SUR GOLDSMITH. XV
teurs de la compagnie des Indes, pour le faire nommer à la place de médecin de l'une des factoreries anglaises, sur la côte de Coromandel. Mais, pour entreprendre un pareil voyage, il fallait faire quelques dépenses préliminaires, et Goldsmith était sans argent ; ce fut pour y subvenir qu'il se proposa de publier par souscription son Essai sur la Littérature. Le succès qu'obtint cet opuscule passa son attente ; son talent venait de se révéler, et Taurore de la prospérité commença dès alors à luire pour lui. Les libraires accouraient chez lui pour lui commander des ouvrages, et bientôt il se trouva surchargé de travaux littéraires. Il abandonna ses projets de voyage avec la même facilité qu'il les avait conçus, et se voua entièrement à la littérature. Le propriétaire du Monthly Meview, jaloux de s'attacher un homme qui s'annonçait sous des auspices aussi brillans, proposa à Goldsmith de s'attacher à son journal, pour y traiter la partie critique. Il y consentit ; mais, quelques mois après, le traité qu'il avait souscrit fut rompu d'un commun îï.ecord. La fortune commençait à lui sourire ; il quitta le chétif logement qu'il occupait, et en prit un plus convenable. C'est là qu'il composa ie Ministre de JVakefieîd. En changeant de situation, Goldsmith n'avait point changé de caractère ; sa facilité et son imprévoyance étaient toujours les mêmes, et elles le jetèrent bientôt dans des embarras pécuniaires tels, qu'il se vit emprisonner à la requête d'un de ses créanciers. Le célèbre docteur Johnson, qui estimait ses talens comme écrivain, et qui lui portait une affection qui ne s'est jamais démentie, informé de sa situation, se