T.F MIRACLE OR T-A RACE C
rées intérieurement. Elle dictait : « Dis à lui comme ça » au début de chaque phrase et baissait son menton... Puis elle s'arrêta net :
— Lis un peu pour voir!
— Mais, enfant Jésus, — cria-t-elle, — ça n'est pas du tout ce que je vous avais prié de mettre par la plume! — Elle demeurait navrée et comme apeurée, ne reconnaissant plus la gaieté zézayante de son âme dans le calme du fiançais. — Monsieur Alexis, en amour il n'y a pas besoin de parler comme au Tribunal! Cause en créole, je vous en supplie!...
— Non, quand on prend la peine d'écrire, on ne doit parler que comme en France. Le curé et le maire ne vous marieront pas en créole, mais en bel et bon français.
— Peut-être. Mais si Charlie allait croire que j'ai copié dans un livre parce que mon cœur était vide! »
Alexis ne disait rien : il ne lui semblait pas
?[ue les noirs pussent se chérir avec délicatesse... ntrigué, il souriait à Nénaine qui, perplexe, le regardait.
Nénaine était de l'espèce des mulâtresses dorées : sur son front bombé, des accroche-cœur d'ébène bouclaient comme les anneaux qui dansaient toujours à ses oreilles. Elle fixait des yeux noirs exaltés qui, sur ses pommettes orangées, mettaient la chaleur des bals. Et à tout instant, de ses mains mates, elle touchait la petite broche en vermeil qui brillait à son cou...