Octavius,i
ils inspîtetit les prophètes^ animent quelquefois les libres des victimes, gouvertient le vol des oiseaux, règlent les sorts, rendent des oracles où le faux et le vrai se mêlent. C'est ainsi qu'ils pèsent sur les hommes, les poussant loin du ciel et du vfai Dieu, vers la matière, jetant le trouble dans leur vie, même pendant leur sommeil. Ils se glissent secrètement dans les corpsS parce qu'ils sont des esprits subtils ; ils simulent des maladies, remplissent Fàme de terreurs,mettent le corps en convulsion, afm d'obliger les hommes à les adorer, à les engraisser de la fumée de leurs victimes, et de pouvoir passer pour avoir opéré des guérisons... La plupart d'entre vous savent fort bien que les démons avouent tout cela, lorsque nos paroles les tourmentent, que nos prières les brûlent et les chassent du corps. Saturne, Sérapis, Jupiter, en un mot, tous les dieux que vous adorez confessent ce qu'ils sont, vaincus par la douleur. C'est en présence de plusieurs des vôtres qu'ils font ces aveux qui les couvrent de honte, et, certes, ils ne mentiraient pas pour un tel objet. Croyez donc à leur témoignage quand ils confessent qu'ils sont des démons. »
Les chrétiens n'avaient pas le moindre doute à ce sujet. A leiufs yeux, les démons qui tourmentaient les possédés
1. Il n'est pas sans intérêt de voir ces paroles confirmées par un oracle d'Apollon lui-même. « Un rayon échappé de l'éclat de Phébus, descendu d'en haut, attiré par des cantiques harmonieux et des paroles qu'on ne peut répéter, s'est reposé sur la tête du prophète Wéprochablej a traversé ses membranes légères, a pénétré sa tunique moelleuse et, agité dans son sein par un mouvement contraire, il s'est transformé en une voix amie, sortie des poumons d'un mortel. » A quoi Porphyre ajoute : « Rien n'est plus évident, ni plus divin^ ni plus dans la nature que ces oracles. Un souflle venu d'en haut, un écoulement de la puissance céleste ayant pénétré dans un corps organisé et animé, faisant son point d'appui de l'âme, s'est servi du corps comme d'un instrument pour proférer des voix, » {Prép. Évang. V.)
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étaient les dieux adorés dans les temples, et les dieux que l'on adorait dans les temples étaient les esprits qui entraient dans le corps des hommes pour en abuser. Les deux termes étaient employés indifféremment l'un pour l'autre dans la langue des fidèles. « Lorsque vos dieux, dit Julius Firmicus\ se mettent à nuire aux hommes, nous les châtions avec les fouets de la parole de la foi. C'est ainsi que, lorsque vos dieux s'établissent dans les corps des hommes, la parole de Dieu les torture comme avec le feu de flammes spirituelles; et ceux qui chez vous sont adorés comme Dieu, chez nous la grâce du Christ et le remède de la foi les soumettent au commandement de l'homme : nous les tourmentons malgré leur résistance et nous les domptons en les châtiant par la douleur. »
Ce devait être un spectacle étrange que celui d'un Apollon tordant convulsivement les membres d'un possédé, d'une Minerve hurlant par sa bouche, d'un Jupiter tremblant à la voix d'un homme ordinaire, quelquefois d'un enfant, et cela devant une foule habituée à regarder les statues de ces dieux avec une terreur religieuse. Les fidèles cependant étaient si sûrs de l'autorité avec laquelle ils démasquaient ces hideux personnages, qu'ils ne craignaient pas de provoquer les païens à cette épreuve. A ce sujet, un passage de saint Cyprien,dont nous avons déjà cité quelques mots, mérite d'être reproduit tout entier. Demetrianus était un bel esprit, peut-être un savant du paganisme, en tout cas un homme qui se croyait en droit de mépriser profondément les chrétiens. Il se permettait toutes sortes d'attaques contre l'évêque de Carthage, pour la satisfaction de sa vanité. Mais, comptant peu sur l'efficacité de ses raisonnements, il en appelait « aux confiscations, à l'exil, à la prison, au glaive, au bêtes de l'amphithéâtre, aux bûchers. » C'est ainsi que cet homme distingué, pour