‹ Le miracle dans la vie du SauveurChapitre 5 sur 7 · SES CONSÉQUENCES · texte numérisé non relu

SES CONSÉQUENCES

a Grâces à Dieu qui nous a donné la victoire par notre Seigneur Jèsus^Christ. »

I Cor., XV, 57.

Nous avons dernièrement exposé devant vous les preuves du fait historique de la résurrection de Jésus-Christ. Nous en avons vu ressortir la certitude, d'abord, de la vie même du Sauveur et de ses déclarations, qui ne pouvaient pas aller s'éteindre avec lui dans les ténèbres de la mort ; — puis, du témoignage apostolique, infiniment supérieur à tout autre témoignage sur lequel nous n'hésitons pas à admettre les faits de l'histoire ; enfin, des effets immenses de cette résurrection, effets inexplicables, impossibles sans la réalité de leur cause. Qu'allez-vous maintenant faire de cette grande vérité? — Vous laisserezvous imposer encore par ceux qui, malgré toutes

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ces preuves, ne croient pas? — Ou bien, nous demanderez-vous comment il se fait que, si la résurrection de Jésus-Christ est entourée d'une si lumineuse certitude, ils persistent à la nier? — Serait-ce parce qu'une fausse critique leur a rendu incertains les documents de l'histoire évangélique tout entière? — Non, car le témoignage apostolique se retrouve à chaque page des Épîtres, de celles surtout qu'aucune critique, môme la plus négative, ne songe à révoquer en doute.

Pourquoi ils ne croient pas à la résurrection de Jésus-Christ, pas plus qu'à ses miracles et à aucune manifestation divine? — Nous l'avons dit dès l'abord de ces méditations : c'est qu'ils ne croient pas en Dieu, au Dieu vivant et vrai, libre, tout-puissant, et qui est amour I — Voilà la vraie cause de l'incrédulité à l'égard du Christianisme tout entier. J'ajoute que plusieurs portent dans leur cœur, beaucoup plus que dans leur intelligence, des raisons spéciales, des raisons morales de ne pgis croire.

Mais je reviens à vous, mes frères, à vous avec notre question : que faites-vous du grand miracle de la résurrection de Jésus-Christ? — Quelle place occupe-t-elle dans votre vie religieuse et morale? — Hélas! il est possible d'ajouter foi à ce grand événement sans en tirer pour soi-même les conséquences, sans en posséder les fruits. Vous pouvez n'avoir jamais éprouvé le moindre doute

sur la résurrection du Sauveur, sans avoir pour cela la foi vivante en Christ ressuscité, glorifié ; sans pouvoir entonner avec une sainte joie ce chant de triomphe par lequel saint Paul termine ses sublimes instructions sur la résurrection : « Grâces à Dieu qui nous a donné la victoire par notrQ Seigneur Jésus-Christ. » — Une victoire, voufii r entendez, une victoire pour nous, eu nous, parce que c'a été la victoire de notre Seigneur Jésus- Christ, Venez donc, n^es frères, contempler à ce point de vue, la résurrection du Sauveur. Quand elle sera devenue pour vous, comme pour les premiers disciples, une victoire, — alors vous la croirez d'une foi vivante ! — Nous laissons aujourd'hui les preuves historiques qui, je le saiÈi bien, ne peu vent jamais créer la vraie foi, et noua descendons dans notre âme pour y chercher des preuves morales, religieuses, — Ohl Dieu veuille que nous les y trouvions I

En relisant, dans .le chapitre quiziènie de sa première Épître à l'Église deCorintbe, cette profonde et magnifique instruction de l'apôtre Paul sur la résurrection de Jésus-Christ et de ses membres, nous saisissons la pensée de ce chant de triomphe qui la termine. La victoire dont il rend grâce à son Dieu, c'est la victoire de la vérité sur le mensonge, de la justice sur l'iniquité, . de la vie sur la mort.

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Pour comprendre ces conséquences de la résurrection de Jésus-Christ, pour entonner avec rémotion de son apôtre ce chant de victoire, il faut s'être mis comme saint Paul, en présence d'une supposition désolante imposée à son esprit par certaines négations qui se produisaient alors dans l'Église de Corinthe, et en avoir pesé, comme lui tous les désastreux effets . Cette supposition, la voici : si Christ n'est pas ressuscité,.. — Et le premier résultat qu'il en voit ressortir, il l'exprime en ces termes désespérants : « votre foi est vaine. » Est-ce là une exagération? Vous allez en juger.

Jésus apparut dans un monde où régnaient les ténèbres de la plus profonde ignorance ; ignorance sur Dieu, sur son existence, sur sa volonté, sur ce qu'il attend de ses créatures morales, sur ce qu'elles ont à attendre de lui ; ignorance sur l'homme, sur son origine, sur son devoir, sur ses destinées futures. Jésus sait que dans ce monde là tous les efforts des plus nobles intelligences pour arriver à la connaissance de la vérité sont restés stériles, stériles au moins pour les masses au sein de notre humanité ; il sait que son propre peuple, le seul sur la terre qui connût et

adorât le vrai Dieu, n'avait pas moins que tous les autres raison de gémir de son état moral et de soupirer après la délivrance. Or, au sein de ces ténèbres, Jésus apparaît, et il dit : « Je suis la lumière du monde. » — Il dit : « Je suis la vérité, nul ne vient au Père que par moi. » — Il dit : « Nul ne connaît le Père que le Fils et celui à qui le Fils l'aura voulu révéler. » — Il dit : « Venez à moi. » — Mais voici que l'esprit de mensonge, la haine de la vérité, aiguillonnée par l'orgueil, après avoir résisté à sa parole pendant des années, s'attaque à sa personne et entreprend d'imposer silence à cette parole puissante, de noyer cette vérité dans le sang de Celui qui en est le témoin . Et ce dessein infernal réussit. Jésus meurt. Le Sanhédrin triomphant du Messie , c'est, évidemment, le mensonge triomphant de la vérité. Quelques pauvres disciples qui avaient cru en lui, sentent leur confiance chanceler, leur foi s'éteindre. Oh I si Christ n'est pas ressuscité^ tous vont redire avec Paul : notre foi est vaine, et tout rentre dans les ténèbres I

Et nous, mes frères, que serions-nous dans ces mêmes ténèbres, où jamais n'aurait lui la lumière de l'Évangile, oh les plus grandes révélations de Jésus-Christ sur lui-même et sur son règne, à supposer qu'elles fussent parvenues jus- . qu'à nous, se trouveraient démenties par l'événement ; où il ne resterait de lui que quelques

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sublimes préceptes de morale, privés de toute sanction, impossibles à pratiquer? Qui répondrait pour nous aux questions qui se posent avec angoisse dans notre âme, sur le mal, sur la souffrance, sur notre destination, sur les douleur e\iat mystères de la vie et de la mort, sur Dieu, sur cet éternel avenir pour lequel nous nous sentons faits? Nous le savons parTexpérience des siècles, des siècles même les plus cultivés, les plus éclairés : à ce seul nom de vérité, l'esprit humain répondrait avec ce scepticisme désespérant , trop léger, trop frivole pour souffrir de son désespoir même : Qu'est^-ce que la vérité? — Naître, souffrir, mourir dans cet étroit horizon du monde visible, comme dans une prison obscure , telle serait notre existence. Et au delà. — rien I

Oh I commencez-vous à sentir, âmes sérieuses, de quelles profondeurs s'élève cet élan de reconnaissance et de joie : « Grâces à Dieu, qui nous a donné la victoire par Notre-Seignèur Jésus- Christ? » — Mais qui donc, dans ce monde que nous venons de contempler, ose parler de victoire? — Saint Paul, tous les disciples de Jésus, tous les chrétiens depuis dix-neuf siècles , parce que tous redisent avec une joyeuse certitude : Christ est ressuscité I

Maintenant leur foi n'est pas vaine ; elle repose sur le roc inébranlable de la fidélité et de la puissance de Dieu, car « Christ a été déclaré

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Fils de Dieu avec puissance, par sa résurrection d'entre les morts. » — Toutes ses révélations sur lui-môme et sur son œuvre, toutes ses paroles, tout son témoignage, loin d'être démentis par la plus misérable défaite, nous apparaissent revêtus d'une sanction divine. Sa personne, sa vérité, sa cause, son règne, se relèvent à la fois ayec lui du tombeau , portant le sceau de l'autorité de Dieu. C'est son éternelle divinité qui maintenant resplendit aux yeux de sea disciples. Ce n'est pas un mort quelconque , revenu à la vie, c'est le Fils du Dieu vivant que Marie salue comme son Maître et que Thomas adore comme son Seigneur et son Dieu. Le mensonge avait triomphé de la vérité ; la vérité triomphe du mensonge.

O vous, mes frères, à qui Jésus-Christ ressuscité, Jésus-Christ vivant, glorifié, est apparu dans la nuit de la vie ; vous qui l'avez reconnu, parce que, dans tel moment solennel de votre exis* tence , chacune de ses paroles pénétrait dans votre âme comme un rayon de lumière qui en dissipait les ténèbres , qui y apaisait les tourments du doute; vous qui l'avez adoré, parce que ses révélations répondaient à toutes vos questions angoissantes sur vous-mêmes, sur vos douleurs, sur votre Dieu; vous qui le sentez vivant, près de vous, en vous, au point que, dans ce moment même, vous savez que vous pourriez

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mourir sur la foi de ses promesses ; vous qui lui dites du fond de l'âme : « Tu es le Fils du Dieu vivant, )> — parce que vous pouvez ajouter du fond de votre expérience personnelle : « Tu as les paroles de la vie étemelle, » — vous-mêmes, vous êtes les témoins de sa résurrection. En vous, la vérité a triomphé du mensonge. Ni les objections du doute, ni les contradictions de l'incrédulité ne sauraient ébranler un fait de votre expérience. Vous pouvez entonner le chant de saint Paul : « Grâces à Dieu qui nous a donné la victoire par Notre-Seigneur Jésus-Christ. »

Mais il nous fallait une autre victoire. — Jésus apparut dans un monde où régnaient, non-seulement les ténèbres de l'ignorance , l'esprit du mensonge, mais surtout les ténèbres et l'esprit de l'iniquité, du péché. Son œuvre ne pouvait pas être seulement intellectuelle par la vérité, mais surtout morale par la j ustice et la sainteté . Il devait les rétablir sur la terre, dans les âmes, entre l'homme et Dieu, entre les hommes euxmêmes. Ce qu'il voulait, c'était nous délivrer de la condamnation, nous affranchir de la servitude de notre corruption.

Or, c'est dans ce domaine surtout que la lutte

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s'engage acharnée entre lui et cette corruption humaine, entre la sainteté de sa vie et les mauyaises passions de l'égoïsme, de l'orgueil, de l'ayarice, de la mondanité incarnées en des hommes qui se constituent ses adversaires. Vous savez quelle fut l'issue : Livré aux mains des iniques, délaissé des siens, accusé de blasphème et de révolte, c'est-à-dire d'impiété devant Dieu et d'injustice devant les hommes ; condamné, il finit sur la croix du Calvaire entre deux malfaiteurs, en faisant entendre un cri d'abandon de Dieu qui retentit aujourd'hui encore , après dix-neuf siècles, dans les consciences. Et il meurt. :

Ohl si Christ n*est pas ressuscité^ si le seul juste qui ait paru sur la terre, en déclarant qu'il venait y accomplir toute justice, succombe sous les coups de l'iniquité, n'est-ce pas le dernier triomphe de cette iniquité sur la justice? — Peut-il y avoir de la justice en Dieu lui-même? — Et les hommes, les hommes pécheurs, d'où leur viendrait jamais la justice?

Vous, mes frères, à qui votre conscience rend le témoignage parfois terrible que vous êtes pécheurs, privés de toute justice devant Dieu, quelle pourrait être votre espérance pour le jour du jugement? — Si le juste même a succombé sous l'iniquité, au lieu de rétablir la justice sur la terre, si sa vie sainte n'a eu d'autre issue que le

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crime le plus odieux de son peuple, si son 09uvre a été une déception, s'il n'y a ni réparation pour le mal, ni rétablissement dans. Tordre moral, ni sacrifice pour le péché, ni rédemption, ni délivrance, que nous reste-t-il, sinon cette seconde conclusion de TApôtre : « Si Christ n'est pas ressuscité, vous êtes encore dans vos péchés? » — Dans vos péchés, n'est-ce pas dire dans une inévitable condamnation et dans le perpétuel esclavage de la corruption ?

Oh ! grâces à Dieu qui nous a donné la victoire . par notre Seigneur Jésus-Christ I Christ est ressuscité, et par là Dieu a fait éclater sa justice et la justice de son Fils. Il a mis à néant toutes ces accusations et ces condamnations élevées contre le juste. Il a confondu l'iniquité , il a mis en évidence le grand mystère de piété : « Celui qui a été manifesté en chair a été justifié en esprit, vu des anges, prêché dans les nations , cru dans le monde , élevé en gloire. » Sa mort et sa résurrection glorieuse Vont être annoncées à tout pécheur comme la source de sa justice et de sa délivrance. — « Le Dieu de nos pères, y> s'écrie saint Pierre au milieu de Jérusalem, dès le jour de la Pentecôte, « le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus que vous avez fait mourir, le pendant au bois, et Dieu l'a élevé par sa puissance pour être Prince et Sauveur, afin de donner à Israël la repentance et la rémission des

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péchés. » C'est là tout TÉvangile, fondé sur des faits divins qui vont devenir le salut jdu monde. Non, non, la belle et sainte vie du Sauveur, son obéissance jusqu'à la mort, ses souffrances, l'immense dévouement de son amour, par lequel il s'est donné tout entier aux hommes pécheurs et à Dieu, ne sont pas perdus; c'est le grand sacrifice de réconciliation par lequel il a accompli toute justice et que Dieu a accepté et scellé de son sceau. — « Il a été livré à cause de nos offenses et il est ressuscité à cause de notre justification. » Mes frères ,- si nous descendons maintenant dans les expériences de notre humanité, npus y retrouverons ce grand mystère de justice et de miséricorde réconciliées en Jésus-Christ. Nous y verrons des milliers et des millions de pécheurs qui, se réfugiant en Jésus avec toutes leurs angoisses, confessent avec bonheur qu'ils n'ont point été trompés. Ils l'ont trouvé vrai, ce nom qui lui avait été donné à l'avance par l'esprit de prophétie : Jéhova Tzidkénou, l'Éternel, notre Justice. Ils ont répété avec bonheur, en y puisait toutes leurs espérances de salut, ces paroles de saint Paul : « Qui accusera les élus He Dieu ? Dieu est celui qui les justifie. Qui condamnera?* Christ est celui qui est mort, bien plus, qui est ressuscité, qui même est à la droite de Dieu, qui même intercèdie pour nous . » — « Il n'y a maiiiteaantaucuae condamnation pour ceux qui sont

en Jésus-Christ. )> — « Étant justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu, par notre Seigneur Jésus-Christ. »

Si c'est là votre expérience ; si cette transformation profonde a été accomplie dans votre vie morale ; si, vous étant j étés avec toiis vos péchés et toutes vos angoisses dans les bras de ce Sauveur, vous avez trouvé en lui le pardon, le calme de la conscience, la paix du cœur, le bonheur intime d'une réconciliation personnelle avec le Dieu juste et saint; si Christ en vous y est devenu le principe vivant de la justice et de la sainteté, vous êtes vous-mêmes les témoins de sa résurrection, vous en portez dans votre âme les fruits précieux que nulle objection du doute ne saurait vous disputer; vous pouvez entonner le chant de saint Paul : « Grâces à Dieu, qui nous a donné la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ. »

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