‹ Le ministre de Wakefield (volume 2)Chapitre 15 sur 18 · X42 I<E MINISTRE · texte numérisé non relu

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fin il excita la compassion de M.Burchell, qui, à ma prière, en prit un autre à sa Jilace , à rhôtellerie où nous nous sommes arrêtés en revenant, »

« Soyez donc les bien Venus, m'écfiai-je, toi, ma chère enfant, et vous, son brave libérateur, soyez mille fois les bien venus. Quoique nous n'ayons qu'une pauvre chère à vous donner, nos cœurs sont prêts à vous recevoir.. A présent donc , M. Burchell , que vous avez sauvé ma fille , si vous la regardez comme pouvant être une récompense de votre service , elle est à vous. Si vous pouvez consentir à une alliance avec une famille aussi pauvre que la mietme , prenez ma fille, obtenez son consentement:

comme je sais que vous avez déjà snti oœur , je vous prie d'accepter le mien ; et permettezmoi de vous dire , monsieur, que ce n'est pas un petit présent que je vous fais. On la regarde comme une beauté, cela est vrai ; mais ce n*e$t pas là ce que je veux dire : je vous donne un trésor dans son ame« »

«< Mais je suppose, répondit M. Burchell, que vous savez Tétat de mes affaires, et mon im-

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puissance de la soutenir dans l'état qu'elle mérite. — Si cette objection que vous me faites, répliqiiai-je , est uue évasion de mon offre , je m'en désiste; mais je ne connais pas d'homme si digne de la posséder que vous; et si j'étais en état de donner à ma iàlle des millions , et que des millionnaires me la demandassent en ma<p riage , l'honnête et brave M, Rurcfaell serait celui que je choisirais de préférence. «

Son silence à cette proposition me sembla un refus mortifiant ; et sans répliquer à ma dernière offre , il demanda si nous ne pourrions pas avoir des rafraîchissements de l'hôtellerie voisine. Sur ce qu'on lui dit qu'oui, il ordonna qu'on apportât le meilleur djuer qu'on pourrait préparer sur un ordre aussi prompt.

Il commanda aussi une douzaine de bouteilles du meilleur vin, et quelques cordiaux pour moi : ajoutant, avec un sourire, qu'il votilait foire , une fois au moins , de l'extraordinaire ; et que, quoique dans une prison, il n'avait jamais été disposé à être si joyeux. Le garçon de rhétellerie partit bientôt avec le dioer : le geôlier prêta une table, et parut extrêmement

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en cette occasion. Le pins bel objet dans l'univers, dit un certain philosophe, est un honnête homme aux prises avec Tadversité. Il y en a cependant un plus -bel encore, c'est Thonnéte homme qui vient la soulager. «Je vous reprends encore, étourdi , dit-il à mon fils, dans la même faute qui...^.» » Ici il fut interrom[Mi par un des gens du geôlier, qui vint nous avertir qu'une personne de distinction , qui arrivait à la ville dans son carrosse , avec plusieurs domestiques , présentait ses respects au monsieur qui était ^vec nous, et le priait de lui faire savoir quand il pourrait avoir Tbonneur de le voir. « Dis à cet homme , répliqua notre convive, d'attendre jusqu'à ce que j'aie le temps de le recevoir; » et ensuite se tournant vers mon fils : « Je vous trouve donc encore, monsieur , coupable de la même faute pour laquelle je vous ai déjà réprimandé , et pour laquelle la loi vous prépara maintenant ses justes châtiments. Tous pensez peut-être que le n^épris que vous faites de votre vie, vous donne le droit d'ôter celle d'un autre. Mais on est, je vous prie, monsieur, la diflpèrence entre ledaelUste

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qui hasarde une vie qu^il n*estime pas, et l'assassin qui agit plus sûrement ? Un escroc diminue-t-il sa friponnerie, quand ii allègue qu'il avait mis un jeton au jeu ? »

c* Hélas! monsieur, m*écriai-je, qui que vous soyez, ayez pitié d'un pauvre malheureux qui a été séduit; car ce qu'il a fait, n'a été que par une obéissance aveugle aux ordres d'une mère qui , dans la chaleur de son ressentiment, a exigé de lui qu'il vengeât son injure. Toici, monsieur , la lettre qui servira à vous convaincre de l'imprudence de la mère, et à diminuer la faute du fils. »

Il prit la lettre et la lut promptement.» Ceci, dit-il, quoique ce ne soit pas une excuse complète , diminue tellement sa faute, qu'il me détermine à lui pardonner. Je vois , coutinua-t-il, en prenant alors obligeamment mon fils par la main , je vois que vous êtes surpris de me trouver ici; mais j'ai souvent visité les prisons pour des sujets moins intéressants. Je suis venu actuellement pour voir rendre justice à un digne et honnête homme pour lequel j'ai l'estime la plus sincère. J'ai été long -temps témoin.

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sans le faire connaître , de la bienfaisance de votre père. J'ai joui dans sa petite habitation d'un respect qui n'était pointsouillé par la flatterie ; et j*ai trouvé dans i*amusante simplicité du coin de son feu un bonheur qui ne se rencontre pas dans les cours. J'ai fait savoir à mou neveu que mon intention était de venir ici , et j'apprends qu'il y est venu. Ce serait lui faire une injustice, de même qu'à vous , de le con> damner sans l'avoir entendu. Si l'on a commis des excès, il y aura réparation ; et je puis, sans vanité, me flatter que personne n'a jamais taxé d'injustice le chevalier William Tornhill.» Nous apprîmes alors que le personnage que nous avions si long-temps reçu chez nous, comme une compagnie amusante et sans conséquence , n'était autre chose que le fameux sir William Toruhill , dont les vertus et les singularités étaient connues de presque tout le monde. Le pauvre M. Burchell était, dans le fait, un homme d'une grande fortune et d'un grand crédit , qu'on écoutait avec applaudissement dans le parlement , et que le parti opposé respectait, parce qu'il était ami de son pays, en

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tnéme temp» qu'il était fidèle à son roi. Ma pauvre femme , en se rappelant la familiarité avec laquelle elle Tavait traité , semblait être dans les plus cruelles appréhensions. Mais So> phie , qui , quelques moments auparavant , le regardait comme un homme qui pouvait devenir son époux , voyant alors la distance immense que la fortune mettait entre eux deux , ne pouvait retenir ses pleurs.

w Ah! monsieur , s'écria ma femme d'un ton douloureux , comment est-il possible que j*ob- .tienne jamais mon pardon ? Les insultes que vous avez reçues de moi la dernière fois que j*eus rhonneur de vous voir à notre maison , et ces plaisanteries piquantes que j*eus Taudace de vous faire; je crains, monsieur, que vous ne me les pardonniez jamais. »

«Ma chère madame, répondit -il avec un sourire , si vous avez fait des plaisanteries , j*y ai répondu , et je laisse à juger à la compagnie si ma défense ne valait pas bien votre attaque. Pour vous dire la vérité, je ne connais personne contre qui je sois disposé à être f&ché a présent , excepté contre le drôle qui a si fort

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sans le faire connaître , de la bienfeisance de votre père. J^ai joui dans sa petite habitation d*un respect qui n'était point souillé par la flatterie ; et j'ai trouvé dans Tamusante simplicité du coin de son feu un bonheur qui ne se rencontre pas dans les cours. J'ai fait savoir à mou neveu que mon intention était de venir ici, et j'apprends qu'il y est venu. Ce serait lui faire une injustice, de même qu'à vous , de le condamner sans l'avoir entendu. Si Ton a commis des excès, il y aura réparation ; et je puis^ sans vanité, me flatter que personne n'a jamais taxé d'injustice le chevalier William Tornhill.» Nous apprîmes alors que le personnage que nous avions si long-temps reçu chez nous, comme une compagnie amusante et sans conséquence , n'était autre chose que le fameux sir William Tornhill , dout les vertus et les singularités étaient connues de presque tout le monde. Le pauvre M. Burchell était, dans le fait ., un homme d'une grande fortune et d'un grand crédit , qu'on écoutait avec applaudissement dans le parlement , et que le parti opposé respectait, parce qu'il était ami de son pays, en

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tnéme temps qu'il était fidèle à son roi. Ma pauvre femme , en se rappelant la familiarité avec laquelle elle Tavait traité , semblait être dans les pins cruelles appréhensions. Mais Sophie , qui , quelques moments auparavant , le regardait comme un homme qui pouvait devenir son époux , voyant alors la distance immense que la fortune mettait entre eux deux , ne pouvait retenir ses pleurs.

«« Ah! monsieur , s'écria ma femme d*un ton douloureux , comment est-il possible que j*ob- .tienne jamais mon pardon ? Les insultes que ▼ous avez reçues de moi la dernière fois que j*eus rhonneur de vous voir à notre maison, et ces plaisanteries piquantes que j'eus Taudace de vous faire; je crains, monsieur, que vous ne me les pardonniez jamais. »

«Ma chère madame, répondit -il avec un sourire , si vous avez fait des plaisanteries , j'y ai répondu , et je laisse à juger à la compagnie si ma défense ne valait pas bien votre attaque. Pour vous dire la vérité, je ne connais personne contre qui je sois disposé à être fâché à présent , excepté contre le drôle qui a si fbit

eiSrayé ma petite fille ici. Je p*ai pas eu méoie le temps d'examiner la figure da coquin assez pour pouvoir le désigner dai)s un avertissement. Pourriez- vous , Sophie , ma chère , le reconnaître, si vous le revoyiez? — Je ne suis pas sûre que je le puisse « répondit-elle : cependant je me rappelle qu'il a une grande marque au-dessus d'un de ses sourcils. — Je vous demande pardon de vous interrompre, madame, dit Jeukinson, qui était auprès d'elle; mais voulez-vous bien me dire si cet homme portait ses cheveux, et s'ils n'étaient pas rouges ? — Oui « je le crois , dit Sophie. — Et monsieur , continuait-il , en se tournant du côté du chevalier William , a -t-il observé la longueur de ses jambes ? — Je n'ai pas remarqué leur longueur, répondit le baronnet; mais je suis sûr de leur vitesse , car il m'a surpassé à la course; ce que je croyais que peu d'hommes dans le royaume pouvaient faire. — Sous votre bon plaisir , s'écria Jenkinson , je connais l'homme , c'est certainement le même, le meillew* coureur d'Angleterre. Il a battu le plus fameux à la course : Timothée Baxter est son nom. Je le

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connais parfaitement, et je sais dans quel endroit il est actuellement retiré. Si monsieur veut ordonner au geôlier de me laisser sortir avec deux hommes, je m'engage de vous Ramener dans une heure au plus. » Là- dessus le geôlier fut appelé, et ayant paru aussitôt, le chevalier William lui demanda s'il le conuaissait. « J'ai cet honneur, répondit le geôlier. J'ai l'honneur de connaître très - bien le chevalier William Toruhill ; et tous ceux qui ont le même honneur désireraient le connaître davantage. — Cela étant, reprit le baronnet , ce que je voua demande, est que vous permettiez à cet homme et à deux de vos domestiques d'aller, de ma part, exécuter une commission que je lui donne; et comme je suis un des juges du comté, je me charge de tout ce qui peut en arriver. — Votre parole me suffit , reprit le geôlier, et vous pouvez, quand il vous plaira, les envoyer partout où vous jugerez à propos. »

En conséquence, Jenkinson fut dépêché pour aller chercher Timothée Baxter, pendant que nous nous amusions à rire de la liberté de notre plus jeune enfant , qui grimpait sur ta

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diaise du chevalier WiHiam pour Fembrasaer.

Sa mère allait le châtier pour sa femiliarité ; mais ce cligne homme la prévint , et prenant Teofant, tout en haillons comme il était , sur ses genoux : « Eh bien ! gros garçon , lui ditil, te ressouviens-tu de ton ancien ami Barchell ? Et ton frère Dick, mon ami, est-il là? Vous voyez que je ne vous ai pas oubliés.» En même temps qu*il leur parlait ainsi , il leur donna un gros morceau de pain d*épice , que les pauvres enfants mangèrent avidement, n'ayant eu qu'un fort léger déjeuner le matin. Nous nous mîmes alors à table pour le diner, qui était presque froid. Mais auparavant, comme mon bras continuait à me faire mal, le chevalier William m'avait écrit une ordonnance ; car il avait étudié en médecine pour son amusement, et il était assez habile dans cette profession. J'envoyai chercher le remède qn*il m'avait prescrit, chez un apothicaire du lieu , et je me sentis soulagé presque aussitôt que j'en eus fait usage. Nous fûmes servis an dîner par le geôlier lui-même, qui s'empressait de rendre à notre hôte tou» les honneurs qi»il

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pouvait. Mais, avant que nous eussions achevé de dîner, il arriva un autre domestique de la part de son neveu , qui demandait la permission de paraître pour justifier son innocence et défendre son honneur. Le haronnet se rendit à sa demande, et donna ordre qu'on Tintroduisir.

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