‹ Le ministre de Wakefield (volume 2)Chapitre 14 sur 18 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Lueurs d'espérance. Ne nous laissons point abattre, et la fortune changera à la fin eu notre faveur.

QtTÀiTDJ'eus fini mon exhortation, etque mon auditoire se fut retiré, le geôlier, qui était un des plus humains de sa profession , me pria de ne pas prendre en mauvaise part ce qu'il allait faire, me faisant observer que son devoir Tobligeait de renfermer mon fils dans une chambre plus forte; mais qu'il lui permettrait de venir me voir tous les matins. Je le remerciai de sa complaisance; et serrant la main de mon fils, je lui dis adieu , et lui recommandai de penser au grand c^vre qu'il avait à achever.

Je me recouchai donc sur ma paille , et un de mes petits lisait à côté de mon lit , quand M. Jeukinson entra, et me dit qu ou avait des nouvelles de ma fille; qu^une personne l'avait

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irue environ deux heures auparavant à la ctaa^ pagnie d'un étrange motisienr; qu'ils s'étaient arrêtés au village voisin pour se rafraîchir , et qu'ils semblaient revenir à la ville. A peine Avait - il achevé que le geôlier entra avec uo air d'empressement et de satisfaction , pour m'informer que ma fille était retrouvée. Moise accourut un moment après, en criant que sa soeur Sophie était eu bas, et qu'elle montait avec notre ancien ami M. Burchell.

Gomme il m^apprenait cette nouvelle, nn chère enfant entra avec les yean presque égarés par le plaisir, et elle raurut pour m'embraaser dans le transport de son amitié. Les pleurs ft le silence de sa mère montraient aussi sa joie. ««Voici, mon papa, s'écria l'aimable enfent, Voici le brave homme auquel je dois ma délivrance ; c'est à l'intrépidité de monsieur, que i je suis redevable de mon honneur et de ma liberté. » Un baiser de M. Èurchell , dont le plaisir paraissait encore plus grand que le sieo, interrompit ce qu'elle allait ajouter.

« Ah! M. Burchell, m'ccriai-je, vous nous Voyez dans une bien misérable demeare; et

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nous sommes actuellement bien différents de ce que nous étions la dernière fois que vous nous ave^ vus. Vous avez toujours été notre ami. Il y a long-temps que nous avons découvert Terreur dans laquelle nous sommes tombés à votre égard, et que nous nous sommes repentis de notre ingratitude. Après la manière indigne dont je vous ai traité, j^ai honte de vous regarder en face : cependant j'espère que vous serez assez généreux pour me pardonner, puisque j*ai été induit en erreur par un vil et lâche misérable , qui , sous le masque de l'amitié, m'a ruiné.»

«Il est impossible, répondit M. Burchell, que je vous pardonne, parce que vous n'avez jamais mérité mon ressentiment. Je vis alors votre erreur en partie ; mais, comme il n'a pas été en mon pouvoir de v6n» en tirer , je n'ai pu qu'en 9voir pitié. »

«J'ai toujours pensé, m'écriai-je, que vous aviez Tame généreuse; mais à présent j'en suis (>>onv8incu..«.. Dis - moi , ma chère fille , comment tu as été délivrée, et quels étaient les scélérats qui t'eulevaient P »

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<c En vérité , reprit ma fille , quant au scélérat qui m*a enlevée, j*ignore encore qui il est; car, comme nous nous promenions maman et moi, il vint derrière nous; et, avant que j*eusse eu le temps de crier au secours, il me fit entrer de force dans une chaise de poste , et à Tinstant les chevaux partirent au grand galop. J'aperças plusieurs personnes sur le chemin , que j*appelai à mon secours; mais elles ne tinrent au*cun compte de mes prières. Eu même temps le scélérat, employait toutes sortes de moyens pour m'empécher de crier. Il me flattait et me menaçait tour-à-tour, et Jurait que, si je voulais me taire, il n'avait nul dessein de me faire aucun mal. Pendant tout cela. J'avais crevé la toile du store qu'il avait levé ; et la première personne que j'aperçus à quelque distance, fut notre ancien ami M. Burchell, marchant avec sa vitesse ordinaire, et tenant en main le grand bâton pour lequel nous avions coutume de tant le plaisanter. Aussitôt que je fus à portée d'être entendue, je l'appelai par son nom, et j'implorai son secours. Je répétai mes exclamations plusieurs fois : sur quoi , il cria au

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postillon, d^ine voix menaçante, de s'arrêter ; mais celui-ci, loin d'obéir, fouetta plus fort. Je crus alors que M. Burcbell ne pourrait jamais nous atteindre, quand, en moins de quatre minutes, je le vis à côté des chevaux, et d'un cQup de bâton , jeter le postillon par terre. Les chevaux s'arrêtèrent d'eux-mémfis, après la chute de leur conducteur ; et mon ravisseur , sautant de la voilure, en jurant et en menaçant , tira son épée , et lui commanda de se retirer. Mais M. Burcbell vint foudre sur lui , et après avoir brisé son épée en pièces, il le poursuivit près d'un quart de mille ; mais il s'échappa. J'étais alors moi-même sortie de la voiture, dans le dessein d'aider mon libérateur, mais je le vis bientôt revenir à moi triomphant. Le postillon , qui était revenu de son étourdissenaent, voulait aussi s'échapper; maisM» Burcbell lui ordonna de remonter, et de nous conduira à la ville. Comme il ne se trouvait pas en état de résister, il fut obligé d'obéir, quoique la blessure qu'il avait reçue me parût ciaugereuse. Il se plaignit , le loug du chemin, de la douleur qu'il ressentait ; en sorte qu'à la

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