tout notre argent avait été employé le matin en provisions : il m'en fournit obligeamment.

Les trois jours suivants, je fus dans un état d'inquiétude , de savoir comment ma lettre serait reçue; mais, dans cet intervalle , ma femme

IIO l'B MXlflSTRB

me sollicitait fréquemment de me soumettre à toutes sortes de conditions, plutôt que de de* meurer où j'étais, et, à chaque moment , on m'apprenait que la santé de ma fille déclinait: le troisième et le quatrième jour arrivèrent sans que je reçusse de réponse à ma lettre. Il n*y avait pas d'apparence que les plaintes d'un étranger contre un neveu bien-aimé pussent réussir; ainsi mon espérance s'évanouit bientôt comme les autres. La force d'esprit ne m'abandonnait cependant pas , quoique la captivité et le mauvais air commençassent à altérer considérablement ma santé , et que mon bras empirât ; mais mes enfants étaient autour de moi, et, pendant que j'étais couché sur la paille , ils me lisaient tour-à-tour, ou écoutaient mes instructions et pleuraient; mais la santé de ma fille s'affaiblissait plus vite que la mienne. Chaque nouvelle que je recevais d'elle augmentait mes craintes et ma tristesse. Le cmquième jour après que j'eurécrit à sir William Tornhill, je fus alarmé par la nouvelle qu'elle avait perdu la parole. Ce fut alors que la prison me devint douloureuse. Mon ame désirait

DB WÀKEPXELD.' IXI

de s'échapper pour être auprès du lit de ma fille, pour la consoler, la fortifier, pour recevoir ses dernières paroles, et lui enseigner le chemin du ciel. On vint me dire ensuite qu'elle était expirante, et cependant j'étais privé delà faible consolation de pleurer sur elle. Mon compagnon de prison vint ensuite m*apporter la dernière nouvelle, en m'exhortent à la patience : elle était morte. Le lendemain matin, il revint , et il me trouva avec mes deux petits , qui faisaient alors ma seule compagnie, et qui employaient tous leurs efforts innocents pour me consoler. Us me conjuraient de lire à présent pour moi-même et de ne pas pleurer, parce que j'étais trop vieux pour pleurer. « Ma sœur, s'écria l'aîné, n'est-elle pas un auge à présent, mon papa? Pourquoi donc vous afiligez-vous pour elle ! Je voudrais être un ange aussi, pour être dehors de ce vilain endroit, pourvu que mon papa fût avec moi. — Oui , ajouta le plus jeune, lé ciel où est ma sœur est un plus bel endroit que celui-ci. Il n'y a là que de bonnes gens , et les gens d'ici sont bien méchlints. »

lia lA MIHISTRE

M. Jenkinson interrompit leur babil innoceDt , en m'observant qu'à présent que ma fiile n*était plus, je devais penser sérieusement au reste de ma famille , et essayer de sauver ma propre vie , qui dépérissait chaque jour par le besoin et par le mauvais air. Il ajouta qu'il était de mon devoir de sacrifier à présent tout orgueil et tout ressentiment au bien de ceox qui avaient besoin de moi pour les soutenir, et que j'étais actuellement obligé par rang et par justice d'essayer de me réconcilier av«c mon seigneur.

« Dieu soit loué, répondis-je , je n'ai à présent ni orgueil, ni ressentiment. Je me détesterais moiinéme si je croyais qu'il y eût vengeance ou orgueil cachés dans mon cœur. Au contraire , comme mon oppresseur a été autrefois mon paroissien , j'espère le présenter un jour avec une ame sans tache au tribunal éternel. Non , monsieur, je n'ai point de ressentiment à présent, et quoiqu'il m'ait ôlé ce quej'estimaisplusquetoas ses trésors , quoiqu'il m'ait déchiré le cœur , car je suis malade à mourir , bien malade, mon camarade) cependant, tous ses torts ne m'inspi-

DE WAKBFIIXD. Il3

reront jamais de désirs de veng^eance. Je consens actuellement à approuver son mariage ; et si cette soumission peut lui faire plaisir, faiteslui savoir que, si je Tai offensé, je lui en demande pardon. » M. Jenkinson prit une plume et de l'encre, et écrivit ma soumission presque dans les mêmes termes que j'avais employés , et je la signai. J'envoyai mon fils porter la lettre à M. Tornbill , qui était alors à son château. Il y alla , et au bout d^environ six heures, il revint rapporter une réponse verbale. Il avait eu de la peine, à ce qu'il nous dit, à pouvoir parler au seigneur, parce que les domestiques étaient insolents et soupçonneux ; mais il Tavait vu par hasard , comme il sortait pour quelques affaires concernant son mariage qui devait se faire dans trois jours. Il continua, en nous disant qu'il s'était approché de la manière la plus soumise , et qu'il avait donné la lettre ; que M. Tornbill , après l'avoir lue , lui avait fait réponse que la soumission venait à présent trop tard, et était inutile; qu'il avait appris que je m'étais adressé à son oncle , mais que ma lettre avait été hoporée du mépris

zi4 UK Misisras

qu'elle méritait : qu'au reste , toutes les propositions qu'on aurait a &ire par la suite, devaient être adressées à son procureur , et non pas à lui. U observa néanmoins que , comme il avait très-bonue opinion de la prudence des deux jeunes demoiselles , leur intercession lui aurait été plus agréable.

« Eh bien , monsieur , dis-je à mon compagnon , vous voyez à présent le caractère de l'homme qui nous opprime; il peut être tout à la fois plaisant et cruel : mais qu'il fasse ce qu'il lui plaira , je serai bientôt libre en dépit de tous ses verrous pour me renfermer. JV vance vers ce jour qui me paraît plus brillant à mesure que j'en approche. Cette attente soulage mes afflictions, et, quoique je laisse après moi une famille orpheline et sans secours, cependant ils ne seront pas entièrement abandonnés : il se trouvera peut-être quelque ami qui les assistera pour l'amour de leur pauvre père , et quelqu'autre qui les secourra charitablement pour l'amour de leur père céleste. »

Justement comme je parlais, ma femme, que je n'avais pas encore vue ce jour-là, en-

DE WAKEriELD. 1x5

tra avec Tair de la consternation , et faisant des efforts pour parler sans le pouvoir. « Pourquoi, tnon amour, m'écriai-je, pourquoi, veuxtu ajouter à tnon affliction par la tienne? Oui, quoique notre maître cruel ne veuille point se laisser fléchir à nos soumissions; quoiqu'il m'ait condamné à périr dans ce séjour de la misère , et quoique nous ayons perdu un enfant bien-aimé , tu trouveras encore de la consolation dans nos autres enfants, quand je ne serai plus. — Nous avons effectivement perdu , reprit-elle, un enfant bien-aimé. Ma Sophie, ma chère Sophie est perdue , arrachée de nous , enlevée par des scélérats. — Comment, madame , s'écria mon compagnon de prison , miss Sophie enlevée par des scélérats ! Cela ne peut pas être sûrement. »

Elle ne put répondre que par un regard fixe et un torrent de larmes ; mais la femme d'un des prisonniers qui était présente , et qui était entrée avec elle, nous fit un récit plus détaillé. Elle nous dit que ma femme , ma fille et elle, faisant un tour de promenade sur le grand chemin , un peu au-delà du village , une chaise

fl6 I<B MINISTRK

de poste à quatre chevaux vint droit à elles, et s'arrêta à Tinstant; après quoi un homme bien rois , mais qui n'était pas M. Tomhill , était descendu de la chaise , avait saisi naa fille par le milieu du corps, et l'ayant fait entrer de force dans la chaise , avait ordonné au postillon de marcher, en sorte qu'ils avaient été hors de vue en un moment.

«c A présent, m'écriai-je, la somme de ma misère est complète. Rien ne peut plus ajouter au malheur de ma situation. Quoi ! pas une de reste. Ne m'en avoir pas laissé une! le monstre ! l'enfant que je chérissais le plus ? Elle avait la beauté et presque la sagesse d'un ange... Mais , soutenez cette femme; ne la laissez pas tomber.... Ne m'en avoir pas laissé une ! — Hélas! mon ami, dit ma femme, vous paraissez avoir plus besoin de consolation que moi : nos malheurs sont grands , mais je les supporterais, et même de plus grands, si je vous voyais à votre aise. Ils peuvent m'ôter mes enfants, et tout ce que je possède aiL iponde » pourvu qu'ils vous laissent à moi. »

Mon fils tâchait de modérer notre douleur.

DB W\X.£FIXLD; Il 7

Il nous priait de prendre de la consolation, en nous disant qu'il espérait que nous aurions en^ core occasion de nous réjouir. « Mon enfant , m'écriai-je , parcours des yeux Tunivers , et vois si je puis encore espérer quelque consolation. Nous luit-il un seul rayon d'espérance ? La seule qui nous reste , n'est-elle pas au-delà du tombeau ? — Mon cher père , reprit-il , j'espère qu'il y a encore quelque chose qui pourra vous donner un intervalle de consolation : car j*ai une lettre de mon frère Georges.... — Que dis-tu , mon fils, de ton frère P sait-il notre misère ? J'espère , mon enfant , qu'il est exempt des malheurs que le reste de sa famille éprouve. — Oui , mon père , répondit-il , il est parfaitement gai, joyeux et heureux. Sa lettre ne contient que de bonnes nouvelles; il est le favori de son colonel , qui lui a promis de lui faire avoir la première lieutenauce qui viendrait à vaquer. »

« Es-tu bien sûr de tout ce que tu dis? reprit ma femme. Es-tu sûr qu'il ne soit point arrivé de mal à mon enfant ? — Rien du tout certainement , répondit mon fils , vous allez voir sa

1X8 ut MIVISTRB

lettre qui vous fera le plus grand plaisir; et si quelque chose peut tous consoler , je suis sûr qu'elle le fera. — Mais , es-tu sûr , répétât-elle encore, que cette lettre vienne de l«i , et qu'il soit réellement aussi heureux que tu dis?» « Oui, maman , répondit-il , elle est certainement de lui , et il sera un jour l'honneur et le soutien de sa famille. — Je remercie donc la Providence, s'écria-t-elle , de ce que la dernière lettre que je lui ai écrite ne lui est pas parvenue. Oui , mon cher , continua-t-elle , en se tournant vers moi , je vous avouerai à présent que , quoique le ciel nous traite avec rigueur à d'autres égards , il nous a été favorable dans cette occasion-ci. Dans la dernière lettre que j'ai écrite à mon fils , et que j'ai écrite dans l'amertume de mon coeur , j'ai exigé de lui, sur le respect qu'il me doit, et sur son honneur,de faire rendre justice à son père et à sa sœur, et de nous venger : mais grâces à celui qui dirige tout, la lettre n'a pas été rendue, et je suis tranquille. — Femme, m'écriai-je, vous avez fait là une très-mauvaise action, et dans un autre temps, mes reproches auraient été plus se-

HK WAK.EFIELD. XI9

véres. Oh I à quel terrible précipice tous ête»voiis livrée? il tous aurait ensevelis, vous et votre fils , dans une ruine éternelle. Il faut reeonnaitre que la Providence nous a été plus favorable que nous ne l'avons mérité. Elle a réservé ce fils pour être le père et le protecteur de mes enfants quand je ne serai plus... Que j*ai été injuste de me plaindre de ce que j'étais privé de toute consolation, quand j'apprends qu'il est heureux , et qu'il ignore nos afOictioQS , qu'il me reste encore ce fils pour soutenir sa mère dans son veuvage , et pour protéger ses frères et ses sœurs ! Mais je n'y pense pas de dire ses sœurs ; il n'en a plus à présent; elles sont toutes perdues , elles m'ont été enlevées , et je suis ruiné. — Mon père , dit mon as en m'interrompant , permettezmoi de vous lire sa lettre ; je sais qu'elle vous fera plaisir. Je lui en donnai la permission , et il lut la lettre qui suit :

« Mon très-honoré père, « Je détourne pour quelques instants ma vue

120 LE MXiriSTRK

des plaisirs qui m'environnent , pour la fixer sur des objets qui lui sont encore plus agréables; le petit coin du feu de la maison paternelle. Mon imagination me représente le groupe iunocent de mes frères et sœurs , prêtant une oreille attentive à chaque ligne de la présente. Je vois avec plaisir ces visages qui n*ont jamais éprouvé les difformités que produit le luxe , ou le besoin; mais quelque beun&ux que vous soyez à la maison , je suis sdr que ce sera une augmentatiou à votre félicité , d'apprendre que je suis parfaitement content de mon état, et le plus heureux des hommes.

«Notre régimeut a reçu un contre-ordre, et ne sortira pas du royaume. Le colonel , qui me regarde comme son ami , me mène dans toutes les compagnies qu'il fréquente; et après une première visite , j*ai la satisfaction de voir que, quand j'en fais une secoude, je suis reçu avec considération. J'ai dansé l'autre jour avec milady G..., et si je pouvais oublier la personne cpie vous savez, je serais peut-être dans le cas de réussir auprès de cette dame : mais c'est mon destin de me ressouvenir des autres; tandis que

DE Wi-KEVIELD. [«C

je sois moi-même oublié par la plapait de met amis absents, att nombre desquels je crains, mon très-honoré père , que je ne doive vous compter; carj*ai attendu long-temps sans effet le plaisir d*uoe lettre de la maison. Olivia et Sophie avaient aussi promis de m*écrire, mais elles semblent m*avoir oublié : dites-leur de ma part que ce sont deux petites friponnes, et que je suis en ce moment dans la plus grande co* 1ère contre elle8.Cependaat, je ne sais comment il se iait que, quoique je veuille gronder un peu, mon cœur cède à dé plus douces émotions* Dites4eur donc, mon cher père, que, malgré tout, je les aime le plus tendrement, et soyex anoré que je demeure a jamais

Votre respectueux JUs, »

«c Quelles grâces n*avons-nous pas à rendre dans tous nos malheurs, ra'écriai*je, de ce qu'au moins an de notre famille est exempt de ce qae nous souffrons ! Que le ciel le conserve et continue son bonheur pour qu'il soit le support de sa mète et le père de ces deux enfants^ oe qui est tout le patrimoine que je puis lui //. 9*

Page 1