‹ Le ministre de WakefieldChapitre 3 sur 49 · X ESSAI · texte numérisé non relu

X ESSAI

de ses oncles, homme excellent, d'un sens droit, et d'un esprit éclairé. Indulgent sans faiblesse, mais prévoyant l'avenir, M. Contarini conseilla à son pupille de faire enfin choix d'un état honorable, et qui pût lui assurer une existence. Sachant qu'il avait essayé, sans succès, la carrière du commerce, et ne lui voyant point de vocation pour l'état ecclésiastique, il pensa que la jurisprudence pourrait avoir de l'attrait pour lui. Il lui proposa donc d'aller à Londres pour étudier le droit à l'école du Temple. Goldsmith accepta cette proposition, et quelques jours après il partit pour la capitale.

En se rendant à Londres, il s'arrêta à Dublin, où il retrouva quelques-unes de ses anciennes connaissances qui le fêtèrent : toujours imprévoyant et toujours facile, il se laissa entraîner dans des sociétés où des escrocs le dépouillèrent au jeu d'une cinquantaine de guinées, qu'il tenait de la générosité de son oncle, et qui étaient destinées à un plus noble usage. Il se vit donc obligé de revenir sur ses pas : il confessa sa faute à sa mère et à son oncle, qui la lui pardonnèrent. Dégoiité de la jurisprudence, avant de l'avoir étudiée, il prétendit avoir un penchant véritable pour la médicine, et pria sa famille de l'envoyer à l'université d'Edimbourg. Sa mère et son oncle ayant donné leur aveu à ce nouveau projet, il quitta la maison paternelle pour se rendre en Ecosse.

Pendant quelques mois, Goldsmith se montra fort assidu aux coi^rs des professeurs ; mais sa légèreté naturelle ne lui permit pas de persévérer long-temps dans la bonne route»

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