SA PREUVE HISTORIQUE
c Ld Dieu d« nos Pères a ressuftcitè Jèdus» (|ue tous aves fait mourir, le pendant au bois. Et Dieu l'a élevé par sa puissance pour être Prince et Sauveur, afin de donner à Israël U repentance et la rémission des péchés. — Et nous lui sommes témoins des choses que nous disons, aussi bien qae le Saint- Esprit que Dieu donne à ceux qui lui obéissent. »
Act., v, 3a-a2.
Nous avons consacré quelques-unes de nos dernières prédications à un côté important de la vie de Jésus-Christ : ses œuvres de délivrance par lesquelles il se manifeste à nous, au sein de tous nos maux, comme un libérateur puissant et miséricordieux, comme Sauveur. Nous avons essayé de vous montrer la possibilité de ses miracles dans
la création où Dieu règne» leur réalité dans la rédemption qui est elle-même le grand miracle de la puissance et de l'amour de Dieu ; nous avons enfin attiré votre attention sur les rapports de ces manifestations divines avec notre foi. Que nous reste-t-il à faire dans notre ardent désir de convaincre ceux qui doutent et d'affermir la foi de ceux qui croient? — Puisqu'on objecte aujourd'hui contre les miracles qu'ils ne sont pas historiquement constatés, et que cette objection se trouve raisonnée ou instinctive dans plus d'un esprit peu familiarisé avec la question, il faudrait prouver la vérité historique des miracles. — Mais comme cette démonstration n'est autre, au fond^ que celle de l'histoire évangélique tout entière, je veux m' efforcer de la résumer dans la preuve historique d'un miracle qui, par sa nature et sa grandeur, suppose et couronne tous les mira* clés de. Jésus-Christ : je veux dire sa glorieuse résurrection. Nous aurons en outre par là le précieux avantage de nous placer, non pas en présence de quelques actes plus ou moins importants de sa vie, mais au centre même de son oeuvre dé rédemption. Il ne s'agit plus seulement pour nous de savoir s'il a guéri des malades ou ramené des morts à la vie, mais de savoir s'il nous a sauvés nous-mêmes du double désastre du péché et de la mort, dont nous sommes les victimes. Il s'agit de nos seules consolations véritables dans la vie, de
nos plus chères espérances pour notre dernière heure et pour Téternité. Ai-je besoin de vous demander pour un tel sujet votre plus sérieuse attention?
Recueillons aujourd'hui les preuves du fait historique de la résurrection de Jésus-Christ, et plus tard nous en indiquerons les conséquences*.
* Il est évident que pour établir la vérité d'un fait, il faut consulter avant tout les documents historiques qui en font foi; ici ces documents sont en première ligne nos Évangiles et le livre des Actes. A ceux qui révoquent en doute la crédibilité de ces documents, nous n'avons rien à dire ici, vu que nous n'écrivons pas une introduction aux livres historiques du Nouveau Testament. Je me trompe : il s'agit du fait de la résurrection de Jésus-Christ. Or, ce fait est attesté par les Épitres apostoliques, parcelles surtout dont la critique la plus négative n'a jamais nié l'authenticité. Toutes ces Épitres posent ce fait à la base même du Christianisme, elles en sont toutes imprégnées, vivifiées. Supposez donc que la critique parvienne à déchirer du Nouveau Testament les cinq livres historiques qu'il renferme, qu'y aura-t-elle gagné pour sa thèse? En y insistant par cet argument, elle nous mettra dans la tentation de penser que tel est son bon plaisir : Slat pro raiione volunlas! — Quant à deux qui, sans nier la vérité des livres historiques en général, se réfugient dans les divergences des récits évangéliques de la résurrection de Jésus- Christ, nous leur dirons : Nous reconnaissons avec vous ces divergences de détail; mais le fait lui-même en est-il moins attesté dans chaque récit avec la conviction la plus claire et la plus vivante? Quel fait de l'histoire admettrons-nous, si nous voulons attendre que tous les historiens soient d'accord sur tous les points? — L'ardente polémique poursuivie jusqu'à ce jour sur des faits très-importants de la bataille de Waterloo a- 1- elle inspiré à un seul homme raisonnable des doutes sur la réalité de ce grand événement ?
C'est Pierre qui parle dans notre texte, c'est r apôtre de Jésus-Christ qui fait entendre ces solennelles paroles, nous dirons bientôt devant quel auditoire : « Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus que vous avez fait mourir, le pendant au bois. Dieu Ta élevé par sa puissance pour être Prince et Sauveur, afin de donner à Israël la repentance et la rémission des péchés. Et nous lui sommes témoins des choses que nous disons, aussi bien que le Saint-Esprit que Dieu donne à ceux qui lui obéissent. » Tel est le joyeux témoignage des apôtres, tel est le grand sujet de leur prédication, le fait historique dont il s'agit ici pour nous : la résurrection de Jésus -Christ. Avant même d'examiner avec vous la valeur de ce témoignage, je voudrais vous rendre attentifs à deux présomptions importantes en faveur du fait qui doit nous occuper.
J'exprimerai la première par cette question : était-il possible qu'une vie telle que celle de Jésus-Christ, cette vie que nous retracent les quatre Évangiles, dont les Actes des Apôtres, les Épitres, l'Apocalypse, le Nouveau Testament tout entier sont remplis, était-il possible qu'une telle vie finît dans la poussière d'un tombeau? — Pour
78 LE lilRACLË DANS LA VIS DU SAUVEUR
nous qui croyons que Jésus est le fils du Dieu vivant, qui admettons dans sa plénitude sa vie et ses œuvres au sein de notre humanité, cette question est résolue, — résolue en faveur du témoigna-ge apostolique. Celui qui oommandait en maître à la nature, aux vents et à la mer, à la maladie et à la mort, pouvait-il rester lui-même la proie de la mort? — N'est-ce pas le cri de la conscience chrétienne, je dirai même de la raison, qu'un apôtre faisait entendre dans sa première prédication, au jour de la Pentecôte : « Dieu Va ressuscité, ayant brisé les liens delà mort, parce qu'il n'était pas possible qu'il fût retenu par elle?» Mais à ceux qui conservent encore des doutes sur la nature et sur les œuvres du Sauveur, à ceux qui ne sauraient, par conséquent, trouver dans sa vie le garant de son triomphe sur la mort, nous présenterons cette première présomption sous une autre forme. Nous leur dirons : Vous croyez du moins la pureté, la véracité, la sainteté de son caractère moral. Et bien, écoutez : il a dit au sein des ténèbres de cette terre : « Je suis la lumière du monde, » — Il a dit en présence des stériles efforts de notre pauvre humanité, pour retrouver le chemin de la vérité et de la vie : «( Je suis le chemin, la vérité et la vie. » — Il a dit sur le bord d'une tombe, où il pleurait avec des amis sur les ravages de la mort : « Je suis la résurrection et la vie, celui qui croit en moi, quand il
LA RÉ8URRBCTI0X D8 JÉSUS-CRRIST 79
serait mort, vivra. » ' — Il a ajouté, dans le sentiment de la vérité éternelle de ces déclarations : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. » — Et lui-même serait resté la proie de la mort I Sortez, si vous le pouvez de cette contradiction morale. Bien plus, à plusieurs reprises, il a prédit à ses disciples sa résurrection ; s'il n'est pas ressuscité, il les a déçus, et alors, voyeas-vous la nuit, une nuit profonde, étendre sur eux ses voiles? — Gela est-il d'accord avec les faits? — Nouvelle et insoluble contradiction!
Voici notre seconde présomption. Pour la bien saisir, nous nous transportons par la pensée à Jérusalem, au matin de ce premier jour de la semaine après Iq. mort de Jésus-Christ. — A la suite des femmes galiléennes, avec les disciples Pierre et Jean, nous pénétrons dans ce jardin de Joseph d'Arimathée, nous nous approchons dq cette grotte où il a déposé le corps de Jésus, nous y plongeons nos regards. Son corps meurtri n'y est plusl Ce tombeau est vide, le fait est certain. Pourquoi certain? — Parce que les disciples l'ont affirmé? — Non, mais parce que, à la première annonce de sa résurrection, tout habitant de Jérusalem, tout membre du Sanhédrin put aller s'assurer du fait, et n'y manqua certainement pas. — Si Jésus n'est pas ressuscité, son corps a donc été enlevé. Par qui? — Par ses ennemis?
— Ils s'en seraient bien gardés; ils auraient accrédité par là la croyance à sa résurrection. Par ses disciples ? — Il n'y a plus personne aujourd'hui qui ose leur attribuer cette indigne fourberie. Les plus incrédules eux-mêmes en abannent l'idée à ces pharisiens sans conscience, qui demandaient à Pilate une garantie contre cette éventualité. — Ne voyez-vous pas que notre présomption subsiste ? — Le tombeau est vide, parce que Jésus est ressuscité.
C'est ce qui va ressortir, pour tout esprit non prévenu, du témoignage apostolique. Afin d'en mieux apprécier la valeur, remarquons tout d'abord que, dans l'immense domaine de l'histoire, il n'est aucun fait universellement admis, qui le soit sur un autre fondement que celui du témoignage historique. L'histoire de la philosophie n'a d'autre connaissance de la vie et des enseignements de Socrate, dont elle ne doute pourtant pas, que par les rapports de ses disciples, un Platon, un Xénophon. L'histoire politique des empires depuis César, Charlemagne et Napoléon repose sur le témoignage et n'a pas d'autre garantie de vérité. Nous nous contentons du témoignage, même dans les sphères des
LA RÉSURRECTION D£ JËSÙS-CHRIST 8i
sciences que nous n'avons pas cultivées nousmêmes, et dont pourtant nous admettons les résultats. Nul de nous, probablement, n'a vérifié les calculs astronomiques par lesquels on a mesuré la distance qui nous sépare du soleil, et nous y ajoutons foi. Il n'est pas jusqu'aux transactions les plus ordinaires de la vie qui ne reposent sur ce fondement. Vous avez reçu d'une ville étrangère des renseignements favorables et dignes de votre confiance sur une maison de commerce qui demande à entrer en relation d'affaires avec vous, et sur ce témoignage, vous n'hésitez pas à risquer une partie de votre fortune.
Seulement, il faut que les témoins auxquels nous nous en rapportons, soient bien informés et moralement dignes de confiance. Trouveronsnous dans les disciples de Jésus cette double garantie ?
Bien informés? — Qui jamais le fut mieux qu'eux? De quoi s'agit-il? — Non pas d'une question métaphysique ou d'un problème de philosophie, mais d'un fait, d'un fait qui est entièrement à leur portée et très-facile à constater : Leur Maître est-il ressuscité, oui ou non? Telle est la question .
Comme ils le connaissaient ce Maître bien-aimé I Choisis par lui dès l'entrée de son ministère, en vue de ce témoignage qu'ils auraient à rendre pour notre humanité tout entière, ils avaient été
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journelleiïient aveo lui, constamment témôina dis ses ceuvrea, auditeurs de ses enseignements ; leur àme avait été chaque jour pénétrée de la puis- 9anoe de sa parole, au point de s'écrier, dans un élan de confiance sans bornes 5 « A qui irionsnous, tu as les paroles de la vie éternelle I » — Jusqu'à cette dernière nuit de ses souffrances, q'est dans leur coeur qu'il avait versé les trésors de la vérité divine et de son amour. . . Ah I s'il revient à eux, «'Prôs les quelques jours de ténèbres et d'angoisse qui vont suivre, comme ils le reconnaîtront! comme leur toe tressaillira à m voixl
C'est ce qui eut lieu selou tous nos Évangiles 5 et oe ne fut ppiut dans une entrevue inoertaine, dq-ns une rapide apparition, qu'ils retrouvèrent Celui que leur àme av^it soif de revoir. Écoutons les premiers mots de l'Év^-ugile de saint Luc ; «J'ai parlé dans mon premier livre, ô Théophile, de toutes les choses que Jésus a faites et a enseignées, jusqu'au jour où il fut élevé dans le ciel, après avoir donné ses ordres par le Saint-Esprit au^ ^.pâtres qu'il avait choisis; auxquels aussi, après qu'il eut^ souffert, il se montra lui-môme vivant, et leur en donna plusieurs preuves, se f^i^ sant voir à eux pendant quarante jours, et leur parlant de ce qui regarde le royaun^e de Pieu. » — Ah' il leur fallait toutes ces preuves, tous ces entretiens, toutes ces comfiaunications nouvelles fi^vec lui durant quarante jours, tous ces derniers
LA RâSDBRECTION DE JÉSUS-GHRIST 83
enseignements sur l'avenir de son règne, pour
produire en eux une convietion aussi profonde
que l'avait été la défaillance de leur foi. Le
premier mouvement de tous, à la nouvelle de sa
résurrection, fut le doute, un doute persistant.
En vain les femmes viennent leur annoncer
qu'elles ont vu son tombeau vide, que des en^
voyés célestes leur ont déclaré qu'il est ressuscité ;
en vain, deux d'entre eux ont vérifié ces faits;
en vain Jésus lui-même est apparu à Marie Mag-
deleine, ils ne croient pas. Il faut qu'il se présente
lui-même vivant au milieu de leur assemblée,
qu'il les salue de sa voix si . connue, par cette
parole qui pénètre jusqu'au fond de leur cœur ;
« Que la paix soit avec vous I » -— Il faut qu'il ap'
paraisse à deux autres d'entre eux dont le cœur,
disent'ils, brûlait en Téçoutant; il faut que ces
deux disciples, accourant auprès de leurs frères,
leur apprennent la grande nouvelle, tandis que
ceux-oi leur répondent qu'eux-mêmes ont vu et
entendu le Seigneur, Et môme après tout cela,
l'un d'eux déclara, en s' obstinant dans son doute,
que s'il ne voit son Maitre de ses propres yeux,
que s'il ne reconnaît les marques des clous en
ses mains, que s'il ne met sa main dans son côté
pour en toucher la plaie, il ne croira point. Il crut
enfin quand, par une touchante condescendance
du Seigneur, ces preuves matérielles lui furent
données. Ils crurent tous, mais seulement par une
évidence à laquelle nul d'entre eux ne put plus résister. Ils crurent alors, non-seulement par cette évidence extérieure des sens, mais par une vivante conviction de leur âme, pénétrée, vivifiée par sa présence, par sa parole, par une communion toute nouvelle avec lui. C'est alors qu'une Marie exhale dans son sein son cri de bonheur : « Rabboni, ô mon Maître! » — Alors que Thomas, s' élevant des obscurités du doute à la certitude de la foi, s'écrie avec adoration : « Mon Seigneur et mon Dieu I » Alors que Pierre , l'angoisse dans le cœur, altéré de pardon et de réconciliation, accourt, recherche son Maître, jusqu'à ce que cette parole d'amour vienne rendre la vie à son âme : « Simon, fils de Jonas, m'aimestu?» — Et toutes ces communications personnelles, d'une si haute sublimité par les dernières instructions du Sauveur, d'une si ineffable tendres3e par les derniers témoignages de son amour, se prolongent durant six semaines, jusqu'à ce jour suprême où ils le virent s'élever dans sa gloire, après avoir reçu de lui encore une fois, avec ses derniers ordres, cette sanction de leur mission apostolique : « Vous me serez témoins tant à Jérusalem qu'en toute la Judée", et dans la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre. »
Je le demande, y eut-il jamais sur aucun fait historique des témoins si bien informés? — Mais
LA RÉSURRECTION DE JËSUS-GHRIST 85
ces témoins sont-il dignes de confiance? — Telle est la seconde question qui s'offre à nous.
Il fut un temps où l'incrédulité résolvait négativement cette question et posait aux origines du Christianisme une grande imposture. Aujourd'hui, elle y a renoncé; elle a eu honte d'une accusation contre laquelle s'insurge la conscience humaine; elle a senti qu'un tel jugement sur les disciples de Jésus retombait de tout son poids sur elle-même et la marquait au front d'un sceau ineffaçable de mauvaise foi et d'immoralité *. Elle a donc recouru à un autre moyen. Les apôtres ne sont plus à ses yeux des imposteurs, mais les pre-
* Cest à Baur, de Tubingue, que revient principalement de nos jours le mérite d'avoir absous d'imposture les disciples du Sauveur. 11 leur fait l'honneur de les croire convaincus : « Un messie qui avait succombé à la mort, dit-il, que pouvait-il être encore au plus fidèle adhérent de sa cause? Il n'y avait plus ici que cette alternative : Ou la foi en lui devait s'éteindre en sa mort, ou bien il fallait que cette foi, si elle était assez ferme et assez forte, brisât les liens de la mort et passât de la mort à la vie. Rien d'autre que le miracle de la résurrection ne pouvait dissiper les doutes qui paraissaient devoir jeter la foi elle-même dans la nuit éternelle de la mort... Pour la foi des disciples, la résurrection de Jésus-Christ était devenue la certitude la plus ferme, la plus inébranlable. Ce n'est que dans cette foi que repose le fondement du Christianisme et de tout son développement historique. » {Gesehiehie der ckristUchen Kirehe, t. III, p. 39 et suiv.) — Mais comme malgré ces aveux, le théologien panthéiste ne peut pas admettre le fait de la résurrection de Jésus, la tâche de l'historien, selon lui, n'a pas pour objet la réalité de cette résurrection « dont nous ne savons pas même ce qu'elle est en soi, » — mais le fait qu'elle fut pour la conscience des disciples une certitude ; — or, comme ce dernier fait échappe à toute analyse psychologique, il suffit à l'histoire d'en constater la réalité. Étrange manière d'étudier l'histoire! Voici un événement 4*iine immense importance ; Nous ne
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mières dupes d'une erreur à laquelle il» ont ajouté foi, d'une illusion qu'ils ont fait partager à d'autres, C'est-à-dire que, pour ne pas accuser d'imposture les apôtres dâ Jésus-Christ, ell^ fait d'eux des esprits faibles, des idiots ou desvisionïxaires I Qui reconnaîtra à ces traits les disciplesi du Sauveur ? — Est-il plus facile de nous faire voir en eux des visionnaires sansf intelligence, que des imposteurs à la conscience endurcie? -^ Eh bien, imposteurs ou visionnaires, peu m'importe dans la question qui nous occupe, car je vais vous prouver que l'une et l'autre de ces inculpations sont également impossibles.
Impossibles, vous dis-je, et, tout d'abord, à cause du temps et du lieu où ce témoignage fut rendu pour la première fois. Quand est-ce, en effet, que les apôtreg proclamèrent la résurrection
prodiguerons point nos investigations à en constater la réalité bu la fausseté. Nous savons seulement que les témoins qui le rapportent en étaient fermement canvaineus ; mais comme nous ne pouvons dire -de quelle manière ils ont acquis cette convietion, ne le recherehoni pas, et restons- en là. -nOn sait que M. Renan est beaucoup moins réservé et que, pour lui. tou^t s'explique par la r forte imagination de Mftrie de Magdala, » cette « hallucinée qui donne au monde un Dieu ressuscité t » r— Tous les apôtres de Jésus-Glirist qui ont annoncé au monde leur Sauveur ressuscité, sont donc naturellement aussi des hallucinés I 11 e^t intéressant de rapprocher ainsi deux hommes qui ne croient ni l'un ni l'autre le fait de la résurrection. Tandis que le savant allemand, qui écrit pour un public sérieux, se retranche, par respect pour la science historique, dans un problème psychologique qu'il déclare insoluble, — le frivole litttirateur français sf^isit au vol une explication impossible qui trahit en lui* non la recherche de la vérité, mais le parti pris de son dédain trs^nscenJant, C*es| quQ lui aussi suit à quels lecteurs il s'^^dresse^
LA RiSUHBEQTION M itfSUS -GHIIIST 87
(Je leur Maître? De longues années après Tévépeineijt? -^ Np», quarante jours seulement se sont écoulés, T^ Où est-pe qu'ils prêchèrent ce grand fp.it qtû était à leurs yeux le triomphe de Christ et de sa oausa? — Dans quelque coin reculé et obscur de la terre? — Non, à Jérusalem même, da^us cette yille eucore tout émue des scènes tragiques de l^ mort du Juste, devant ses habitants qui avaient sous la main tous les moyens de véri-^ lier les faits qu'op leur annonçait, en présence de tous ces milliers d'adorateurs venus de diverses contrées de l'Orient pour célébrer la grande fête de la Pentecûte. C'est alors, c'est à cet immense auditoire que Pierre, Taputre de Jésus-Christ, parle en ces termes : « Hommes israélites, écoutez ces paroles ; Jésus le Nazaréen, personnage approuvé de Dieu entre vous par les miracles et les prodiges que Dieu a faits par lui au milieu de vous, commp ^;Ussi vous save55; ayant été livré par le conseil déftni et par la providence de Pieu, vous l'ave? pris et mis en eroix, et vous l'avez fait mourir par les m^'ins des iniques \ mais Dieu l'a ressuscité, ayant brisé les liens de l^ mort, parce qu'il n'était pas possible qu'il fut retenu par elle.' — Dieu a ressuscité ce Jésus • de quoi nous sommes tous témoins. ^^ Après donc qu'il a été élevé au ciel par la puissance de Dieu, et qu'il a reçu de son Père la promesse du Saint-^Esprit, il a répan^ du ce que maintenant vous voyejs et ce que vous
ë8 LE MIRACLE DANS LA VIE DU SAUVEUR
entendez. — Que donc toute la maison d'Israël sache certainement que Dieu l'a fait Seigneur et Christ, ce Jésus, dis-je, que vous avez cruci^é. » — Quelques jours s'écoulent, un miracle éclatant s'opère par les mains des apôtres ; la foule les entoure de nouveau dans les parvis du temple, Pierre reprend la parole. Que dira-t-il pour faire remonter jusqu'à son Maître toute la gloire de la guérison qui vient d'être accomplie ? Écoutons-le : « Mais Pierre voyant cela, dit au peuple : hommes israélites, pourquoi vous étonnez-vous de ceci? ou pourquoi avez-vous l'œil arrêté sur nous, comme si par notre puissance ou par notre sainteté, nous avions fait marcher cet homme? Le Dieu d'Abraham, et d'Isaac, et de Jacob, le Dieu de nos pères a glorifié son fils Jésus, que vous avez livré et que vous avez renié devant Pilate quoiqu'il jugeât qu'il devait être délivré. Mais vous avez renié le saint et le juste, et vous avez demandé qu'on vous relâchât un meurtrier. Vous avez mis à mort le prince de la vie, lequel Dieu a ressuscité des morts ; de quoi nous sommes tous témoins. Et par la foi en son nom, son nom a guéri cet homme que vous voyez et que vous connaissez; la foi, dis-je, que nous avons en lui a donné à celui-ci cette entière disposition de tous ses membres, en la présence de vous tous. » — Mais voici qui est plus étonnant encore : les principaux du peuple, jaloux et irrités de l'influence
des disciples comme ils l'avaient été de celle de leur Maître, les font saisir et jeter en prison; le lendemain, ils les traduisent à labarre de ce conseil souverain qui naguère a condamné Jésus à la mort et leur posent cette question : « Par quelle autorité et au nom de qui faites-vous ces choses? » — Pierre, en présence de ses ennemis qu'anime la haine, avec la pleine conscience du danger de mort auquel il s'expose, répond ainsi : « Gouverneurs du peuple et vous anciens d'Israël; puisque nous sommes recherchés aujourd'hui pour un bien qui a été fait en la personne d'un impotent pour savoir comment il a été guéri; sachez, vous tous, et tout le peuple d'Israël, que c'a été au nom de Jésus-Christ le Nazaréen, que vous avez , crucifié et que Dieu a ressuscité des morts; c'est, dis-je, en son nom que cet homme qui paraît ici devant vous, a été guéri. C'est cette pierre, rejetée par vous qui bâtissez, qui a été faite la pierre angulaire, et il n'y a point de salut en aucun autre ; car aussi il n'y a point sous le ciel d'autre nom qui soit donné aux hommes par lequel ils puissent être sauvés. » — A l'ouïe de ces paroles, , le Sanhédrin délibère et, intimidé par le nombre croissant des disciples du crucifié, au lieu de prononcer une sentence de mort, il se contente d'interdire aux apôtres de parler ou d'enseigner en aucune manière au nom de Jésus I — Pourquoi cette perplexité , cette défaite , gouverneurs du
peuple? Démentez le fait qu'annoncent les disci^ pies et qui fait toute leur force ; convainquez-les de mensonge devant tout Jérusalem I — Ils n'en font rien, et Pierre leur répond avec hardiesse : « Jugez s'il est juste devant Dieu de vous obéir plutôt qu'à Dieu. Nous ne pouvons pas ne pas dire les choses que nous avons vues et entendues. » — Quelques jours encore se passent, une seconde fois les disciples en récidive sont arrêtés et amenés en présence de cette autorité suprême. « Ne vous avons-nous pas défendu expressément d'enseigner en ce nom, leur demande-t-on, et cependant, voici que vous avez rempli Jérusalem de votre doctrine et vous voulez faire venir sur nous le sang de cet homme. » — Quelle sera la justification des disciples? — Ils n'en ont qu'une, toujours la même, toujours le grand événement qui rend leur foi triomphante, leur courage indomptable. Pierre reprend la parole : « Le Dieu de nos pères, dit-il, a ressuscité Jésus que vous avez fait mourir, le pendant au bois. Et Dieu l'a élevé par sa puissance pour être prince et Sauveur, afin de donner à Israël la repentance et la rémission des péchés. Et nous lui sommes témoins de ce que nous disons, et le Saint-Esprit que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent en est aussi témoin, »
Et à l'ouïe de ces témoignages, ces hommes, qui sont à la source même des événements qu'on leur annonce, qui sont remplis d'une aveugle
U RÉSUBBECTION DE JÉSUS-CHBIST 9i
fureur contre oes irrécusables témoins, qui grincent le^ dents en leur présence, qui délibèrent de les faire mourir, qui n'en sont détournés que par le sage conseil de Gamalëel, ces hommes ne trouvent pas une parole pour nier publiquement cette résurrection qu'on soutient en leur présence I Ils ne couvrent pas de confusion ces pauvres disciples en les convainquant d'imposture I Ils ne les livrent pas à la risée du peuple tout entier comme des visionnaires hors de sens I — Ahl s'ils ne l'essaient pas même, c'est parce qu'ils ne le peuvept pas, et ils ne le peuvent pas parce que Jésus-Christ est ressuscité,
Mais pourquoi insister sur lés circonstances extérieures de ce grand témoignage apostolique? sa valeur morale ne nous suffit-elle pas? D'où donc vient la foi des disciples? Qui leur inspire ce dévouement, cet amour pour une cause sainte qui leur est plus chère que la vie, et pour laquelle ils acceptent avec j oie la haine et les mépris du monde , la persécution, la prison, la mc^rt? — Qui que vous soyez, n'avouerez-vous pas que ces hommes sont, par leur caractère moral d'entre les plus vrais, les plus dévoués, les plus saints qui jamais aient vécu dans notre humanité ? — Quoi , un saint Pierre, un saint Jean, des imposteurs ou de pauvres visionnaires dignes de pitié ! Ah I vous ne le croyez pasi Vous avez trop souvent été pénétrés de l'inimitable accent de candeur, de
simplicité, de vérité qui règne dans leurs récits. Voua avez trop souvent senti dans leur témoignage une puissance divine qui s'imposait à votre conscience I
Mais, en dehors de ces premiers témoins si bien informés, si dignes de confiance, et Ton peut ajouter, si nombreux et si unanimes, il en est un autre que nous nous garderons de passer sous silence. Bien qu'il n'ait pas été témoin occulaire du ministère de Jésus-Christ sur la terre, saint Paul, qui occupe une place si éminente dans les origines du Christianisme, va nous fournir un témoignage d'autant plus puissant qu'il est plus élevé. En nous racontant lui-même sa conversion, à laquelle il revient sans cesse dans ses Épîtres, il déclare qu'il a vu Jésus-Christ ressuscité, Jésus-Christ glorifié, que c'est de lui qu'il a reçu directement sa mission, en sorte que «l'Évangile qu'il a annoncé n'est point selon l'homme, parce qu'il ne l'a reçu ni appris d'aucun homme, mais parla révélation de Jésus-Christ. » — Selon saint Paul, tout le Christianisme émane de cette résurrection du Sauveur, manifestation puissante de la vie divine, par laquelle s'accomplit en nous-mêmes, dès ici-bas, une résurrection spirituelle et morale dont la résurrection du dernier jour ne sera que l'épanouissement et la perfection. Aux yeux de cet apôtre, nier la résurrection de Jésus-Christ, c'est anéantir l'Évangile,
et comme révélation de Dieu et comme espérance du fidèle.
Ce témoin puissant, dont la pensée énergique, sublime et sainte a pénétré TÉglise chrétienne tout entière, serait-il, lui aussi, un imposteur ou un misérable visionnaire ? — A ceux qui n'auraient pas honte de donner, par un tel jugement, la mesure de leur caractère intellectuel ou moral, nous dirions : expliquez-nous, du moins, la conversion de Sâul de Tharse et la vie de saint Paul. Rendez compte, d'une manière psychologiquement et rationnellement acceptable, de cet orgueilleux pharisien, de ce persécuteur fanatique, de ce blasphémateur du nom de Jésus, devenu son humble disciple et le plus puissant des apôtres. Dites-nous le mobile de ses rudes travaux, de ses longues souffrances, de ses prisons, de sa mort. Si vous répondez que tout cela n'avait pour fondement qu'une fable, à laquelle it avait cru, vous aurez simplement témoigné votre mépris, je ne dis pas pour la foi chrétienne, mais pour la raison humaine, aussi bien que pour toute philosophie de l'histoire.
Du reste, saint Paul ne vous laissera pas le privilège de dire avant lui quelle eût été, dans votre hypothèse, l'inconcevable folie de sa vie tout entière. C'est lui qui, de son regard pénétrant, a mesuré pour lui-même toutes les désastreuses conséquences de votre négation. « Si Christ n'est
M LE BIIRàGLE dans LA VIE DU SAUVEUR
point ressuscité, votre foi est vaine, » déclaraît-il à la primitive Église tout entière, car vous n'avez cru qu'à une vaine illusion; vous êtes encore dans vos péchés, car il n'y a point de rédemption. Ceux donc qui se sont endormis en Christ, sont perdus ; — car, ô douleur I ô désespoir ! — ils s'étaient bercés d'une espérance qui lei a confondus. A quelle désolante mais inévitable conclusion Paul se voit-il donc irrésistiblement poussé? — La voici : « Si c'est dans cette vie seulement que nous avons espéré en Christ, nous sommes les plus misérables de tous les hommes.» — Oui, car nous avons sacrifié à une chimère tout ce que les autres hommes trouvent de plus cher dans cette vie. — Mais bientôt cet homme de Dieu détourne ses pensées de cet abîme de ténèbres, il les élève vers la lumière qui a resplendi du tombeau de son Sauveur : « Mais maintenant Christ est ressuscité, s*écrie4-il, il est devenu les prémices de ceux qui dorment ; » et il entonne son chant de victoire. (I Cor, %y).
Tel est le témoignage apostolique. Il nous reste à vous le montrer entouré d'une preuve morale tellement évidente, suivi d'une démonstration spirituelle tellement lumineuse, que tous les der*
LA RËSUAHEGTION DE lËSUS-GHRIST 95
niers doutes doivent en être dissipés. Quelles furent les suites de la résurrection de Jésus- Christ; et qui, si elle n'est pas une réalité toutepuissante, rendra compte de ses immenses effets sans cause ?
Voyez ces effets dans tous les premiers disciples eux-mêmes. Quel était leur état moral pendant ces jours et ces nuits de ténèbres qui sui vinrent la mort de leur Maître? — Ah I ils n'ont pas craint de nous dire eux-mêmes leur faiblesse, leur lâcheté, le naufrage momentané de toutes leurs espérances. Tous en fuite, dispersés, accablés de tristesse, ils ont vu leur foi s'éteindre dans le tombeau de Celui en qui ils s'étaient confiés. « Nous espérions, disent-ih, que ce serait lui qui délivrerait Israël.» Nous espériom,., et cette espérance est tellement évanouie que les pauvres femmes qui, elles aussi, avaient cru en lui, ne pensent plus avoir autre chose à faire qu'à embaumer son corps en pleurant, ni autre chose à attendre que la conservation plus ou moins prolongée de cette dépouille mortelle. N'est^il pas évident pour vous tous, évident comme la lumière du jour, qu'en cet état de choses, jamais, jamais, ces pauvres disciples ne se seraient mis à prêcher Jésus-Christ dans le monde?
Mais d'où vient que tous ces visages penchés vers la terre se relèvent, que tous ces fronts assombris s'illuminent, qu'à cette immense tris-
tesse succède une immense joie ? Que s'est-il donc passé? — Une seule chose : Jésus-Christ est ressuscité. Maintenant, les voici qui se rassemblent, qui prient, qui attendent, quoi? — L'accomplissement de la grande promesse de leur Sauveur qu'ils savent infailliblement certaine. Et il vint resplendir sut eux le grand jour de la Pentecôte, le jour des effusions puissantes de l'Esprit de lumière .et de vie dont ils furent pénétrés, illuminés, transformés jusque dans les profondeurs de leur être moral. Voyez cette vie sainte qui impose le respect aux ennemis eux-mêmes I Écoutez ces hommes aux langues de feu qui annoncent au monde Jésus crucifié, Jésus ressuscité, avec une puissance et un courage qui bravera tous les genres de mort. Maintenant, ils ont un autre témoignage aussi supérieur au leur propre, que les cieux sont élevés au-dessus de la terre. Maintenant, ils ne diront plus seulement : «le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, » mais ils ajouteront : « Dieu l'a élevé par sa puissance, pour être Prince et Sauveur. » Maintenant, ils ne se contenteront pas de déclarer, en présence du Sanhédrin : « nous sommes tous témoins de ce que nous disons, » mais ils ajouteront avec une invincible assurance : « et le Saint-Esprit que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent, en est aussi témoin.»
Qu'est-il donc ce témoignage du Saint-Esprit, rendu par les apôtres à la résurrection du Sau-
veurî — Ses démonstrations sont des faits, des faits irrécusables, des faits immenses. Ce jour même, en "^présence de milliers d'auditeurs, Pierre prêche son Sauveur ressuscité, et sa première conquête, ce sont trois mille hommes, dont chacun pouvait vérifier, à sa source même, la vérité, des grands événements qu'on leur annonce, et qui, ainsi, deviennent trois mille témoins qui ont eux-mêmes dans leur cœur le témoignage de cet Esprit qui les a amenés aux pieds de Jésus-Christ. Et le feu divin, porté par la parole de la Croix et delà résurrection, s'étend de proche en proche, atteint d'autres milliers d'âmes ; de Jérusalem il va porter ses triomphes dans la Judée, dans la Samarie, à Antioche, dans les îles de la Méditerranée, dans l'Asie Mineure, en Grèce, à Rome; partout des églises chrétiennes naissent , grandissent. — Et entre cette résurrection des morts et le supplice du Calvaire, il n'y aurait rien! Toute cette foi qui renouvelle les âmes et qui bientôt renouvellera le monde, ne serait que la croyance aune fable I
Ah I il est des impossibilités morales que la raison humaine n'admettra jamais I L'Église de Jésus-Christ n'est née, ne subsiste, n'a renversé devant elle, dans sa marche tant d'insurmontables obstacles, vaincu toutes les forces de l'immense empire romain qui étaient conjurées pour l'anéantir par le fer et le feu, que parce que Je*
SUS -Christ ressuscité, Jésus-Christ glorifié vivait en elle par le Saint-Esprit de Dieu. Elle n'est, elle ne peut être qu'un fleuve de vie divine qui a jailli du tombeau de Jésus-Christ. Elle est le vrai témoin, et cette civilisation nouvelle dont elle a été la source dans le monde, est témoin avec elle. Christ enfin, Christ vivant dans la conscience de notre humanité d'où aucune puissance de la terre ni de l'enfer ne pourra jamais l'arracher, tel est notre témoignage. — Christ est ressuscité, aucun événement de l'histoire n'égale celui-là en certitude.
Existe-t-elle pour vous, mes bien-aimés frères, cette certitude ? Je ne me fais à cet égard aucune illusion. S'il est parmi vous de ces hommes dont nous avons exposé les principes dans nos précédents discours, de ces hommes qui ne sauraient croire à une manifestation divine, parce que tout surnaturel est à leurs yeux une chimère; qui rejettent tout miracle, parce qu'ils ne croient pas au Dieu vivant et vrai, — il est impossible qu'ils soient persuadés de la résurrection de Jésus- Christ. Ils ont, pour arriver à cette conviction, s'ils y arrivent jamais, un chemin bien long à parcourir, un chemin dont le point de départ devra être de répudier les négations de leur pensée pour y combler la place vide par cette grande confession, qui est, au fond, le cri de notre humanité : je crois en dieu 1 «^ Bst-ce à
LA RÉSURRECTION DE JËSUS-GHEIST 90
dire qu'alors ils auraient nécessairement foi en Jésus-Christ et en sa résurrection? — Répondez, vous, mes chers auditeurs, qui repousseriez aveo horreur la pensée qu'on pût vous attribuer aucune espèce d'athéisme, s'ensuit-il que vous croyiez véritablement en Celui « qui a été mort et qui est vivant au siècle des siècles? » — Ici encore je ne me fai§ aucune illusion, Alors même que voua n'auriez rien à objecter aux preuves historiques qui viennent de vous être offertes ; alors même que les présomptions tirées de la vie du Sauveur et de son tombeau vide vous auraient paru concluantes, que le témoignage de ses apôtres ne laisserait aucun doute dans votre • esprit, que les suites immenses du grand miracle qui nous occupe vous sembleraient absolument inexplicables sans ce miracle ; alors même en un mot que vous seriez convaincus, cette conviction de votre intelligence réduite au silence ne serait point encore la foi. La foi ne s'impose par aucune démonstration; la foi est une œuvre de l'Esprit de Dieu dans nos âmes.
Voilà pourquoi, avec son propre témoignage, dont pourtant il possède la plus parfaite certitude, Pierre en appelle au témoignage du Saint- Esprit qui en est la sanction divine : « Une démonstration d'esprit et de puissance, » voilà ce qui crée la foi. — vous qui êtes « ressuscites avec Christ, » vous qu'il a relevés d'entre les
morts par la même puissance de résurrection et de vie qui brisa pour lui les liens de la mort ; vous qui vivez de sa vie parce que vous- avez trouvé en lui un Sauveur et le pardon, et la paix et la réconciliation avec Dieu; vous, dont la consolation suprême, l'impérissable espérance est de pouvoir dire, au sein même de notre mortalité, en présence d'un tombeau : Christ est ma vie, — vous, vous croyez à sa résurrection l Vous y croyez, parce qu'il vit en vous ; vous y croyez parce que cette foi elle-même, qui vous a indissolublement unis à lui, est le témoignage, l'œuvre de l'Esprit de Dieu. Nous n'avons plus à vous démontrer la résurrection de Jésus-Christ, vous en êtes vous-mêmes les témoins vivants.
Ohl que le Dieu de vérité veuille, dans sa miséricorde infinie, nous convaincre tous de cette manière, et nous serons convaincus I