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bles pour lesquels Goldsmith composa des préfaces, on cite particulièrement V Histoire du Monde, par William Guthrie, 13 vol. mS% ; et le Système d^ Histoire natureUe, du docteur Brooks, 6 vol. in-12. Dans la préface de ce dernier ouvrage, Goldsmith déploya une telle richesse de style, et une grâce de diction si attachante, que les libraires l'engagèrent à faire, lui-même, une Histoire naturelle de la Terre et de la Nature animée.
Il entreprit effectivement cet ouvrage, qui lui coûta beaucoup de temps et beaucoup de peine, mais qui, malgré l'élégance soutenue avec laquelle il est écrit, et l'intérêt dont il est rempli, manque d'exactitude, et ne présente aucunes vues nouvelles. C'est au sujet de cette production que Johnson disait : '^ Goldsmith est maintenant occupé d'une histoire naturelle qu'il rendra aussi amusante qu'un conte persan." Il écrivit ensuite une Vie de Parnell pour une édition de ses poëmes, et il sut donner une couleur si intéressante aux divers événemens de la vie de ce poëte, qu'il fit, en quelque sorte, disparaître l'aridité du fond sous le charme de la narration. Quelque temps après, il publia la Vie du lord Bo- UngbroJce, qui précède ses œuvres.
Ce fut en 1769 que Goldsmith publia son admirable poëme du Village abandonné (the Désert ed Village), qui mit le sceau à sa réputation. Cet ouvrage était composé depuis plusieurs années, mais comme il y attachait une grande importance, il le retouchait sans cesse, et paraissait n'en être jamais satisfait. Un libraire lui ayant offert cent guinées pour le manuscrit de ce poëme, il les accepta. Il venait
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de conclure ce marché, lorsque, rencontrant un de ses amis, iJ lui fit part de cette bonne fortune. — " C'est beaucoup," lui dit l'ami, "pour un ouvrage d'aussi peu d'étendue. " — *' Je le pense comme vous," dit Goldsmith ; et quittant précipitamment son interlocuteur, il court chez le libraire, le force à reprendre le billet qu'il venait de lui faire, en lui disant qu'il ne consentirait à être payé qu'à raison du bénéfice qui résulterait de la vente de son ouvrage, bénéfice qui, heureusement, fut considérable.
Lors de l'établissement de l'Académie royale de Pein» ture, sir Josué Reynolds, qui en avait été nommé président, fit donner à Goldsmith le titre de professeur d'histoire, titre honorable, sans doute, mais sans fonctions ni traitement C'est au sujet de cette place que, dans une lettre à son frère Maurice, il disait : '' Les honneurs et les distinctions m'ac- '' câblent, mais dans ma position, ils sont pour moi ce que *' seraient des manchettes à un homme qui n'aurait pas de " chemise." Cependant cette place, en lui ouvrant l'accès des maisons les plus considérables de la capitale, lui procurait les moyens d'exercer son penchant naturel à la bienfaisance, et il laissait rarement échapper l'occasion d'être utile aux autres ; le célèbre Thomas Paine, qui connaissait son obligeance, lui écrivit un jour, pour le prier de solliciter une augmentation de traitement pour les agens chargés de percevoir l'excise ; et il l'obtint.
Au mois de mars 1773, Goldsmith fit jouer, à Covent- Garden, sa comédie intitulée : Les Méprises d'une nuit, etc, ( The Mistakes of a Night, or S/te Stoops to Conquer.)
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Cette pièce que le directeur de ce théâtre n'avait reçue que sur les instances les plus pressantes des amis de l'auteur, eut un succès inespéré ; et elle le méritait. Elle ramena le public au goût de la bonne comédie, qu'il avait abandonnée pour le comique larmoyant. Cette pièce eut encore un autre avantage pour Goldsraith ; elle lui valut, en un an, près de mille guinées. Mais il n'en était pas plus riche ; la passion effrénée qu'il avait eue pour le jeu n'était point entièrement éteinte, et elle absorbait une grande partie de ses bénéfices. Ayant souvent beaucoup plus d'argent qu'il n'en pouvait dépenser pour ses besoins, il le versait à pleines mains autour de lui, croyant peut-être se dédommager ainsi de la privation qu'il en avait autrefois éprouvée. Comme on le connaissait généreux, on abusait souvent de son penchant à la bienfaisance ,• il était sans cesse accablé de demandes et d'importunités. Souvent aussi, l'on tirait parti de son excessive crédulité, et le trait que nous allons rapporter en est la preuve.
Un certain Carteret Pilkington, écrivain obscur, qui avait déjà plusieurs fois emprunté de l'argent à Goldsmith sans le lui rendre, arrive un matin chez lui, tout joyeux, et lui dit que sa fortune est faite s'il veut bien encore lui prêter deux guinées seulement. Il lui apprend alors qu'il a en sa possession deux jolies petites souris blanches, qu'il se propose d'offrir à la Duchesse de Marlborough, qui l'honore de sa protection» Mais pour se présenter chez sa seigneurie, il faut un habit décent ; et c'est pour s'en procurer un qu'il vient le conjurer de lui prêter cette somme. Goldsmith n'avait point