‹ Le ministre de Wakefield (volume 2)Chapitre 17 sur 18 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Conclusion.

Eir m'éveillaDt, je trouvai mou fils allié à côté de mon lit, où il était venu pour augmenter ma satisfaction par la nouvelle d une autre révolution heureuse dans ma fortune.

D*abord il me déchargea de Tobligation que j'avais faite en sa faveur le jour précédent; ensuite il m*apprit que le marchand qui avait mes fonds, et qui avait fait faillite, avait été arrêté à Anvers, où. il avait laissé des effets pour plus que ses dettes ne montaient. La générosité de mon fils me fit presque autant de plaisir , que cette bonne fortune inattendue ; mais j*eus quelques doutes si je pouvais honnêtement accepter son offre. Tandis que je réfléchissais là-dessus , sir William vint à eotrer,

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son bonheur, et je donnerai au futur Soo Ht.

sterling de dot, avec quoi ils pourront vivre ensemble avec aisance. Allons, miss Sophie, que dites-vous de mon arrangement? » Ma pauvre fille parut prête à s'évanouir dans les bras de sa mère , à cette odieuse proposition. « L^épouser! monsieur, s'écria-t-elle d'une voix douloureuse. Non, monsieur, jamais. — Comment, reprit-il . ne point vouloir de M. Jenkinson, votre bienfaiteur, un jeune garçon bien fait , avec 5oo Ut. sterling et des espérances? — Je vous prie, monsieur, répondit-elle d'une voix étouffée, de vouloir bien abandonner ce projet, et de ne me pas rendre si malheureuse. — T eut-il jamais une pareille obstination ? reprit-il. H.efiiser ua homme à qui la famille a tant d'obligations, quia préservé. votre sœur? Pourquoi nÀvoolez-vous pas de lui? — Non, monsieui'. Jam vis^i répondit-elle avec courroux. J'aimerais mié<>^ mourir. — Cela étant ainsi, reprit-il, si vou^ ne voulez pas de lui... Pour moi , je crois que je veux bien de vous. » En disant ces mots , il la pressa contre son sein avec ardeur.«Ma chère amie, s'écria-t-il, comment avez- vous pu croire

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lant vers Téglise , à laquelle je marchais à leur tête; il neme fut pas possiblede les contenirdans un air de gravité, et je fus plusieurs fois tenté de me retounier pour leur en faire des réprimandes. Quand nous fûmes à l'église , il arriva une autre difQculté dont la solution parut assez facile : ce fut de savoir qui serait marié le premier. La future de mou fils insistait fortement pour que lady ToruhiU, ou du moins celle qui allait Tètre, passât la première; mais l'autre refusait aussi fortement, protestant qu'elle ne voudrait pas commettre une telle impolitesse pour toutes cboses au monde. La contestation se soutint entre elles deux pendant quelque temps, avec autant d'opiniâtreté que de politesse. Mais comme, pendant toute celte dispute , j'étais debout, mou livre ouvert, je me lassai d'attendre, et en le fermant : et Je vois bien , m*écriai'je, que ni l'une ni l'autre ne veulent être mariées , et que nous ferons aussi bien de nous en retourner , car il n'y aura rien de fait aujourd'hui. » Ma vivacité les mit à la raison : le baronnet et sa future furent mariés les pre-

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pour nous conduire à rhôtellerie, où tout était disposé pour notre réception. Ma femme et moi nous menions la bande, et nous quittâmes cette ténébreuse demeure d*afiQiction. Le généreux baronnet fit distribuer aux prisonniers 4oliv. sterling. M.Wilmot, à son exemple, en donna 20. Nous fûmes reçus avec les acclamations des habitants, et je serrai la main de deux ou trois de mes paroissiens qui se trouvèrent dans le nombre. Ib nous suivirent jusqu'à rhôtellerie, où nous trouvâmes un repas somptueux, et où nous fîmes distribuer des provisions à la populace.

Après le souper , comme j'étais fatigué par les alternatives de plaisirs et de peines que j*avais éprouvés dans la journée, je demandai la permission de me retirer, et je quittai la compagnie au milieu de la joie qui y régnait Sitôt que je me trouvai seul, je remerciai celui qui donne la joie aussi bien que raffliction, et je reposai d'un sommeil tranquille jusqu'au lendemain matin.

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